inventaire

  • Vivre seul, c'est.

    Vivre seul, c'est traîner jusqu'à 3h du matin devant des programmes idoines, c'est se lever à 15h et déjeûner avec des tartines au fromage trempées dans du velouté tomates de chez Aldi, c'est mettre cette soupe Aldi trois jours d'affilée dans le même bol et faire ses tartines avec le même couteau, c'est ne plus voir le désordre dans la maison, c'est laisser traîner la vaisselle pendant deux semaines, c'est regarder la télévision en mangeant, c'est pleurer devant son ordinateur sans savoir très bien pourquoi, c'est penser au passé d'un point de vue toujours nostalgique, c'est désirer ce que les autres ont, c'est désirer que les autres sont, c'est convoiter la femme d'un voisin ou peut-être même pas, c'est ne pas parler, c'est toujours penser, c'est une vie avec des objets et non des êtres, c'est faire de la musique son meilleur ami, c'est faire du silence son meilleur ennemi, c'est regarder sans cesse sa station météo sans savoir pourquoi car la météo n'a plus aucune sorte d'importance, c'est regarder les cours de la bourse pour passer le temps, c'est écrire sur son blog pour se plaindre de sa solitude tout en restant paralysé, c'est chercher des objectifs sans avoir le moindre courage ne fusse que de bouger la main pour ramasser un objet qui est tombé, c'est se demander comment les autres personnes seules font pour vivre, c'est ne pas mettre de sapin chez soi à Noël parce que de toutes façons plus rien n'émeut et que la fête, cela ne se vit pas tout seul, c'est manger du chocolat devant la télévision car c'est plein de bons anti-dépresseurs, c'est ne pas avoir la force de ramasser les feuilles dans sa cour, c'est laisser tout le courrier traîner sans le lire et l'ouvrir au bout d'une lune quand on s'ennuie vraiment, c'est télécharger l'intégrale de Pink Floyd et de se la passer en boucle pour nourrir sa tristesse, c'est considérer Robert Smith comme le messie qui sauvera peut-être le monde, c'est s'accrocher aux amis car ils sont la seule source viables de contacts humains disponibles, c'est pleurer à la fin des films et même des comédies qui finissent bien, , c'est relire les Fleurs du mal de Baudelaire, en silence, en savourant chaque vers, c'est penser à ceux que l'on a connu et qui sont partis en se demandant pourquoi la mort en choisit certains et d'autres pas, c'est ne rien foutre de son temps, c'est tout le temps se demander pourquoi l'on est sur terre... C'est parfois bien, c'est souvent déprimant.