dimanche pourri

  • Ruminations domenicales

    Je ne change pas. Mes dimanches non plus. Depuis toujours, ils se transforment en des moments où le temps s'arrête, des espaces où les ruminations négatives prennent forme, où les pensées sur mon avenir, ma solitude, mes espoirs et déceptions, s'amplifient jusqu'à ce que la nuit tombe. Souvent, je couche tout cela ici puis la semaine recommence, en une sorte de pilote automatique et ce, jusqu'au samedi suivant. Aujourd'hui, je suis resté calfeutré hormis quelques feuilles que j'ai ramassées dehors... Aucune envie de sortir.

    Le week-end a dans son ensemble, été bon (notamment une dégustation de vins de légende) ... sauf ma visite au marché de Noël. Tous ces couples, je supporte de moins en moins... tout en admirant ces êtres qui se sont rencontrés et qui parviennent à rester ensemble et à être ou à sembler amoureux. Je les envie et je sais qu'il s'agit d'un des sept péchés capitaux. Pour moi, il s'agit vraiment d'une attitude détestable ; j'en arrive à me détester et cela, je sais que ce n'est pas bon pour la suite. Quelle sera la suite? Cette semaine, je dois voir une fille avec qui j'ai pris contact pas le net. Nous n'avons pas pratiqué l'échange de photo ; ce sera donc sans filet. Une chose que j'ai pu remarquer depuis que je suis sur ce site de rencontre, c'est que je trouve les filles de mon âge marquées, vieillies. Je ne parviens pas à les trouver bien. En outre, elles ont toutes des grosses histoires souvent lourdes dans leur passé avec divorce, enfants, grosses déceptions, etc. Evidemment, j'ai 37 ans. Pour leur passé douloureux, cela ne me pose pas de problème. Cependant, quand je me regarde dans un miroir, je n'ai pas l'impression d'avoir l'air si vieux qu'elles et cela, c'est un problème. Soit je me fais des idées sur moi-même (mais il est vrai que plusieurs personnes m'ont dit que je semblais avoir 30-32ans), soit mon esprit est tordu. Dans les deux cas, me voilà contraint à essayer de trouver quelqu'un de plus jeune, ce qui corse encore un peu la difficulté. Quand je dis jeune, je pense à 30-34, pas 20... En tous cas, toute mon attention est pour l'instant tournée vers cette recherche. Je n'ai pas envie de devenir un vieux frustré. Il faut juste que je trouve ce qui ne va pas chez moi... la faille. Le jour où je trouverai ce qui ne va pas, ma vie en sera grandement améliorée ou du moins, mes relations avec les femmes.  La recherche de cette faille commence elle aussi à m'obséder.

    La nuit est tombée au dehors. Chacun est dans son intimité. Des couples se disputent ou font l'amour aux alentours, ils couchent leurs enfants en leur racontant l'histoire de Musti. D'autres dormiront dehors ou cherchent encore à l'heure qu'il est de quoi manger. D'autres assisteront un proche dans ses derniers instants alors que certains prendront dans leurs bras le nouveau né qui vient de surgir dans ce monde de fous. Mon intimité est ici et maintenant. Seul. Personne ne sait ce que je fais, personne ne connaît l'existence de ce blog où mon existence et mon esprit s'épanchent si régulièrement. Je vais aller dormir seul, suivant le rituel : TV, livre, angoisses dans le lit, sommeil. Pour l'instant j'ai chaud, le chauffage ronronne doucement. Ma vaisselle est faite, ma lessive aussi, tout est rangé ou presque. Je bois un Baileys avec un gros glaçon dedans. J'aime cette sensation de cacao alcoolisé. J'écoute Them Crooked Vulture et c'est bon. Cela arrache. Je regarde mon écran, comme tous les iMac, il a une belle image. Je recharge mon iPhone. Je suis super branché. Je comprends les dernières évolutions techniques et j'évolue avec ce monde technologie ; j'ai le temps de ne pas me laisser larguer. Je ne sais pas si beaucoup sont comme moi, seul devant leur bel écran, dans leur belle chaise de bureau design, à ruminer, à se sentir frustré, à tenter de chercher du sens dans tout cela. Je suis comme au bord d'un précipice. Je tangue. Je pourrais tomber. La terre ferme est pourtant tout ce qu'il y a de plus agréable mais le vide attire.

    Demain arrive à grand pas, les tourments de la vie me jetteront à nouveau dans les flots du quotidien. Les problèmes devront être résolus. L'attitude devra être digne. La vie avec les autres notamment professionnelle, est un grand théâtre. Chacun y joue son rôle. Quand je suis fragilisé comme pour l'instant, la comédie est plus difficile. Il ne faudra pas craquer.