cure faith foule anonyme

  • J-4

    Nous pleurons beaucoup tous les deux. Un jour c'est l'un, l'autre jour, c'est l'autre. Chacun craque tour à tour et il est vrai qu'il est temps que cette situation finisse. Hier, on s'est dit tous les deux que l'on s'aimait, mais d'un amour spécial, non suffisant pour rester ensemble mais suffisant pour que chacun se soucie de l'autre, peut-être pendant toute sa vie, de loin. Je ne veux que son bien car elle est la bonté même. Peut-être jamais je ne rencontrerais quelqu'un de si bon. Je l'espère du moins car il faudra aller de l'avant ; une vie dans la solitude n'est pas envisageable pour moi... mais d'abord, au moins six mois dans la paix et la quiétude. Rien avant. Ce ne serait pas possible. Il faudra tenir, les moments-clefs. Mi-novembre, son anniversaire, puis noël, nouvel an... Des moments où l'autre manque physiquement et dans lesquels les coeurs se déchirent car le souvenir est là, au bord des yeux, noyé dans les larmes. Comment quitter quelqu'un que l'on aime (mais pas assez) ? Voilà toute la question et l'expérience que je suis en train de vivre.

    Ce matin, dans la foule, l'ipod sur les oreilles qui jouait Faith de Cure, l'impression d'être seul au milieu de ces centaines de gens qui s'engouffraient dans les bouches de la gare. L'impression d'être seul au monde dans cette foule anonyme. Seul au monde, un sentiment que je n'avais plus aux côtés de N. mais le revoilà, ce foutu sentiment. Je suis à nouveau seul, à devoir tout porter sur mes épaules. N. dit que je ne suis plus comme avant, que j'ai pris de l'envergure et elle a raison. Cette relation m'a rendu plus sûr de moi, j'ai plus d'assurance. Elle dit que je me suis bien occupé d'elle et que cela m'a rendu plus autonome. Elle a raison. Nous verrons seulement dans le futur si je pourrai me montrer fort dans la solitude nouvelle qui m'attend.