Sept ans de malheur

Si j’ai écrit de moins en moins, c’est que j’avais de moins en moins à dire. Constat implacable d’une vie atone. Il ne s’est toujours rien passé sur le plan amoureux… Je dois dire que j’ai fortement réduit mes espérances en pensant que cela serait plus facile à vitre. En fait, cela n’a eu que peu d’effet sur mon état d’esprit. Si avant, j’avais voulu rencontrer une femme, vivre avec elle avec le secret espoir de me marier, j’aimerais tout au plus aujourd’hui rencontrer quelqu’un ce soir et vivre quelques heures dans ses bras.

Il est clair que je ressens de plus en plus un manque. Non pas un manque de nature ‘sexuelle’ mais simplement le fait d’être dans les bras de quelqu’un. Ce serait déjà formidable. Je ressens physiquement ce manque. Toucher et être touché, par un être humain de l’autre sexe. J’ai conscience que tout cela est parfaitement pitoyable et le chemin a été très long et douloureux avant d’en arriver là. Je suis arrivé à la moitié de ma vie (en étant optimiste) et j’en suis toujours là. Ce manque me met mal à l’aise en face de la gente féminine et même si cela ne se voit pas (du moins je le crois), cela me paralyse encore plus. Il y a des semaines que je n’ai plus eu le moindre ‘mouvement’ envers une femme. Pourtant, tous les soirs, c’est au moment du coucher que cela est le plus pénible. Il n’y a pas un soir où je ne pense à ma condition de célibataire, pas un coucher où je prends conscience que je suis seul dans ce lit, que cela fait déjà sept ans que je suis seul dans ce lit et qu’il y a une grande probabilité pour que j’écrive la même chose dans dix ou vingt ans. Cela crée une souffrance mentale chez moi assez forte et quand je ne dois pas me lever, je préfère dormir le plus tard possible car quand je dors, je ne pense pas et mes rêves sont souvent bien plus agréables que ces pensées noires.

Alors que l’enfant progresse petit à petit dans sa compréhension du monde, j’ai l’impression de faire le chemin inverse, de comprendre de moins en moins, d’être perdu dans cette réalité que je ne parviens plus à accepter.

Je suis pris dans un cercle assez vicieux de pensées noires et d’incapacité à rencontrer une femme, l’un entrainant l’autre dans un mouvement circulaire dont je ne parviens à m’extirper.

Ou peut-être tout simplement n’ai-je jamais été dans la capacité de rencontrer l’autre.

Dans ce cas, c’est le temps qui devient long, le temps d’une vie sans le moindre objectif…

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