Promenade anxiogène

Hier, on pouvait sentir un certain affairement dans la ville assombrie par la grisaille de ces jours pluvieux ; la population était de sortie comme il est de coutume aux soldes d'hiver. Bonheur de flamber des euros le sourire aux lèvres, le bonheur de choisir ce qui plaira à l'autre. Je dois être un peu masochiste de sortir de chez moi dans ces grands jours d'affluence où il est manifeste que les gens seront en couple. J'ai dû mal à comprendre comment tous les autres ou presque parviennent à trouver une femme ou un homme et à le garder. C'est pourtant la normalité dans nos sociétés. Je penche de plus en plus vers l'explication génétique pour justifier mes indicibles errements amoureux. Je suis célibataire depuis cinq ans et demi... une éternité malgré le fait que je ne me considère pas comme idiot et que j'ai une certaine forme d'intelligence, j'ai également beaucoup d'humour même si cela ne se voit pas forcément ici, physiquement je suis dans la moyenne basse probablement, psychiquement, malheureusement pas un homme alpha. Je suis sportif, je suis extrêmement social, amical et rempli de bonté. Extérieurement, je suis soigné et je fais attention à mes vêtements, j'ai une maison décorée avec soin, une belle voiture voire même un gros salaire pour celles qui seraient uniquement vénales.  Malgré cela, je suis seul pendant que d'autres battent leur femme ou les traite de manière dégradante. Evidemment, je ne suis pas parfait mais j'ai surtout les défauts de mes qualités. Certes, je ne suis pas très sûr de moi mais cela n'a pas empêché que je fasse bon nombre de rencontres mais qui n'ont pas été suivies d'une relation durable. Suis-je condamné à ne passer que des nuits avec des femmes indistinctes, passer de corps en corps anonymes et ne jamais pouvoir développer une relation aimante et durable basée sur la confiance et le respect de l'autre. Et dans ce cas, cette vie a-t-elle encore un sens?

A moins de devenir moine ou curé, il est clair pour moi que cette vie n'a plus aucun sens.

Commentaires

  • Bonjour P. Ça m'étonnerait fort que ta solitude soit d'origine génétique ;o)
    Je suis quand même différent de toi : moi, je ne suis jamais arrivé à faire des rencontres suivies d'une nuit, ou de quelques jours de relations éphémères, fussent-elles ludiques. Je ne sais pas comment faire. Tu as au moins cette consolation, peut-être maigre pour toi, je l'imagine.

  • Bonjour Jean,
    C'est effectivement une consolation et fût-elle maigre, c'est toujours bon à prendre. Tu écris que tu ne sais comment faire. C'est justement cette thématique qui m'obsède : le mode d'emploi. Je suis en train de creuser cela avec le psy que je vois. Je posterai à ce propos quand nous aurons traité le sujet... en attendant, bon courage à toi...

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