• Causes et discernement

    J'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et je n'ai certainement pas besoin d'attendre le diagnostic pour savoir ce que j'ai. C'est du stress, j'en suis sûr, un stress insidieux et violent. Je savais que depuis un peu plus d'un mois, j'avais exagéré au boulot mais je n'imaginais pas que cela puisse avoir un tel impact sur ma santé. Je n'ai pas été prudent, j'ai tout mené de frond et j'ai bien senti des moments que j'allais trop loin.

    J'ai dû allé très loin pour paniquer ainsi de manière déraisonnable. Quand je tremblais à un point tel que je ne pouvais plus tenir un verre en main, il est clair que j'ai paniqué.

    Ma situation de célibataire est aussi néfaste sur ce plan. Quand je reviens chez moi, c'est le silence, le silence assourdissant. Personne à qui raconter sa journée, pas de bras pour se blottir, pas de douceur, rien. Alors je fais du sport à n'en plus finir, activités toniques mais qui finalement ne calment pas.

    Je partirais bien en voyage à Noël, j'ai dix jours de congés... mais avec qui partir. Encore une autre question.

    En attendant, je dois agir, changer ma façon de travailler, arrêter de dire oui à tout le monde, travailler moins tard le soir. Une fois ceci stabilisé, recommencer l'irrémédiable, interminable et indéfinissable quête de l'âme soeur. Cela devient urgent.

  • Attente

    Quelques examens plus tard, toujours pas de réponse. Une IRM est prévue fin janvier, un test au sucre dans une semaine. Que vais-je faire jusque-là? Les symptômes s'accentuent, j'ai l'impression de trembler et de perdre l'équilibre. J'ai dû mal à prendre en main des objets en étant assuré. Quand je vois le nombre de fautes d'orthographes dans mon message précédent, cela rend les choses encore plus inquiétantes. Selon un médecin vu aujourd'hui, cela peut être le stress ou un diabète mais elle veut d'abord exclure la sclérose en plaques. J'en viendrais même à espérer que j'ai un bon diabète... malgré les 5h de sport par semaine et le fait que je mange assez équilibré. C'est pourquoi je ne crois pas à cette option...

    C'est atroce pour moi de me dire que je pourrais devenir une espèce de plante alors que je n'ai encore pas vécu ce que j'ai tout voulu vivre (ou si peu). Mourir tout suite serait bien mieux. Je pensais que mes 40 ans allaient être une belle année et je suis au bord du gouffre... L'angoisse me prend, je ne peux plus rien contrôler.

  • Trouille

     

    Plusieurs de mes amis ont toujours dit que j'étais quelqu'un peu hypocondriaque. A force d'entendre cela, j'ai repoussé régulièrement mes visites chez le médecin. Un symptôme apparaissait, j'attendais quinze jours avant d'aller en parler au médecin. Parfois, le symptôme disparaissait, parfois pas. Hormis mon problème chromosomique, je n'ai jamais eu quelque chose d'important ou d'invalidant. J'ai juste failli mourir en 2008 après avoir fait une phlébite post-opératoire mais la chance avait tourné et N. qui passait en visite de courtoisie me l'avait détectée et m'avait immédiatement envoyé à l'hôpital. 

    Depuis trois semaines, j'ai des symptômes divers et variés et j'ai attendu une fois de plus quinze jours pour aller consulter. Au départ, rien de bien grave, un pied qui s'endort, puis un peu la main aussi, uniquement côté gauche. Cela vient et cela repart. Premier check pour la circulation, rien n'est bouché. Depuis quelques jours, j'ai l'impression de ne plus être dans la réalité, mes mouvements ne sont plus assurés, je crains de vider le lave-vaisselle et avec raison car j'ai pété deux verres en le faisant. Ma sensation de l'espace n'est plus la même, c'est comme si je tremblais alors que dans les faits, si je regarde ma main, je ne tremble pas. Autant dire que cela me fait bien flipper. Comme tout bon hypocondriaque, j'ai été écrire mes symptômes dans Google. Diagnostic: sclérose en plaques. Jeudi, j'avais vraiment l'impression de trembler au boulot et je suis parti ; j'ai pris congé vendredi et je suis resté couché toute la journée. J'ai l'impression que le truc avance progressivement, insidieusement et que je vais perdre ma mobilité ou ma tête ou les deux en même temps. 

    Ce qui me tracasse le plus est le fait de devenir invalide ou de perdre mon travail, car il est clair que je ne peux que compter que sur moi-même. Mourir serait moins grave si ce n'est que, comme tout le monde, j'ai évidemment peur de la mort. D'autres symptômes se sont ajoutés, impression de gêne à la vision, décharges électriques avant de m'endormir et surtout l'impression de ne plus être ici et maintenant, comme un voile qui existerait entre la réalité et ma perception.

    Hier, j'ai eu longement le temps de réflechir à tout cela. Avoir la sclérose en plaques ou tout autre maladie dans le style, ce serait finalement au conclusion logique à ce qu'à été ma vie ces cinq dernières années. En effet, ces maladies ne trouvent aucune explication physique et la médecine nommer leurs causes. Elle prenne vie dans le corps sans aucune raison extérieure. La raison doit être intérieure et je peux dire que cela ne m'étonnerait pas du tout. Ces cinq dernières années n'ont pas été heureuses. Hormis quelques fulgurances, je me rends compte que j'ai été fort malheureux et que pour oublier cela, je me suis plongé dans le travail, avec le stress que cela comporte. J'ai été sous stress pendant longtemps mais sans craquer, sans prendre des congés maladies ou autre. J'ai brûlé l'inquiétude dans le sport, j'ai vécu sans amour avec peu d'émotions ou des émotions belles puis, dans la foulée, très négatives. Peut-être est-il donc un moment normal que le corps ne puisse plus supporter cela et décide d'en finir ou du moins, traduise la souffrance de l'esprit par des maux physiques.

    Finir comme cela serait dans la lignée des heures, des jours, des années précédentes et le naufrage serait dès lors définitif.

     

     

     

     

  • Hangar du noir

    Ce blog porte de mieux en mieux son nom. Je n'y parviens plus. Je reviens d'une soirée et je me suis senti comme un extraterrestre. Il y avait des dizaines de filles avec qui j'aurais bien passé la suite de ma vie mais je n'en ai approché aucune, ne sachant pas comment faire. Je suis parti car j'étais mal à l'aise. J'ai réellement et défintivement perdu le mode d'emploi. Il faudra qu'une vienne me chercher par la peau du dos ; si cela doit venir de moi, cela ne viendra plus. C'est terrible ce sentiment, c'est terrible cette douleur. Je donnerais tout pour ne pas passer la nuit seul... c'est pourtant ce qui va arriver, solitude cramoisie, cicatrice de l'âme, atrocité sans nom, coeur rongé de douleur, tristesse infinie. Qui dois-je prier, qui dois-je implorer pour que quelqu'un m'aime? Ne vivrais-je pas mieux en baissant les bras plutôt que de souffrir sans cesse de mon insatisfaction ? et comment baisser les bras? devenir une plante sans affect, sans envie? cela vaudra-t-il la peine d'encore vivre? tant de questions, tant de douleurs et de désespoir. Cette nuit, je ne suis plus que douleur. Cela ira mieux demain.

    A écouter en lisant de post : Robert Wyatt, Alifib sur Rock Bottom.

  • Couloir sans fin

    L'inquiétude monte. J'ai relu mes vingt derniers posts et il faut avouer que ce n'est pas réjouissant. Si je n'étais pas moi, il est clair que je n'aurais pas envie de vivre ma vie. Un constat implacable. Je continue pourtant à faire des efforts, de sans cesse rencontrer des gens, de sortir de chez moi le plus possible. Hier, une copine me posait la question habituelle à la salle de sport... c'est à dire quoi de neuf? Je n'ai rien eu à lui répondre. Je continue d'un point de vue professionnel à travailler frénétiquement. Je travaille très tard, je vais au sport, je reviens chez moi presque tous les jours vers 22h. J'ai obtenu une grosse augmentation. Je ne dirais pas que je nage dans le fric mais presque. La vraie misère, c'est que j'ai vraiment envie de voyager mais l'idée de le faire seul m'arrête. L'expérience de Londres il y a deux-trois ans m'a vraiment refroidi. J'ai donc ce fric qui s'amasse sans rien pouvoir en faire, alors que je pourrais mourir demain et cela me fait enrager. Je passe ma rage sur le vélo et je commence à avoir une silhouette de cycliste.

    Tout cela pour dire que je considère ma vie comme de plus en plus inutile. Le plus pénible n'est pas de vivre mais d'avoir conscience de cette inutilité et que cette conscience est tous les jours un peu plus forte.

    Je dis souvent ici que je veux y croire. Cela devient cependant de plus en plus difficile et le moment où je vais baisser les bras approche. C'est une logique limpide. Aucun homme ne peut se battre dans le vide éternellement. Viendra le moment où je serai fatigué de tout cela et où je me laisserais vivre comme un arbre, qui attend la hache.

    Je ne demande qu'une chose depuis 3-4 ans, être amoureux. Parfois, je ressens physiquement cette envie et ce moment-là est l'occasion d'une souffrance psychologique assez intense. Je continue à détester weekends et jours fériés. A quoi bon? 

    Combien de gens comme moi, enfermés dans leur prison mentale de la solitude amoureuse et ce alors que tout semble aller bien dans tous les autres domaines?