Trouille

 

Plusieurs de mes amis ont toujours dit que j'étais quelqu'un peu hypocondriaque. A force d'entendre cela, j'ai repoussé régulièrement mes visites chez le médecin. Un symptôme apparaissait, j'attendais quinze jours avant d'aller en parler au médecin. Parfois, le symptôme disparaissait, parfois pas. Hormis mon problème chromosomique, je n'ai jamais eu quelque chose d'important ou d'invalidant. J'ai juste failli mourir en 2008 après avoir fait une phlébite post-opératoire mais la chance avait tourné et N. qui passait en visite de courtoisie me l'avait détectée et m'avait immédiatement envoyé à l'hôpital. 

Depuis trois semaines, j'ai des symptômes divers et variés et j'ai attendu une fois de plus quinze jours pour aller consulter. Au départ, rien de bien grave, un pied qui s'endort, puis un peu la main aussi, uniquement côté gauche. Cela vient et cela repart. Premier check pour la circulation, rien n'est bouché. Depuis quelques jours, j'ai l'impression de ne plus être dans la réalité, mes mouvements ne sont plus assurés, je crains de vider le lave-vaisselle et avec raison car j'ai pété deux verres en le faisant. Ma sensation de l'espace n'est plus la même, c'est comme si je tremblais alors que dans les faits, si je regarde ma main, je ne tremble pas. Autant dire que cela me fait bien flipper. Comme tout bon hypocondriaque, j'ai été écrire mes symptômes dans Google. Diagnostic: sclérose en plaques. Jeudi, j'avais vraiment l'impression de trembler au boulot et je suis parti ; j'ai pris congé vendredi et je suis resté couché toute la journée. J'ai l'impression que le truc avance progressivement, insidieusement et que je vais perdre ma mobilité ou ma tête ou les deux en même temps. 

Ce qui me tracasse le plus est le fait de devenir invalide ou de perdre mon travail, car il est clair que je ne peux que compter que sur moi-même. Mourir serait moins grave si ce n'est que, comme tout le monde, j'ai évidemment peur de la mort. D'autres symptômes se sont ajoutés, impression de gêne à la vision, décharges électriques avant de m'endormir et surtout l'impression de ne plus être ici et maintenant, comme un voile qui existerait entre la réalité et ma perception.

Hier, j'ai eu longement le temps de réflechir à tout cela. Avoir la sclérose en plaques ou tout autre maladie dans le style, ce serait finalement au conclusion logique à ce qu'à été ma vie ces cinq dernières années. En effet, ces maladies ne trouvent aucune explication physique et la médecine nommer leurs causes. Elle prenne vie dans le corps sans aucune raison extérieure. La raison doit être intérieure et je peux dire que cela ne m'étonnerait pas du tout. Ces cinq dernières années n'ont pas été heureuses. Hormis quelques fulgurances, je me rends compte que j'ai été fort malheureux et que pour oublier cela, je me suis plongé dans le travail, avec le stress que cela comporte. J'ai été sous stress pendant longtemps mais sans craquer, sans prendre des congés maladies ou autre. J'ai brûlé l'inquiétude dans le sport, j'ai vécu sans amour avec peu d'émotions ou des émotions belles puis, dans la foulée, très négatives. Peut-être est-il donc un moment normal que le corps ne puisse plus supporter cela et décide d'en finir ou du moins, traduise la souffrance de l'esprit par des maux physiques.

Finir comme cela serait dans la lignée des heures, des jours, des années précédentes et le naufrage serait dès lors définitif.

 

 

 

 

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