• Cinq ans de solitude

    Gabriel Garcia Màrquez chiffrait à 100 ans celle des personnages de la famille Buendia. Comme quoi, il me reste encore de la marge avant de sombrer dans le désespoir total mais dans le livre de Màrquez, cela représentait six générations.

    Voilà 5 ans que je me séparais de N., 5 ans de solitude depuis ce jour. Autant de temps que mon cycle universitaire, un peu moins que mes années de collège ou d'école primaire... 5 ans c'est long, surtout lorsque l'on attend quelque chose et que l'on souffre en silence. Certes, la souffrance n'est pas permanente, pas quotidienne, la solitude non plus bien sûr... mais elle s'insinue à des moments où l'on ne l'attend pas, elle ronge en permanence jusqu'à ce que quelque chose se brise. Elle casse l'ambiance, elle est perfide et gagne toujours. Elle mine. Elle ronge. Elle ronge. Elle use.

    J'ai 40 ans maintenant et je me débats. Je ne suis pas prêt à me laisser vivre ainsi et à me faire dévorer par la solitude. La question qui revient sans cesse est celle de savoir pourquoi les autres y parviennent et pas moi. Cette hypothèse du mauvais ADN rôde. L'espoir est que cette hypothèse soit caduque sans quoi, tout cela serait donc irréversible. Je veux croire qu'il s'agit d'autre chose et que j'aurais encore droit à ma chance.

    Tout cela a pour conséquence que depuis deux semaines, je vis avec des saloperies de maux de tête que rien n'explique si ce n'est le stress. Je pense trop et je ne peux m'empêcher de voir la suite dans une noirceur interminable. Je m'interroge sur le temps qu'il me reste pour lutter avant de sombrer définitivement dans une apathie totale. Pour l'instant, je passe beaucoup de temps à la salle de sport, je tente d'évacuer le stress de cette quarantaine qui baigne dans la solitude. Tant que je pourrai avoir le courage d'aller dans ce club et de pédaler, je serai sauvé. Il faudra que ces maux de tête me quittent sans quoi je serai paralysé et bon pour la décharge des humains en péril.

    A écouter en lisant ce post, The XX, angels sur le nouvel album "Coexist".

    Π.