• Quatre ans

    Cela fait quatre ans que je vis seul. Je n'aurais jamais cru que cette traversée du désert dure aussi longtemps quand j'ai quitté N. Quatre ans, c'est le temps de mes études universitaires. Or, cela m'avait paru interminable. Quatre ans, quatre fois Noël... c'est long tout de même, comme punition. Long et pénible. Cela fait plus d'un an que je suis aux abois, que je cherche, celle qui me donnera la réplique. N. est enceinte. Je ne sais plus si je l'ai déjà écris ici. Elle a la chance d'avoir rapidement refait sa vie. Ne pas être envieux.

    Je ne sais pas à qui je dois m'adresser. A moi-même certainement mais je le fais depuis quatre ans. J'ai énormément de temps pour réfléchir, à un tel point que cela est insupportable. Il est même possible qu'à partir d'un certain moment, cela devienne insupportable de vivre seul avec soi-même. Je suppose que c'est dès ce moment-là que l'on peut développer des maladies mentales. Je fais tout pour l'éviter, je passe quasi toutes mes soirées au sport, j'évite au possible que les soirs de la semaine soient vides. Le weekend est différent ; ce n'est pas toujours possible d'avoir quelque chose à faire le soir, ce sont les instants les plus critiques, comme aujourd'hui. Je vais me mettre devant la TV et surtout, ne pas penser à ma condition. Je n'ai pas la force aujourd'hui d'aller sur un site de rencontre, il faut dire qu'en six mois d'abonnements, cela n'a pas été terrible.

    Quatre ans. Il vaut mieux aussi ne pas y penser. Continuer la quête de l'impossible. S'épuiser lentement.