• L'ado en (é)moi

    Longtemps, je n'ai pas écrit ici. Je suis encore passé par différentes phases. Je n'ai répondu à personne (bonjour Jean). Je n'avais que peu de forces intellectuelles pour étaler ici les états d'âmes, parfois torturés parfois heureux comme à la venue du soleil dans ma belle maison. J'ai eu tellement de sentiments mêlés que je ne parviens plus à les trier, à me rappeler précisément comment et pourquoi. Plusieurs fois, j'ai pensé les coucher sur ce blog et ils étaient précis. Ils sont maintenant vaporeux. J'ai longtemps réfléchi à cette fille qui est devenue ma confidente de train et que je vois parfois dans mes voyages vers le travail. La peau, le besoin d'être touché, l'envie de toucher une femme. Et bien c'est arrivé, oui les miracles existent parfois mais ils ne sont pas toujours très longs. Jeudi j'ai rencontré une jeune femme que nous appellerons A. C'est une collègue qui était au milieu d'une bande d'autres collègues et avec qui j'ai été au restaurant. Nous avons dormi ensemble le soir même, dans une chasteté respectueuse mais caressante. Cette fille me plaît, je ne peux dire pourquoi. J'ai tout de suite trouvé beaucoup de choses à lui dire, pas comme avec certaines rencontrés ces derniers temps et qui m'étaient présentées par des amis. Elle est jeune, elle a 27 ans, elle n'a pas connu les cassettes audio et ne savait pas qui était Robert Smith. Ce lundi, elle a dormi chez moi et ce fut doux. Sa peau, le fait d'être dans ses bras, nu, tant de sensations que j'avais oubliées et pour lesquelles j'aurais donné tout ou presque. Cependant, une fois au boulot, j'avais vraiment envie de la voir, après notre journée de travail mais elle m'a opposé un rendez-vous important qu'elle ne pouvait rater. C'est exactement là que j'ai ressenti la boule, la même boule dans le ventre que celle qui me hantait quand j'étais adolescent, la même sensation mauvaise, un condensé de désespoir mêlé d'angoisse. Et si, déjà, elle ne voulait plus de moi? C'est aussi ce genre de sentiment qui m'a fait perdre tant de compagnes car c'est là que je devenais insistant, maladroit. Heureusement, sur le quai de la gare, je revoyais brièvement la confidente que nous appellerons V. Elle me dit qu'il fallait lâcher prise, s'attendre à tout. Dans le wagon, j'avais rendez-vous avec mon meilleur ami. Il me connaît trop bien, il sait comme je peux angoisser quand je vis le début d'une relation, il me dit que les femmes sont ainsi, qu'il faut leur laisser prendre du recul. Je vais le faire ; je peux le faire ; c'est mon seul espoir, il faut que j'évolue, même si tout part en sucette, il faut que je puisse prendre du recul, ne plus angoisser, ne pas être collant, laisser venir ou laisser partir. Pouvoir aimer dans la sérénité.

    Aujourd'hui, The Cure jouait à Sydney, pour les 30 ans de l'album Faith, chef d'oeuvre new-wave de 1981. J'aurais tant aimé être à Sydney aujourd'hui. Qu'il est bon de réécouter cet album dans des moments comme celui-ci, que cet album est doux et douloureux, mélancolique et tendre.

    L'ado en émoi. L'ado en moi. Il faut pourtant grandir. Un jour, un autre jour.

     

    A écouter en lisant ce post, All cats are grey sur l'album Faith, 1981.