• Petites malchances

    Il y a toujours plus malheureux que soi. Pour sûr. Je pensais déjà avoir suffisamment de petits problèmes qui me plombaient l'existence ces derniers temps. Rien de très grave mais de petites touches savamment distillées qui assombrissaient quelque peu une existence paisible. Cependant, il y avait de l'espoir tout de même, l'arrivée des vacances, des projets de congé, d'endroits délicieux. Dans cette existence déséquilibrée, j'avais tout de même trouvé une nouvelle passion, une activité sportive qui me permettait d'évacuer le stress, de rencontrer des tas de gens et même de nouveaux amis. Las, il y a deux semaines, suite à une maladresse, je me suis blessé au genou. Ayant déjà été opéré deux fois pour des ligaments déchirés à l'autre jambe, il me semblait que c'était moins grave cette fois. Cependant, cela fait presque trois semaines et cela ne va pas bien du tout. Je marche à peine et j'ai de grosses douleurs. Je dois attendre jusque tard en avril pour pouvoir passer un examen. D'ici là, j'avais un voyage prévu dans le sud, avec mes amis. Je ne sais toujours pas si je marcherai convenablement.

    Ceci me fait profondément déprimer. Certes, ce n'est pas très grave, je ne suis pas en danger de mort mais cela m'enfonce un petit peu plus. Je dois arrêter le sport. Je dois peut-être annuler mes vacances et dieu sait comme j'en ai besoin car je ne suis plus parti depuis deux ans (si ce n'est un city-trip). Je vais peut-être devoir être opéré. Cela fera ma septième opération. 

    D'autres petites choses sont arrivées aussi ces derniers temps, trop infimes pour que j'en parle ici mais elles n'allaient pas non plus dans le bon sens. Des petites malchances qui, toutes agglutinées, me découragent énormément. Avec ce genou, je vais perdre la forme physique que j'avais acquise avec grand effort. Malheur.

    Je dois aussi mentionner qu'il m'est arrivé une rencontre bizarre, un soir, dans le train. C'était une fille que je connaissais vaguement. Elle a absolument voulu aller boire un verre avec moi car je paraissais déprimé. Pendant que nous buvions, elle m'a dit qu'elle ressentait des "élans de tendresse" envers moi. Je ne savais qu'en penser. Cette femme a 42 ans et un enfant. Elle est toujours joyeuse, au-delà même du raisonnable ou de ce que je conçois comme raisonnable. On a parlé longtemps, notamment je lui ai fait part de mon incapacité actuelle à sourire naturellement, comme si cela était perdu, comme si tout cela était fini. Elle m'a dit que j'étais en manque de toucher, que chaque être humain doit être touché, que je devrais aller me faire masser, que cela aurait une influence positive sur mon moral. Peut-être. Pourtant, j'avoue que je ne suis pas prêt à aller me faire masser. Si je devais être 'touché', j'aimerais qu'il y ait aussi un nuage d'amour présent dans l'air et pas la technique d'une masseuse professionnelle. Au moment de nous quitter, elle m'a serrée dans ses bras. Rideau.