• Néant au carré

    Ce week-end prolongé a été l'un des pires de mon célibat. En trois jours, je ne suis sorti que 4 heures de chez moi. Je n'avais aucun courage pour aller mendier de la compagnie chez l'un ou l'autre ami et ce, d'autant plus que la plupart de mes amis s'affairent à des projets de construction, de rénovation ou à leur vie de famille. J'ai donc vécu reclus, comme un rat dans une cage dorée... Je n'ai même pas eu le courage de faire ce que je devais faire comme m'occuper de la maison ou ranger le bordel ambiant. Durant la majeure partie du week-end, j'ai eu une barre de stress qui est partie aujourd'hui seulement. J'ai d'abord cru que c'était professionnel car pour l'instant, il y a un projet que je dois réaliser et pour lequel je ne parviens pas à commencer quoi que ce soit. A y réfléchir un peu plus profondément, je pense qu'il s'agit plutôt de l'impasse totale dans laquelle se trouve ma vie. Je regarde le temps passer... J'assure le strict minimum mais rien ne me réjouis... même pas l'achat de la maison pour lequel je devrais être normalement optimiste. J'ai comme un fond de tristesse au fond de moi, mêlé à une crainte de ce que va être l'avenir... car si mon futur est comme mon existence actuelle, je ne vois plus l'intérêt de continuer à vivre.

    Ce week-end, j'ai pensé également à ce qui m'était arrivé le WE dernier. Rien de positif à faire cela. Je rêvais de faire l'amour mais depuis trois ans maintenant, cela ne m'est pas arrivé. Baiser, oui mais faire l'amour, c'est tout autre chose... La nuance est énorme car il faut aimer la personne et les dernières histoires passées, jamais je n'ai aimé la personne, ni avant, ni après. Il faut donc cesser cela car cela n'apporte rien ; pire même, cela m'apporte des angoisses car je n'aime pas de faire cela ainsi. J'intellectualise peut-être trop mais c'est ainsi que j'envisage une relation : sans amour, tout se résume à du physique non assumé. Il faudrait que je m'abstienne à l'avenir.

    Vivement demain, la reprise du travail... être occupé, voir des gens, prendre des trains et croire ainsi que j'ai une vie sociale. Beau projet.

     

     

     

  • Culpabilité et difficulté d'assumer

    Tout d'abord, quelques nouvelles en vrac. J'ai acheté une maison, assez modeste mais sympathique et bien placée. Je suis parti en vacances dans le Sud de l'Espagne et celles-ci ont été formidables en raison du nuage. Cinq jours de plus sur place avec des amis fabuleux. Tout fut parfait. Autre nouvelle : A. pour qui je m'étais emballé dans le précédent message, vit avec une femme. 

    Lors d'une soirée bien arrosée il y a quelques jours, un de mes amis me disait que je devrais plus profiter de la vie et par exemple, recontacter la jolie africaine que j'avais rencontrée dans le train et dont j'avais parlé en octobre. Le soir même, complètement imbibé de rhum, je le fis. Hier, elle me téléphonait pour me demander si je voulais aller boire un verre avec elle. Après la visite de quelques endroits qui m'étaient totalement inconnus (des discothèques pour 30-50 ans) car E. aime danser, on a fini chez moi, dans mon lit, toute la nuit et toute la journée. Cependant, il était clair pour moi que je ne pourrais jamais envisager une relation avec elle. Les milieux dans lesquels elle évoluent, sont non seulement très différents des miens, mais aussi très chaotiques.  Des histoires terriblement compliquées, une précarité tangible, des plans d'avenirs tordus (voyages en Afrique après avoir tout revendu en Belgique...), amis souvent déclassés, alcool à gogo ou non), multiples gsm qui ne cessent de sonner, ex-mari, ex-copain, ex-plombier), tout ceci étant très loin de moi. Et pourtant E. a quelque chose d'émouvant et quand, dans le creux du lit, je lui ai dit que je ne pensais pas pouvoir avoir une relation avec elle, j'en avais les larmes aux yeux. Cette fille a quelque d'admirable en elle, une force incroyable alors qu'elle est seule en Belgique et que sa mère a été passée par les armes il y a bien longtemps lors d'une guerre africaine comme il y en a eu beaucoup trop. Pourtant malgré tout cela, je pense que notre relation est impossible : il y a un énorme fossé culturel entre nous, des vies totalement opposées, le chaos vs ma vie tracée et rassurante. Alors aujourd'hui, alors que je viens de la reconduire pour un presqu'adieu, je me déteste. J'ai couché avec elle juste comme cela. Je lui ai fait de la peine. Je ne suis pas fier de moi. Je me retrouve face à ma solitude avec cette culpabilité à porter. Aurai-pu la rendre heureuse? Je ne le pense pas. Ce qui m'attriste est de savoir qu'elle aussi, est retournée à sa solitude et que je ne peux rien y faire... sinon espérer qu'elle soit heureuse un jour, ce que j'espère sincèrement. Je souhaite ardemment qu'elle a compris que malgré tout ce qui s'est passé, je la respecte pour ce qu'elle est. Pourquoi ces événements qui sont peut-être normaux pour certains sont aussi lourds pour moi? Est-ce ma sensibilité à fleur de peau, ma différence génétique, qui me fait ressentir les choses avec autant de féminité... ? J'aimerais tellement pouvoir me sentir bien ce soir, j'aimerais tellement avoir pu envisager cette relation qui est à mes yeux, impossible.

  • Extatique

    Je suis éminemment nerveux depuis hier. Je ne sais pas pourquoi ou plutôt, je dirai qu'il y a de multiples causes mais que je ne sais laquelle me rend si nerveux. Au travail, j'ai une super équipe, sauf une personne qui, je pense, commence à jouer avec mes pieds. J'applique dans mon travail de chef beaucoup d'empathie et de bienveillance mais là, franchement, je sens que la moutarde me monte au nez. Nous sommes tous sous pression, les économies font que ceux qui partent ne sont pas remplacés, tout le monde bosse comme des fous sauf elle, qui se permet de disparaître pendant la journée ou de prendre un temps de midi beaucoup plus long que ce qui est permis. Je pense que je vais passer aux remarques écrites, le stade "oral" étant dépassé.

    Autre motif de nervosité éventuelle, la recherche de maison. Celle que je voulais acheter n'est plus en vente. Je vais en voir une autre vendredi mais qui a l'air moins bien... et moins chère. Avec toujours cette rage intérieure de devoir acheter tout seul un lieu sympa mais petit alors que tout serait si simple à deux. Je déteste mon célibat ; il me limite et je n'aime pas cela. J'aimerais avoir un projet commun avec une femme. Visiblement c'est trop demandé !

    Dernier motif de nervosité. Je pense de plus en plus à A., que je n'ai plus vue depuis quelques temps dans le train. Ce qui m'énerve je pense, c'est que même si j'ai d'abord vu des signes encourageants, mon intellectuel reprend le dessus. En effet, d'une point de vue objectif, il est impossible que cette fille avenante de 28 ans soit amoureuse de moi. Pourtant, voilà deux trois jours que je pense à elle sans arrêt. Voilà, je suis amoureux mais cela va être un sacré coup d'épée dans l'eau, l'un des plus grands, l'un de mes plus absurdes. J'ai pour l'instant envie de hurler. Je dois vraiment me calmer. Je pense que je vais prendre un demi-xanax... cela fait bien longtemps... un tout les six mois, cela ne fait aucun tort... cela N. me l'avait dit. N. qui se fait rare car elle a emménagé avec son copain. J'espère que cela se passe bien ; je me tiens à distance car je ne veux en aucun cas interférer dans sa nouvelle situation.

    S'il existe un Dieu, pourrait-il intervenir pour que A. m'aime un peu, un tout petit peu, quelques jours suffiront, pour que je me sente exister, pour qu'à nouveau mon coeur batte réellement, pour que tout mon corps tressaille et que chaque effleurement soit perçu un ravissement. Ce serait si merveilleux. Ravissant. Extatique.

    Un dernier événement qui m'énerve aussi peut-être, c'est la chute des bourses. J'ai perdu pas mal de plumes en trois jours. Je suis de tous les krachs. Et mes amis n'arrêtent plus de faire enfants sur enfants. J'ai trois cadeaux en retard. La grande pondeuse a encore frappé. Il n'y a pas de liens entre tous ces événements, ne cherchez pas... mais tout cela me met comme sur le fil du rasoir... proche de l'implosion. Calmons-nous, calmons-nous.

  • Help myself soon

    Beaucoup d'événements se sont passés depuis mon dernier poste. D'abord, le triste côté. La personne dont je parlais dans un poste de décembre 2009 est décédée. Abattue en pleine jeunesse, à 37 ans, par le cancer, cette foutue maladie ne lui a laissé aucune chance. Il est impossible d'accepter cela sereinement. Quand je l'ai appris, j'étais en vacances dans le sud de l'Europe, bloqué par l'arrêt complet du transport aérien. Cela, c'est le côté positif car finalement, notre city-trip s'est transformé en grandes vacances dans une ville magnifique et ensoleillée. Autre nouvelle, j'ai ressenti quelques soubresauts dans mon coeur en côtoyant quelques fois la même personne dans le train. Une amie d'une amie. Elle me plaît vraiment mais à 11 ans de moins que moi. Autant dire que je ne tenterai rien. Cependant, cela fait plaisir de voir que mon coeur n'est pas totalement mort et que je suis encore capable d'avoir des sentiments.

    Hier, à la fête du travail, des dizaines de femmes me plaisaient mais je suis revenu seul, une fois de plus. J'ai une telle opinion de ce que je suis, physiquement j'entends, que je n'ose plus rien. Dieu sait pourtant que j'ai vraiment envie de rencontrer quelqu'un, de le serrer simplement dans mes bras. Si je n'y parviens plus, les trente prochaines années seront un calvaire (et je pèse mes mots). Je suis encore paralysé aujourd'hui. Je n'arrive à rien faire, je ne suis pas sorti. Je parviens tout au plus à faire le strict minimum... à manger, la vaisselle, la lessive, juste le minimum pour que la semaine prochaine se déroule normalement. C'est peut-être juste une mauvaise journée car je suis revenu avec un très très bon moral de ce voyage. Il est vrai que l'absence d'amour dans ma vie me pèse de plus en plus et le fait d'être chaque jour un peu plus découragé annihilera chaque fois le meilleur des morals. 

    Help myself soon chante Gaetan Roussel.