• Découragement

    Les jours de congé deviennent de plus en plus insupportables. Aujourd'hui, je devais aller à une fête à laquelle je vais chaque année depuis plus de 15 ans. Je n'en ai pas eu le courage. Je suis resté ici, dans ma solitude. Oui, il faut rencontrer des gens, pour rencontrer l'âme soeur... mais comme je le disais il y a peu, je fais cela depuis tellement d'années, avec si peu de résultats. Je n'ai plus le courage d'affronter la foule, le bruit, la fureur, boire de l'alcool, beaucoup d'alcool et me réveiller demain complètement vaporeux. Je vais sagement regarder Slumdog millionnaire et aller dormir. Je n'ai parlé à personne aujourd'hui, les pensées tournent et se retournent dans ma tête. Parfois, je parle tout seul maintenant, surtout quand je suis en colère sur quelque chose. C'est difficile de ne pas ouvrir la bouche pendant une journée entière. J'aurais dû sortir, aller voir des amis mais je me suis reclus. Une autre chose me tracasse, j'ai une drôle d'impression du côté gauche près du foie. Je n'ai pas de douleur mais une gêne. Pour le grand hypocondriaque que je suis, cela est plus qu'inquiétant car je sais qu'un cancer ne provoque pas une douleur mais une gêne. A force de penser que j'ai un cancer, je sais que j'en aurai un l'un de ces jours. Je ne parviens même pas à réellement paniquer. C'est comme si je me préparais depuis longtemps à cette issue. Si cela devait arriver, je pense que je baisserais les bras très rapidement et que je me laisserais mourir. Chaque fois que j'y pense, j'ai déjà envie de baisser les bras alors que je n'ai pas encore ce foutu cancer. Oui je suis inquiet mais c'est plutôt l'incertitude ; une fois fixé, il sera bien temps de me laisser mourir.

    Les deux jours passés furent de bonnes journées. Vendredi soir, j'ai festoyé avec mes collègues à Bruxelles. Hier, ce fut avec la famille. Heureusement que ces moments existent car ils me permettent de ne pas péter complètement un cable. Heureusement également que je vais régulièrement faire du sport dans un club de fitness. En effet, je me suis vite fait une petit réseau de types bien sympathiques et cela me permet de garder la forme. J'ai encore quelques kilos à perdre mais ma musculature et mon aspect général s'améliorent. Je ne sais pas cependant si cela me permettra d'avoir un contact plus facile avec les femmes à l'avenir. Je pense que cela me donnera plus de confiance en moi mais j'en suis encore loin.

    J'ai trié mes mails aujourd'hui et j'ai retrouvé ceux de L. Après ma rupture avec N., bien après, j'ai rencontré L. à un concert. C'était une fille que j'avais connue des années auparavant, quand je fréquentais le milieu musical vu que je jouais dans un groupe. L. est une fille sublime à mes yeux, et jamais je n'aurais oser m'en approcher. Pourtant, ce jour-là, malgré qu'elle sortait avec un type, elle m'avait proposé d'aller boire un verre... et nous avions échangé quelques mails et tenté de nous donner rendez-vous. Pourtant, cela ne s'est jamais fait et après, elle n'a plus donné de nouvelles. J'ai ensuite vu sur facebook qu'elle avait officialisé sa liaison avec un socialeux du Hainaut. Je crois franchement que j'ai raté ma chance, que j'ai manqué l'occasion de sortir avec une fille qui me plaisait énormément et ce, parce que je n'ai pas cru que je pouvais lui plaire. Son copain actuel est beaucoup plus gros et moins agréable à regarder que moi (ce n'est pas mon avis mais celui d'une amie). Cette petite péripétie de ma vie, insignifiante certes, me fait penser que je dois plus croire en moi. Pourtant, contrairement à cette anecdote, l'expérience de Meetic me dégoûte un peu plus chaque jour. Les seuls messages que j'ai reçus émanent d'étrangères à la recherche de papiers. J'ai visiblement la tête du pigeon à plumer. Si ces femmes africaines savaient que je connais par coeur toutes les filières vu que cela touche de près à mon expérience professionnelle... cela m'énerve que je puisse avoir cette image du con à plumer. Con à plumer, con à plumer. Expression à méditer.