• Bloody sunday

    Combien de fois ai-je écrit sur les dimanches dans ce blog? Dix fois? Plus? et rien n'a changé... Hier soir, j'ai un peu relu, au hasard, des posts vieux de plusieurs années. Ce qui est incroyable, c'est que rien n'a changé. Depuis mes trente ans, je répète invariablement les mêmes choses : le plus incroyable est de voir le compteur tourner et de savoir des inconnus lisent ceci. Pour leur santé mentale, j'espère que ce ne sont pas toujours les mêmes... J'avais correspondu un temps avec une de mes lectrices du pas-de-calais... puis j'ai perdu son adresse... Je me demande si elle me lit toujours. Si c'est le cas, je lui conseille d'arrêter :-) pour sa santé et surtout car ceci devient terriblement monotone. A vrai dire, je n'écris plus que pour moi, pour le moment où je quitterai cette terre, pour laisser un trace, aussi insignifiante soit-elle, à certains proches qui voudraient comprendre quelle aura été ma vie. L'adresse de ce blog est connue par une personne de mon entourage et elle est mentionnée dans mes dernières volontés. Il y aura eu dans ce blog, quelques moments de poésie, assez rares en fait. La majorité des posts étant la complainte d'une vie que je considère ratée (du moins jusqu'ici).

    Je vois clairement les limites pour revenir au thème d'hier. Une vie comme la mienne, c'est bien jusqu'à maximum 35 ans. Après, on prend conscience que ce n'est plus possible de vivre ainsi. Pourtant, ma vie n'a pas été choisie, elle a été subie. J'aurais aimé "aimer", fonder une famille. Frustré de ne pas pouvoir y arriver et de ne jamais atteindre une certaine normalité que j'enviais chez les autres, j'ai commencé à m'occuper de façon déraisonnable, à vivre loin de tout ce qui avait été mes idéaux. J'ai commencé à jouer en bourse, à surfer de façon déraisonnable sur internet (j'essaie pour l'instant de diminuer ma consommation quotidienne), je me suis acheté une montre du prix d'une voiture d'occasion et à avoir des goûts de luxe... pour m'occuper, je me suis passionné  de ces choses impayables. Je pense d'ailleurs que mes amis se sont posés des questions à l'époque ; je devenais déraisonnable. ils n'ont pas compris à l'époque que j'essayais de remplir ma vie avec des choses car je n'avais aucun être à aimer. Sans femme, sans enfants... que faire? J'aurais pu aider les pauvres ; j'ai choisi une autre option et même pire, mes opinions politiques ont changé et je suis devenu de droite (pas d'extrême!), ce qui est parfois mal passé auprès de certains. J'ai certainement fait des mauvais choix et je n'ai pas d'excuses. Certes, je n'ai tué personne mais j'aurais pu faire mieux. Je regarde ma vie avec un atroce sentiment de vide, comme si j'étais au bord d'une falaise et qu'il était temps de se jeter dans l'air, voler et s'écraser dans les roches en contrebas. Quand je surfe sur facebook, avec mes 350 amis, je les vois souvent heureux ou du moins en famille. Il y a très peu de types de 37 ans qui sont seuls. Même les divorcés sont déjà remariés. Je suis un cas atypique; quelque chose en moi ne me donne pas accès à la féminité ; quelque chose que j'ai plusieurs fois décrit ici et que je devine. Je n'ai jamais pu avoir une opinion positive de moi-même, jamais. Est-ce l'enfance? Est-ce l'anomalie génétique dont je suis atteint ? Est-ce simplement un développement mental qui n'a pas été dans le bon sens ? Je n'aurai jamais la réponse et pourtant je me la pose ici à l'envie depuis 2004.

    Je dois trouver la force pour continuer à vivre et sortir de ce trou béant. Je m'étais inscrit sur Meetic mais cela m'a dégoûté après une semaine (j'ai pris un abonnement pour six mois). J'y ai mis ma photo. Personne ne m'a contacté sauf deux africaines ayant flairé visiblement le bon pigeon. Comme me disait N., je suis une personne à connaître et elle me disait que ces sites n'étaient pas fait pour moi. J'avais connu N. sur un tel site mais ni elle, ni moi, n'avions mis notre photo. Au-delà de cette recherche désespérée et avortée, il est clair que je n'ai aucune ressources pour l'instant. Je dois aller travailler demain et ma seule envie est de rester au fond de mon lit. Je ne sais pas comment je vais y arriver mais comme toujours, je vais me lever, prendre le train et prendre mon masque de chef de bureau pour assurer le service. La vie continue ou plutôt, mon cher concept de non-vie... la non-vie continue.

  • Limite dépassée

    Les limites, les limites de ce que je peux supporter. Les limites sont atteintes, elles sont dépassées. J'ai résisté. Je ne suis pas dépressif. J'ai donc bien résisté... mais combien de temps un être humain normal peut résister à ce type de pensées quand il est livré à la solitude? 

    Plus je suis mal, moins j'ai envie de voir des gens car tout devient tellement lourd que je ne suis plus capable d'affronter le monde, même s'il est connu et amical.

    Je suis en train de chercher à acheter un appartement ou une maison ; cela me pèse terriblement de devoir chercher quelque chose où je vivrai seul, peut-être jusqu'à la fin de ma vie. Tout ceci est tellement lourd et tellement limitant en terme de projets... car de projet de vie, pour l'instant, je n'en ai absolument aucun. Si je veux acheter un appartement, c'est uniquement pour faire plaisir à mon père, qu'il soit rassuré sur le reste de ma vie. Pour le même prix, je resterais bien ici toute ma vie. A quoi bon, je n'ai aucun héritier, aucun conjoint, personne à qui laisser le moindre centime... alors je pourrai louer cette maison toute ma vie, rester ici, dans ma solitude.

    Les mêmes thèmes tournent sans cesse dans ma tête. Quand on vit seul, c'est encore amplifié. J'ai beaucoup de temps pour penser. En fait, il y a des jours de congé où je ne parle à personne et où le temps pour penser est presqu'infini. Comment ne pas devenir dingue dans ces conditions? 

    Je rêve de rencontrer une femme, d'être amoureux mais je sais que cela est totalement impossible tant que je suis dans cet état moral et mental lamentables. J'ai été prendre dans mes ressources ces derniers mois et là, je suis totalement down. C'est plus qu'un treuil qu'il faudrait pour me sortir de mon trou... Pour l'instant, je me hais, je hais tout ce que je suis, autant mentalement que physiquement. Cette haine, cette "détestation" pour utiliser un néologisme est tellement prégnante.

    De même, je n'arrive plus à être naturel avec les femmes que je ne connais pas. J'ai tellement envie que quelque chose se passe que je me sens soit trop pressant, soit terriblement maladroit. J'ai peur que petit à petit, je ne vois plus la femme que comme objet de désir tellement je deviens frustré. Ce week-end, j'ai même réussi à sortir avec une femme mariée dans une soulographie dont je suis bien honteux. Ce n'est pas cela que je veux devenir, pas un poivrot pathétique.

    Cela fait des années et des années et des années que je vais dans des fêtes pour voir des gens, trouver l'élue etc. Cela est tellement arrivé rarement que je suis absolument dégoûté de tout cela. Des amis me disent que je devrais ne plus y penser, me laisser vivre et que tout viendra tout seul. Evidemment, pour eux, cela a toujours fonctionné et même si, pour moi, dans mon état, ce n'est plus possible.

     

    Je suis donc cuit. J'attends un miracle qui ne viendra pas et l'heure est à la réclusion.

  • Why can't I be you? Why can't I be me?

    C'est reparti, la valse des questions sans réponse... et la douleur, celle d'entrevoir certaines réponses néfastes à la poursuite de ma vie. J'ai maintenant vraiment envie d'aimer, de former un couple avec quelqu'un. Je suis désespéré. Je me suis même inscrit sur meetic... et pourtant, c'est toujours la même chose. Avec ma photo, personne ne me contacte et sans, non plus. J'aimerais qu'une fois, une fille me dise ce qui ne va pas avec mon physique. Juste pour savoir, connaître les détails, peut-être pouvoir y remédier. Ou peut-être pas... mais savoir. Ou bien comme je l'ai déjà dit, il y a quelque chose de chimique que je ne dégage pas... Quoi qu'il en soit, cela gâche profondément ma vie. Je m'occupe, je ne reste pas à attendre mais une question lancinante est de savoir si je devrai m'occuper jusqu'à la fin de ma vie. Je vois déjà la limite de cela... mes amis sont de plus en plus occupés par leur descendance ; la chair s'est reproduite, les corps donnent naissance à d'autres corps, malgré le chaos du monde. Chacun s'occupe de ce qu'il a projeté dans ce monde, il participe en quelque sorte à la grande histoire de la race humaine. Quant à moi, je ne produis rien, je pollue et l'inutilité de ma vie n'en est que plus grande face à cette armée de parents pondeurs, sauveurs de l'Humanité grâce leur coït reproducteur. Que de frustrations dans mon chef, que d'espoirs étouffés par ma réalité humaine, que d'idées noires couchées ici dans la solitude de ma modeste maison louée à ce porc de propriétaire.

    Mon rêve est pourtant simple. Rencontrer une petite femme sympathique, avec un beau sourire et un minimum de cerveau. Pas une mince, pas un top modèle, juste quelqu'un d'honnête et de souriant. J'en vois des dizaines chaque semaine. La plupart des filles que je rencontre dans la rue ou le train ou à mon job me plaisent... disons au moins un bon 2/3. Et pourtant rien ne se passe, rien ne se transforme. Je suis complètement paumé. J'approche les 40 ans et absolument rien n'a évolué à ce niveau. Il me suffit de lire mes écrits de 2003 sur ce blog ou mes journaux intimes de 1987-88-89 pour voir que clairement, rien n'a évolué. J'ai un problème, c'est clair. Je ne dois pas être le seul mais j'ai un problème. Pourtant il y a tout de même des putains de points positifs : je pense avoir un bon humour, une situation professionnelle plus que raisonnable, des tas de passions, des tonnes d'amis et d'amies mais pas une seule foutue petite amie dans les parages. Why cant' I be you chantait Robert Smith en 1987. Il y a des fois, je donnerais beaucoup pour être quelqu'un d'autre. Plus de 10 ans après, le même Smith chantait Why cant' I be me? Je donnerais également beaucoup pour savoir qui je suis. S'aimer et se connaître avant de pouvoir entamer une relation. Voilà tout un programme. Comment pourrais-je m'aimer? Comment pourrais-je être bienveillant avec moi-même ? Je pense que je ne pourrai jamais et cela va me pourrir ce qu'il me reste de vie.

    Mes réflexions vont de plus en plus dans le sens d'un darwinisme exacerbé. Les beaux et forts avec les belles et maternelles. Pour perpétuer de la façon la plus efficace l'humanité et que des enfants beaux naissent de ces beaux couples parfaits (qui se sépareront souvent une fois la vie donnée). Dans ce jeu pipé d'avance pour le stérile que je suis, quelle est la micro-chance de trouver ma place, de former un couple avec une personne que j'aime? Elle est tellement infime que je devrais me suicider... mais je suis tellement couillon. Dès lors je m'occupe, je pollue, je vis mon inutilité que j'abhorre.

    Un mauvais jour aujourd'hui, lecteur ! Un jour où la rage monte dans la gorge, un jour où le ciel est bas, où rien ne se passe, rien ne se crée. Un jour où la seule envie est de détruire des choses, d'écraser des fleurs, dehurler que je ne suis pas à ma place mais que je veux comprendre, que je veux aimer.

     

    Why can't I be you? Why can't I be me?