• Questions d'avenir

    Une question récurrente et peu importante au premier abord m'a mené, ce week-end, à des introspections de plus en plus profondes sur mon avenir. La question initiale était de savoir si je devais acheter un appartement. Depuis trois ou quatre mois, je regarde quasi quotidiennement sur des sites internet pour trouver un appartement à acheter dans mon quartier. Un pré-requis important est le fait que je loue une petite maison très agréable, avec une cour, et qui se situe à cinq minutes de la gare où je prends le train tous les matins pour me rendre au travail. Ce logement est peu cher et parfaitement adapté à ma vie de célibataire, il permet de faire des fêtes dans la cour en été, du bruit vu que je n'ai aucun voisin et je peux me lever très très tard chaque matin (8h00) et arriver au boulot à une heure encore acceptable. Mon père ne cesse de me dire qu'acheter un appartement serait un bon investissement. Certes. Pourtant, quand j'y pense, je n'ai pas envie de penser comme cela ou plutôt, je n'y parviens pas. J'ai 37 ans. Si j'achète un appartement maintenant, j'aurai 60 ans quand j'aurai fini de le payer. Je n'arrive pas à me projeter dans ce futur-là... Je me dis que je n'en n'aurai rien à faire d'avoir fini de payer mon appartement vu que je n'aurai personne à qui le léguer après. 

    Je comprends parfaitement les gens qui ont des enfants ou une femme qu'ils aiment et qui veulent pour ces proches aimés, léguer quelque chose, mettre de l'argent de côté, jouer la sécurité. Or, dans mon cas, n'ayant pour l'instant aucune de ces préoccupations, je ne peux me résoudre à me projeter dans ce futur dont je n'ai pas encore connu ne fut-ce qu'une seule minute. Mon infertilité joue certainement un grand rôle dans cet état psychologique. Je n'aurai jamais d'enfants naturels, je me mets même à douter que je rencontrerai une femme avec qui je pourrais vivre... et donc penser à acheter un appartement pour pouvoir léguer quelque chose à des gens qui n'existent pas, cela me dépasse et ce, d'autant plus que je sais que je ne serai jamais à la rue car, à moins que je ne meure avant lui (ce qui résoudra évidemment tout problème de ce type), j'hériterai de l'appartement de mon père. Entendons-nous bien, je n'attends nullement sa mort ! J'espère qu'il vivra encore au moins 20 ans mais l'ordre des choses fait qu'il mourra probablement avant moi. 

    Je n'envisage donc pas l'achat d'un appartement comme un investissement, j'attends plutôt le coup de coeur et cela peut prendre des années... 

    L'autre option est donc de ne pas acheter un appartement et de profiter de mes économies pour acheter des bons vins, vivre des vacances fréquente, assez luxueuses et festives (comme au club med par exemple) ; continuer à jouer en bourse. Ce dernier divertissement est malheureusement la seule façon que j'ai trouvée de vibrer. Sans amour, ma vie est d'une telle platitude que l'adrénaline engendrée par les investissements en bourse, est pour l'instant ma seule façon de vibrer. Lamentable, j'en conviens.

    Cette question d'achat d'appartement me taraude. Elle me mène à des réflexions beaucoup plus profondes sur ma vie, le futur que je ne parviens pas envisager à cause, entre autres, de mon infertilité. Je ne vois toujours pas d'issue. J'espère trouver l'amour, ou plutôt, j'espère que l'amour viendra me chercher et qu'il mettra sur ma route une compagne avec qui je pourrai avancer dans ce brouillard ; une compagne qui m'aidera à trouver la direction à prendre. Le manque d'affection, de tendresse, tout cela commence ou finit par peser terriblement sur mon moral et je n'ai pas, pour l'instant, les ressources suffisantes pour avancer seul dans de bonnes conditions. Cependant, je dois reconnaître que je suis étonné que ma résistance à la solitude soit aussi forte. L'Homme est tout de même bien fait. Il peut résister à des tas de choses comme une vie baignée de solitude. Je ne me suis pas encore suicidé. Je suis l'exemple encore vivant de la possibilité de vivre seul durant des années sans parler aux murs ou décider d'en finir. Pour combien de temps?

     

  • Jardin extraordinaire

    Voilà quelques temps que j'étais bien occupé à étudier pour un gros examen pour mon travail. Depuis vendredi, tout cela est fini et l'examen est passé. Ce week-end, l'ennui a encore une fois frappé à mon porte.  Vendredi, je suis allé à une fête pour mettre un terme joyeux à ma période d'étude mais l'humeur n'y était pas et je suis vite reparti.

    Je ne vais quasi plus sur le site de rencontre car je vois que cela ne va aboutir à rien. Je me pose sans cesse des questions pour savoir où je vais en attendant simplement le miracle, la rencontre qui me rendra heureux. En attendant, la seule partie "normale" de ma vie est mon travail, je vais donc de plus en plus m'y consacrer. C'est la seule chose qui m'attache à une vie sociale normalisée. J'ai de la chance, je ne perdrai jamais mon emploi car je suis nommé. Je ne sais pas ce qui arriverait si j'avais perdu ce boulot à cause de la crise. Ma vie aurait versé dans le pire.  

    Les informations m'énervent, surtout quand on voit certains guignols qui se prétendent 'hommes politiques'. Hormis les jeunes qui débutent mais qui tombent assez vite dans le système, je pense qu'il ne faut pas se faire d'illusion, tous se battent pour avoir plus de pouvoir et plus d'argent... rien de plus rien de moins et la destinée de la Belgique est entre leurs mains visqueuses. Tout est tellement cadenassé que personne ne pourra mettre un grand coup de pied dans cette basse-cour.

    Je suis donc de plus en plus désenchanté... même le jardin extraordinaire ne passe plus le samedi à la RTBF.

  • 2010 et le grand vide

    Le découpage en années, en heures, en minutes est une construction et une invention humaine pour organiser la vie sur terre. Bien que les normes choisies soient totalement arbitraires, notre vie est rythmée par cet ensemble de repères. Ainsi, hier n'est pas plus symbolique qu'aujourd'hui et qu'avant avant-hier. Pourtant, j'y suis sensible et ce premier jour de l'an est difficile. Dès avant de me lever, j'étais déjà en train de ruminer dans mon lit. Je me disais qu'aujourd'hui, je n'avais rien à faire et que l'année partait déjà très mal. Les 365 jours qui sont devant moi sont comme un grand vide, un espace temporel sans aucun sens. J'avais le vertige avant même de me lever pour commencer cette journée. J'angoisse terriblement face à cette nouvelle année à remplir d'occupations diverses. Je me dis qu'il est très urgent que je rencontre une femme et que je remplisse ma vie d'amour et de projets. J'ai l'impression aujourd'hui qu'il en va de ma survie et que je ne pourrai plus très longtemps supporter mon type actuel de vie. Je ne sais pas comment tout cela se traduira s'il ne se passe rien. Peut-être vais-je développer une maladie, péter un plomb ou que sais-je? Je force peut-être le trait car c'est le premier jour de l'année et comme je l'écrivais, ce foutu jour est particulièrement symbolique. Tout le monde se souhaite plein de bonnes choses mais cela fait 37 ans que l'on me les souhaite et tellement peu de choses bien sont arrivées ces dernières années que cela devient difficile d'entendre tout cela.

    Pour faire un petit et rapide bilan des choses positives de ces dernières années, je relèverais la chance d'être tombé dans une famille aimante et qui m'a éduqué convenablement, la chance d'avoir réussi mes études universitaires et d'avoir trouvé un bon job intéressant, d'avoir financièrement assez pour largement subvenir à mes besoins, , d'avoir rencontré N. (et même si cela n'a pas pu durer, ces moments furent magnifiques à bien des égards), la chance aussi d'avoir toute une belle brochette d'amis fidèles et compréhensifs. Pourtant malgré ce cocktail qui pourrait franchement être suffisant pour plusieurs milliards d'êtres humains sur terre, j'ai eu la malchance d'être né avec ce problème génétique qui me rend stérile, la malchance de ne pas attirer les femmes ou si peu et donc de vivre dans la solitude depuis environ trois ans (d'avoir en fait vécu 90% de ma vie d'adulte seul). Cette stérilité et le fait de ne pas attirer les femmes sont probablement liés, peut-être que l'attirance se fait au niveau chimique et que tout cela joue un grand rôle.

    Quand je vois les côtés positifs et négatifs, je devrais pouvoir être tout de même un petit peu heureux. Il est vrai que parfois, je vis des moments de bonheur... Tout n'est pas tout noir... mais le côté sombre est en train de me submerger à nouveau. Je ne sais plus du tout où j'en suis. J'ai l'impression d'être paralysé et je n'ai plus envie de rien faire. Les larmes me montent souvent aux yeux quand je pense à tout cela alors que pourtant, les garçons ne pleurent pas...