• Une entrevue pour la route...

    La route de la vie est à la fois longue et courte. Celle en compagnie de Y. fut courte mais le chemin qui me reste à parcourir avec moi-même est encore long si la maladie ne me fauche pas.

    Ce qu'il est ressorti de mon entrevue avec Y. ce midi est qu'elle pense qu'il y a incompatibilité de caractère car je suis trop gentil. Elle a besoin, dit-elle, de quelqu'un avec plus de poigne. Difficile de savoir si cela est vrai ou si, tout simplement, elle ne ressent rien pour moi pour une autre raison. Il est possible que ce soit la vérité, je suis gentil, doux, je peux être très aimant, trop certainement. Pourtant, avec Y., je n'ai pas montré de faiblesse particulière ou autre accès de mièvrerie.

    Bizarrement, alors que pendant notre discussion, mon coeur chavirait dans le bleu de ses yeux, l'après-rencontre fut normal. En effet, je n'ai pas ressenti une grande tristesse, seulement beaucoup de lassitude. Me transforme-je en une espèce de Meursault comme dans l'Etranger de Camus, un gars sans émotion, guidé par son instinct et n'étant plus capable de vivre pleinement ses sentiments. Je ne le sais. Quoi qu'il en soit, c'est l'une des plus belles femmes que j'aie jamais embrassées.

    Avant-hier, j'ai fait un test sur rendez-vous.be . La publicité du site disait que mettre sa photographie donnait des résultats dix fois plus importants. Je n'avais quasi jamais de visite sur mon profil alors que j'avais mis ma photo. Je l'ai enlevée. J'ai eu une dizaine de visites donc un contact avec une fille de 32 ans. On a échangé quelques messages. Elle m'a ensuite demandé que je lui envoie ma photo. Depuis, plus aucun contact, même pas un mail pour me dire : 'bon, tu ne plais pas'. Rien. Nada. Ceci, c'est-à-dire les dix visites et l'expérience avec la fille, prouve définitivement que j'ai une sale tête, une qui n'attire pas la gente féminine. Les filles ou femmes que j'ai attirées, c'était uniquement à l'humour et à l'intellect. Je n'ai donc quasi aucune chance sur ces foutus sites de rencontre. Je devrais draguer avec une cagoule, uniquement par le son de ma voix. Si perds mes cheveux, ce sera définitivement terminé. Je devrai faire une croix sur toute vie sentimentale. Il faudra alors décider si je dois continuer à vivre ou mourir.

    En attendant, je pars en Toscane jeudi pour quelques jours avec le même ami qu'en septembre au club M**. C'est bien mais je ne suis pas follement enthousiaste. La profonde envie de former un couple, de vivre une histoire d'amour me hante constamment. C'est venu en quelques semaines... j'aimerais que cette envie me quitte car je vis moins bien. J'attends les résultats de ma prise de sang de ce matin mais je suis quasi certain que ces douleurs au ventre viennent d'angoisses nouvellement crées par cette situation. Je souffre dans mon corps car mon âme et mon coeur souffrent. Si Dieu pouvait m'envoyer une femme gentille et souriante, aimante et attentionnée, je croirais en lui et je ferai en sorte de l'aimer de toute mon âme, elle et son éventuelle progéniture. Le problème est que je ne crois pas en dieu.

    Bon, cela n'évolue pas bien cette vie. Je commence sérieusement à déconner. Il faut je ne sais quoi. Il faut un changement. Je ne suis plus bien seul. J'espère ne pas faire de conneries et vivre une vie dissolue comme j'ai pu déjà l'expérimenter. Il faut que je reste structuré sinon tout partira en vrilles. On respire un bon coup et on va dormir.

     

  • Y., suite et fin. Autres démembrements.

    Y. m'a annoncé jeudi qu'elle ne ressentait pas ce qu'il fallait pour être plus qu'amis. J'avoue que je n'ai rien vu venir. Tout se passait très bien et je tombais amoureux d'elle progressivement, avec toutes les chouettes sensations que je n'avais plus connues depuis si longtemps. Encore une fameuse déception. Je dois être maudit.

    Je ne suis pas effondré, je n'ai pas pleuré. En cela, je sais que j'ai fameusement évolué et que je contrôle beaucoup mieux la situation. Malgré tout, cela m'a rendu très triste et une grande déception m'a envahi. Un sentiment de lassitude énorme par rapport à la vie. J'étais pourtant parti sur une belle pente ascendante depuis mes vacances. Tout me souriait... mais voilà, un brutal et triste retour à la réalité. Y. était réellement mon idéal féminin car elle avait à la fois la beauté (je veux dire le physique qui me plaît et qui n'est plus le physique standard des magazines) et l'intelligence, l'humour, la conversation. Je suis un peu étourdi, comme si j'avais pris un sale coup sur la tête alors que ma vie s'orientait superbement. Elle m'a dit que j'étais super et qu'elle aimerait devenir l'une de mes amies. Hum. Schéma traditionnel qui commence à me fatiguer. Je jure ici solennellement que je ne deviendrai pas son amie. Il est fini le temps où je jouais au gros nounours gentil et asexué, l'ami, le bon ami de toutes les jolies filles qui passaient à proximité. Il est vrai que j'ai joué longtemps ce rôle. Mes amitiés étaient composées de beaucoup de filles, souvent très jolies, qui aimaient ma conversation et mon humeur... mais jamais moi, mon coeur et corps.

    Aujourd'hui, j'avais la rage en pensant à cela. J'ai écouté à fond Dinosaur Jr dans ma voiture, j'avais envie de hurler, de dire à toutes ces femmes que cela suffit, que je ne serais pas leur ami, ni leur confident, que j'ai aussi un sexe. En rentrant, je me suis connecté à un site de rencontres mais cela m'a dégoûté une fois de plus, comme une foire aux bestiaux. J'avais encore envie de gueuler ma haine ! Mauvaise journée donc... Je suis seul ce soir à ressasser tout cela... toute la semaine, je suis sorti dans des concerts, un commissariat (vitre de la voiture explosée par des bouffons sans foi ni loi) et le boulot, fort prenant. Je n'ai pu m'arrêter jusqu'au jeudi fatidique et la rupture avec Y.

    La semaine prochaine, je pars quelques jours en Italie avec un ami... La Toscane. J'espère que cela me calmera et que l'on profitera bien.

    J'ai aussi l'impression que tout va s'arrêter et que je vais disparaître. J'ai une fausse douleur près du foie. Il faudra bien mourir de quelque chose. Je vais aller consulter un médecin avant le voyage. Si j'avais un cancer ou un truc grave, j'aurais vraiment tout raté sur cette terre. Le pire est que si tel était le cas, je pourrais l'envisager sans avoir l'envie de combattre. Quand je me mets dans la situation fictive, je me dis que ce serait peut-être même une solution pour mettre fin à tout cela. Les gens passent, leur vie est oubliée. Est-ce vraiment grave? Tant que l'on ne souffre pas... J'aurais quelques regrets... surtout celui de ne pas avoir fondé une famille, de ne pas avoir pu faire des enfants, de ne pas avoir bu les bouteilles de vin que j'attends depuis des années. Ma mort sera baignée de mes propres larmes pour tout ce que je n'ai pas fait, connu, engendré.

     

    Cette histoire avec Y. aurait pu être belle. Lors d'une de nos discussions, je m'étais vu avec elle et une petite famille car nous avions parlé d'insémination artificielle car sa soeur avait vécu cela. Je me disais que cela était possible. Ce jour-là, j'étais reparti de notre rendez-vous avec un grand sourire aux lèvres et l'impression que le monde m'appartenait.

     

    Parfois, je traîne sur facebook, je regarde les gens aux hasards, leurs photographies si elles ne sont pas protégées, leurs bonheurs familiaux ou amoureux. Souvent avec envie. Je me demande toujours ce qui ne va pas chez moi et pourquoi je ne parviens pas à atteindre cela. Je lisais dans le profil putassier d'une fille sur rendez-vous.be tout à l'heure que si on était célibataire à 35 ans, c'est que l'on avait vraisemblablement un problème. Elle ajoutait qu'à cet âge-là, on avait intérêt à avoir été plusieurs fois séparé... sinon pour elle, c'était que l'on était un handicapé. Je hais ce type de fille car elle me renvoie à des craintes que je vis au jour le jour. Une autre disait qu'elle ne voulait pas de cons, de débiles, de mariés ou de chauves. Vu que je suis en train de perdre mes cheveux, ce type de remarque me met extrêmement mal à l'aise. Je sais que ces filles sont des probablement des salo*** mais bon, cela fait toujours bien mal de lire cela car on se sent remisé dans les clans des débiles et autres déchets de la société.

     

    Bon, je pourrais continuer longtemps à m'épancher. Tout ceci me semble bien stérile aujourd'hui. La rage me consume et je ne sais pas si tout ceci rime à quelque chose. En tous cas, je ne me sens pas bien, j'ai perdu de la confiance en moi. Je suis seul, ici et maintenant. J'écoute le formidable album de the XX. Cela ne me calme pas mais il faudrait bien que la nuit tombe sur ma rage et que cette journée finisse.

  • Y. et l'enfantement

    Cette semaine, j'ai vu Y. Lundi, je l'ai embrassée sur la grand place de Bruxelles. C'était merveilleux. Cependant, ce n'est pas pour cela qu'elle considère que l'on est ensemble. Cela, je l'ai compris le lendemain et la semaine qui a suivi. Elle veut du temps, ses sentiments sont emmêlés, elle est confuse.

    Au début, c'était un peu difficile. Je ne savais pas si je devais la contacter, quand je pouvais lui téléphoner. J'avais l'impression de me retrouver comme un adolescent inquiet. Cela n'a pas duré longtemps. J'ai repris les choses en main, je lui ai demandé des explications et j'ai mis les choses au point. Certes, je serai patient mais il n'est pas question que je courre dans le vide, que je cherche sans cesse à la voir si elle ne fait aucun pas vers moi de son côté. Bref, je ne suis pas prêt à être le pigeon comme je l'ai été quelques fois dans le passé. Je pense qu'elle a bien compris et j'ai pu entrevoir qu'elle avait de l'intérêt pour moi.

    Un autre problème est qu'elle m'a dit qu'elle envisageait pour un futur relativement proche de fonder une famille est d'avoir un enfant. Il est vrai qu'à 35 ans et sans enfant, toute femme ou presque, aurait ce genre de discours. Là est le noeud, le gros noeud qui me prend parfois à la gorge. Dois-je lui dire maintenant que je ne peux avoir d'enfant? Je pense qu'à ce stade, cela couperait toute relation. Or, j'aimerais nous donner une chance. C'est ce problème qui me hante par intermittence durant ces pluvieuses journées d'automne. J'ai peur que plus tard, si nous formons un vrai couple, elle me reproche ses heures passées à apprendre à se connaître et qui seront perdues pour la femme qu'elle est et qui veut enfanter.

    Cette tare d'infertilité commence à peser réellement sur ma vie et influence le cours de existence. Je suis voué à ne pas engendrer et à ne rien laisser derrière moi, sinon un souvenir vague et qui se perdra dans les tréfonds de l'histoire humaine avec deux petits "h".

  • Ouverture

    Depuis mes vacances, comme je l'ai déjà dit, un déclic a profondément changé mon humeur. Je le résume comme ceci... avant, j'avais peur de mourir. Aujourd'hui, j'ai une profonde envie de vivre. Waouw!

    Rien n'arrive par hasard. Certes, des choix orientent mais ce déclic, par exemple, semble suivi de bien bonnes choses qui commencent à arriver. Cette semaine, j'ai commencé une formation de leadership. Un truc assez long avec une méthodologie basée sur l'humain. Nous venons de passer la semaine dans un hôtel à parler. Rencontre avec douze nouvelles personnes, toutes issues d'horizons différents. Objectif : après quatre jours, former un groupe. Ensuite, le processus d'apprentissage démarrera avec le groupe nouvellement formé. J'ai rencontré des personnes formidables. Les journées étaient intenses, avec des déballages, des doutes, des pleurs dans le chef de certains. Les soirées étaient bibitives, relaxantes, comme des soupapes, des exutoires après les intenses échanges de la journée. En tout, nous avons parlé plus de trente heures de nous, des autres, de nos rapports avec l'autre. J'ai l'impression d'avoir le coeur plus ouvert après cette formation. Et ce coeur est rudement mis à contribution pour l'instant... (je commence rarement des phrases par "et" car c'est à éviter... mais pourtant, je me donne cette liberté aujourd'hui). Mon coeur pétille quelque peu avec Y. Pendant la semaine de formation, j'y ai peu pensé mais le troisième jour, nous avons fait une balade silencieuse dans les bois. Là, j'ai véritablement pris conscience, dans la nature et le silence, que j'avais très envie de la revoir et que des sentiments naissaient ou du moins, étaient réellement possibles. Tout cela était beau. Je suis revenu profondément heureux de cette balade.

    Aujourd'hui, j'ai vu Y. car j'ai proposé de la véhiculer de Liège à une petite ville en Ardennes. Elle est donc arrivée dans notre magnifique gare de Liège. L'écrin était à la hauteur de la beauté de ses yeux. Ensuite, embarquement dans la MINI et direction l'Ardennes profonde. Un trajet où l'on a longuement parlé, les études, la famille... Tout cela en français car je ne maîtrise pas assez le néerlandais du moins, pas le néerlandais familier. Quelque chose vibrait en moi. C'était fort. Je n'en revenais pas que j'étais sur la route, dans ma voiture, avec elle.

    Je l'ai déposée, elle m'a proposé de me présenter à ses parents comme un collègue (ce que je suis d'ailleurs). J'ai décliné. D'un côté, j'en avais envie, de l'autre j'étais encore trop vibrant. Je suis donc parti sans voir sa famille. Je ne sais pas si j'ai bien fait mais je ne compte pas m'ennuyer avec ce débat. Lundi soir, nous allons au restaurant. Elle m'a fait part de son envie de m'inviter à sa fête d'anniversaire. Malheureusement, je serai en Toscane. J'ai réservé hier. Une occasion unique car mon oncle y travaille actuellement et m'a invité. J'y pars avec l'ami avec qui je suis allé au Club M** en septembre. Ce qui semble positif est qu'elle envisage des rendez-vous futurs avec moi... Nous avons dit que nous prendrions notre temps et je considère que cela est bien sage même si j'avais vraiment l'envie de la serrer dans les bras tout à l'heure... cela sera pour lundi.

    Tout roule donc et je ne pense pas que cela est un hasard. Je suis plus ouvert, mon coeur s'est ouvert (c'est bizarre mais je le sens physiquement), une phase très positive débute. J'espère qu'elle ne sera interrompue par aucun événement négatif. C'est comme si l'avenir m'appartenait et que j'ai l'impression réellement de diriger ma vie.

  • Y.

    Hier, j'ai embrassé Y. J'ai parlé d'elle dans un post du 05/01/2004. J'étais bien saoûl à une fête au travail. Elle m'a pris par le bras à la fin et j'ai réussi à lui avouer que je la trouvais magnifique depuis des années, que j'étais un de ses plus grands admirateurs depuis des lustres... effectivement, 2004, c'est loin. Elle a les plus beaux yeux de ma boîte, voire du monde. A l'époque, elle avait un copain de longue date, puis un autre... Elle est flamande, habite relativement loin... Je dois lui téléphoner aujourd'hui car comme elle l'a dit justement, on ne se connaît pas. Je suis quelque peu nerveux avant ce coup de fil... Je n'ai rien à perdre, tout à gagner et si tout cela tombe à l'eau, les bons moments d'hier seront gravés dans ma mémoire.

     

     

     

    05-01-2004