• Il est temps

    Il va être temps de trouver un sens à cette vie. Parce que cela ne peut pas continuer ainsi encore des lustres. Parce que l'inutilité de tout ceci me saute à la gorge et m'empêche de respirer. Parce que.

  • Il y a des jours et des lunes

    Il y a des jours, des soirs, des nuits durant lesquels les êtres disparus manquent plus, où leur absence est sensible, où leur voix seraient la bienvenue et où nos yeux cherchent les leurs. Et pourtant, ils ne sont plus et ne seront plus jamais. Ces nuits-là ressemblent à cette nuit-ci. Une nuit où une mère manque, où les questions restent sans réponse alors que tant de choses posent question. Une nuit sous les étoiles. Une nuit pourtant comme tant d'autres.

    La pensée que je ne reverrai plus jamais ma mère m'obsède aujourd'hui. Cela fait déjà plus de trois ans. Cela revient parfois, souvent à partir de réflexion sur la vie ou des émissions télé ou encore des livres dans lesquels le rôle de la mère est mis en avant. J'ai eu une mère idéale, aimante et compréhensive. Son seul défaut fut de partir trop tôt. J'aurais aimé qu'elle soit encore là pour voir que ma vie n'était pas tout à fait un désastre ; j'aurais aimé avoir des conseils supplémentaires ; j'aurais aimé qu'elle assiste à mon mariage si un jour, celui-ci a lieu. Tout cela est totalement impossible et il faut vivre avec. Vivre d'une façon qui la rendrait fière au cas où, il existerait une vie après la mort, du moins, une vie spirituelle. L'agnostique que je suis n'y croit pas mais espère.

  • Addiction et honte

    Je ne sais pas où je peux commencer mais je dois dire qu'en deux mois, j'ai fait pas mal de conneries et que je me sens bien mal. Pour résumer, j'ai été opéré début du mois d'août. Tout s'est bien passé durant les six premières semaines mais j'ai ensuite fait une phlébite et je suis toujours chez moi, en attendant que cela guérisse. Depuis deux mois donc, je suis ici, très souvent seul et devant mon ordinateur. J'ai eu le malheur de m'intéresser à l'économie d'ailleurs, j'ai beaucoup lu puis j'ai commencé à boursicoter. J'en suis venu à jouer avec la moitié de tout l'argent que j'avais en banque. J'ai gagné d'abord puis la bourse s'est écroulée et les pertes se sont accumulés. Il est vrai que tant que l'on ne revend pas, on ne perd pas. Cependant, la moitiié de la somme investie le fut sur Fortis, une banque belge qui, en une semaine, est passée d'une situation normale à la presque faillite. Il ne s'agit donc plus du fait qu'un cours de bourse baisse mais d'une perte pure et simple si cela continue ainsi. J'aurais perdu l'équivalent d'une petite citroën disons. Je me sens maintenant honteux d'avoir joué ainsi avec l'héritage provenant du décès de ma mère. Si une vie après la mort existe, elle doit être vraiment déçue. Je ne sais que faire pour m'amender.

    L'argent est peut-être le moins important dans cette histoire. Plus grave est une espèce d'addiction dont je suis touché. Voici plusieurs semaines que je passe mes journées sur internet, sur des forums de boursicoteurs. C'est devenu plus fort que moi. A 9h, les bourses ouvrent, les US à 16h, Sidney à 22h et la nuit, les bourses asiatiques. Je lis économie, je dors économie, je vis l'économie et en plus, le krach actuel. Je cherche des solutions pour m'en sortir et revenir à ma vie d'avant. Première étape, retourner au travail et cesser d'être sans cesse sur internet. Deuxième étape qui est déjà en cours, c'est la prise de conscience. Ne plus toucher à la bourse. Ne plus rien jouer. Attendre, des années s'il le faut, pour que les actions remontent. Espérer ne pas tout perdre dans Fortis.

    Ce qui compte le plus au monde, je le sais, c'est la santé. J'espère que mon problème se résoudra rapidement car il faut absolument que je retourne travailler, d'autant plus que en rentrant, j'aurai un nouveau poste de chef de service. Je dois donc oeuvrer pour cesser tout ce qui a fait ma vie ces deux derniers mois. J'aimerais redevenir quelqu'un d'intéressant, m'intéresser à la culture et lire autre chose que des magazines économiques. Ce truc me bouffe et il faut que je m'en sorte. Seule N. est au courant de ma honte et m'aide à m'en sortir. Je n'aurai jamais cru en arriver là.

    Tout cela ne serait jamais arrivé si je n'étais pas coincé ici, seul. Ces dernières semaines, j'ai vraiment eu envie de reconstruire quelque chose avec quelqu'un. Il faut que je trouve l'autre qui me rendra heureux...