• Dimanche(s) pétrifié(s)

    Cela devient presque maladif... chaque dimanche pour moi est un jour mort, un jour où rien en se fait, rien ne se transforme. Ce jour est tellement vide qu'il est devenu progressivement un jour de profonde remise en cause de tout, à commencer par ma vie dont je ne vois plus le but. Perte de sens, nous y voilà encore et encore. Jour pendant lequel je peux retourner à foison les manques qui habitent ma vie. Manque de famille, manque d'amour et peut-être même manque d'enfants, d'êtres à qui transmettre, partager. Vie non enrichissante, tournée toujours vers les mêmes obsessions non réalisées et irréalisables. Les week-ends n'ont presque plus d'intérêt car ma vie privée est presque vide de tout intérêt. Je n'ai quasi pris aucun jour de congé cette année car je suis mieux au travail ; là au moins, il y a du lien social et je ne suis pas en train de tourner en rond entre quatre murs à me demander à qui je vais aller quémander de la présence. Prenons un week-end normal que celui-ci. Je vais voir mes amis le samedi, mon père passe le matin. Voilà j'ai fait toutes les visites que je pouvais faire... reste le dimanche à remplir donc. Un dimanche où je ne me suis même pas habillé. J'ai glandé toute la journée entre l'ordinateur, le vélo d'appartement et les armoires pleines de chocolat. Je m'enfonce tout doucement, comme tous les dimanches, dans une noirceur sans nom. Vivement demain où je pourrai revoir des gens.

    Je ne parviens plus à aller vers l'autre genre. J'ai réellement une mauvaise de moi-même et j'ai vraiment l'impression que je ne pourrai plus plaire à qui que ce soit. J'ai pris perpétuité d'ennui. Alors je passe mon temps à acheter des conneries, à claquer de l'argent sans but dans des choses qui me donneront du plaisir comme le vin. J'en ai tellement que si je buvais une bouteille par jour, j'en aurai pour un an... et que des bons crus ! Bon je m'égare... ce dimanche finit calmement, dans l'ennui et je cherche où je me suis trompé dans ma vie, j'ai dû rater quelque chose, un palier, un croisement du destin. J'ai dû prendre le mauvais chemin, celui qui m'a mené à être seul ce soir, à 35 ans, sans espoir, sans projet, sans épouse, sans enfant. Hier soir, je suis allé à un mariage... comme d'habitude, toutes ces jolies femmes accompagnées, sûres de leur destinée, l'air heureux, se croisaient dans des quadrilles de circonstance. Toujours cela me rend triste de voir ce à côté de quoi je suis passé... et envieux car j'aimerais être à leur place, insouciantes dans leur beauté et leur bonheur, confiantes dans leur avenir auprès du mari aimé, ne pouvant décoller ce sourire aux lèvres qui cache leurs dents d'une blancheur éclatante. Il y a des gens à qui tout sourit, d'autres qui sombrent dans le malheur. Je ne suis dans aucune de ces deux catégories mais dans un entre-deux nauséeux où les événements sont pétrifiés dans l'insignifiance, où la vie elle-même semble arrêtée et où parfois, j'aimerais qu'un avion tombe sur ma maison : point final de toutes ces frustrations et déceptions.

  • Solitude sans impact

    Ce soir, alors que je revenais du travail et que j'arpentais les trottoirs éventrés de la ville, je me disais que j'étais en train de vivre quelque chose d'anormal. Je suis seul depuis neuf mois maintenant et je ne ressens pas la solitude. Aucune envie non plus de rencontrer quelqu'un. Avec un peu de recul, je me dis que ce n'est pas du tout normal. Je devrais ressentir la solitude, être désespéré des soirs comme celui-ci où je me retrouve seul, sans projet de sortie, sans l'envie de voir qui que ce soit, juste avec le désir de monter dans la petite pièce avec la grande TV et de me faire un petit film avant d'aller dormir. Allez dormir tôt et me réveiller pour un grand samedi plein de vide. Rien de prévu ce week-end, le calme plat. Tout ceci, cela était jusqu'à il y a une heure. Maintenant, je me sens bizarre, un peu vide. Pas désespéré non mais vide et las. Je vois que mon mode de vie a atteint ses limites. Les fêtes par exemple : on s'en lasse. La technologie aussi. Je fais une overdose d'internet car ce loisir a rempli progressivement mes soirées. Les amis, ils sont occupés avec leur famille. La famille, seul mon père est encore en Belgique. Claquer de l'argent, certes, c'est agréable mais voilà, cela n'apporte rien. Même l'achat de la montre de mes rêves, de la valeur d'une petite voiture d'occasion, ne m'a pas énormément réjoui. Certes, elle est très belle mais voilà, c'est comme si j'étais un peu éteint. Ou blasé. Ou fini. Alors on s'occupe et on écrit sur son blog.

  • Le mec de N.

    Hier, c'était la soirée de notre club de jeu et j'avais dit à N. qu'elle pouvait venir avec son nouveau copain. Tout s'est bien passé. Je suis content de voir qu'émotionnellement, cela ne m'a absolument rien fait ; cette histoire est donc bel et bien finie et enterrée ; c'était l'ultime test possible. Le monsieur est au demeurant très sympathique, ce qui ne gâche rien.

  • Montre

    Il y a trois que je me disais que j'allais peut-être l'acheter... maintenant, elle est arrivée. Sentiment bizarre. La montre est superbe, un grand moment de haute horlogerie... discrète cependant car une ligne très pure. Voilà, je l'ai fait. Que vouloir après. Une femme, des enfants, de l'amour, du bonheur. Cela, cela ne s'achète pas. Je pourrai y penser pendant trois ans, je ne pourrai pas l'acheter en bout de course. Je passe peut-être à côté de ma vie, tout cela me tracasse peu en ce moment et cela n'est pas normal. Je devrai m'en inquiéter plutôt que de laisser les jours filer comme tant perles négligemment jetées dans un égoût. C'est fini avec N. depuis bientôt 10 mois et toujours aucune envie de chercher une femme voire même une épouse. Et je me vois me dégrader ; je vieillis et cela commence à se marquer sur mon visage ; il sera peut-être bientôt trop tard pour trouver une épouse.