• Prom'

    Voilà, j'ai eu ma promo. Dans quelques semaines, je serai responsable d'une petite équipe de six personnes. Cela ne pas rendu heureux mais pas malheureux non plus. Je n'arrive pas à bien le savourer alors que depuis quatre ans, je fais quand même pas mal d'efforts dans mon travail pour que le résultat soit le meilleur possible. Voilà la récompense donc, un nouveau défi. Suite au prochain épisode.

  • Mise en abyme ; élan vital 2 ; AVC

    Il est tard ce dimanche, la lumière est tamisée dans mon hangar. Un moment idéal pour faire un peu le point sur les derniers non-développements de ma vie. Je suis toujours étonné que des gens suivent ce blog plus ou moins hebdomadairement... J'écris de moins en moins pour être lu et de plus en plus pour laisser une trace à je ne sais qui, une trace profonde qui reflètera un peu ce que j'ai été. J'espère que cela pourra être lu quand je disparaîtrai par les gens qui m'aiment. Pourquoi rendre cela public sur un blog dès lors ? Je ne suis toujours pas parvenu à répondre à cette question car on ne peut pas dire que l'interactivité soit débordante et même voulue... Il faudra pourtant que je réponde à la question qui touche l'existence même de ce blog... Pas ce soir.

    Ce soir, j'ai dîné avec N. Lors du repas, elle me dit que je manquais d'élan vital. Nous avions déjà eu cette conversation mais elle revenait à cette idée, certainement en analysant mes propos qui, il est vrai, ne sont pas des plus optimistes ces moments-ci... elle voulait me prescrire des anti-dépresseurs...certes, je manque l'élan vital, cela est un fait certain mais est-ce pour cela une maladie ? Avoir l'élan vital est-il quelque chose de normal ? un état que tous les êtres humains possèdent ? En ce moment, je me contente de ma vie qui est terriblement banale. Je ne fais pas beaucoup de choses mais je ne me plains pas. Je ne ressens pas la solitude car je m'en accomode. Je n'ai pas vraiment de désir, ni d'envie de rencontrer quelqu'un pour fonder quoi que ce soit. J'accepte ma stérilité comme une tare qui m'empêchera toute relation amoureuse future. Je suis blasé, du moins pour l'instant, et j'évite toutes les questions qui pourraient mettre en danger cette relative tranquillité. Je n'ai pas accepté les médicaments. Je veux m'en sortir tout seul, m'extraire de cette torpeur quand le temps sera venu. Ne pas brusquer les choses me semble une attitude raisonnable. Ne pas utiliser la chimie pharmaceutique me semble aussi la voie à suivre pour l'instant.

    Pourtant il faudra que j'aie la pêche. Au travail, mon responsable quitte le bureau et j'ai rendez-vous demain avec la Directrice. Elle va peut-être me proposer le poste. Nous verrons. Cela voudra dire une belle augmentation à terme mais surtout, beaucoup plus de responsabilités ... En suis-je capable pour l'instant ? Je ne le sais.

    AVC, le mot est lâché. Accident vasculaire-cérébral. Je viens de regarder le scaphandre et le papillon, film tragique sur le sujet. Et puis Jeff Bodart, qui vient d'en mourir... à 43 ans. Tout cela me fait réfléchir et cette impression que la vie ne tient qu'à un fil qui me colle à nouveau à la peau. La peur de devenir handicapé, la peur de mourir ainsi, tout cela qui remonte à la surface : oui je manque d'élan vital, c'est clair. Je ne parviens plus qu'à voir le côté noir de la vie. Première conséquence cette semaine, je suis allé m'acheter la montre dont j'avais envie depuis deux ans. Oui, j'aime la belle et haute horlogerie, les montres compliquées avec des mécanismes hors du commun... Une folie en termes économiques : plus de deux mois de salaire dépensés dans une belle bijouterie alors que sur le chemin du retour, cinq ou six mendiants quémandaient quelques cents pour manger une maigre pitance. Je ne sais pas si j'ai fait le bon choix. La perspective d'un AVC prochain m'a poussé à me dire que je devais profiter de la vie et m'offrir ce que je voulais, dans les limites du raisonnable. La montre arrivera dans quelques semaines...

    Je crois savoir que je m'en sortirai mais il faudra du temps, pour décoller ces vues pessimistes qui sans cesse assaillent mon esprit.

  • Paresse

    Week-end paresse où je n'ai fait que dormir ou presque. Je me sens envahi par une très grande fatigue et l'envie de ne rien faire. Ces dernières semaines, il ne s'est rien passé. Lassitude serait le maître mot. J'avance vers le Rien, je progresse dans le néant. Rien ne se passe et rien ne se transforme. Je ne suis pas malheureux et je ne suis pas heureux. Je vis comme une amibe. Sans émotion.

  • Légalisme

    Que dire ce soir? La Belgique va peut-être exploser demain. J'espère secrètement un rattachement à la France dans ce cas. A une nation de grands vins. Je perdrai mon travail, il faudra en retrouver un autre. Enfin, nous sommes encore dans l'hypothétique futur mais il se rapproche à grand pas.

    Sinon, toujours cette impression d'être à côté de la vie normale. Oui, ce concept de normalité qui me colle à la peau même s'il n'est qu'une abstraction, une construction de l'esprit.

    Allez hop, un petit Cure pendant que j'écris ceci... "Disintegration", morceau de 8 minutes, morceau qui symbolise le passage d'une décennie à une autre, pour un être humain. Aujourd'hui, encore une manifestation des sans-papiers près d'où je travaille. Cela ne m'émeut pas. Dans ce sujet, je n'ai aucune fibre sociale. Avec le temps, je suis devenu assez légaliste. Mon grand-père est venu en Belgique comme immigré mais il faisait partie d'un contingent d'italiens, livrés par contrat. S'il n'avait pas voulu descendre dans la mine, on l'aurait remis illico sur le train, comme c'est arrivé à d'autres. Les illégaux aujourd'hui réclament leurs droits mais ne parle jamais de leur devoirs... et leur premier devoir est de respecter la Loi, comme chaque citoyen de ce pays est tenu de le faire. Bref, cela m'énerve. Devins-je réactionnaire ? Il est loin le temps où je cachais un drapeau communiste dans mon portefeuille. Depuis, il est vrai que j'ai appris que les communistes ont fait autant de morts que les nazis. Tous les extrémismes sont mauvais, de droite ou de gauche ; ils se valent. Et je suis devenu légaliste (du moins tant que la loi est votée par des partis démocratiques). Est-ce cela devenir vieux ? Peut-être car être légaliste, cela coupe toutes les utopies. Je ne suis pas pour les frontières ouvertes ; par contre, je suis d'accord avec l'immigration économique, comme au Canada. Ma soeur est partie travailler au Canada comme travailleuse immigrée. Elle y réussit plutôt pas mal. La différence avec nos illégaux est qu'elle n'a pas forcée la porte du pays mais qu'elle y est rentrée sous conditions. Elle a été choisie. Ce système permet de faire plaisir à certains tout en conservant un contrôle et permet de conserver le système de sécurité sociale et à un équilibre de la société. Eh oui, tout occidental que je suis, je tiens à mon confort, à notre sécurité sociale. L'équilibre est fragile. Bref, je pense que je suis de tendance libérale après avoir été, à 16 ans, un communiste de pacotille. C'était la minute politique.

  • L'Italie

    Cela faisait 17 ans que je n'avais mis un pied en Italie. Quand mon père, il y a quelques mois, me dit qu'il allait s'y rendre, je lui proposai de l'y accompagner. Et voilà donc que je reviens d'une semaine là-bas, dans le Nord, dans ce que certains appellent la Californie de l'Italie, le Friul. il faut dire que ce bout de pays est beau, la nature y est généreuse, le paysage est idyllique, calé entre la mer et la montagne suivant le côté d'où l'on tourne la tête. Je dois dire que dans mes petites révoltes adolescentes, j'ai toujours rejeté mes origines. Aujourd'hui, je me dis que j'ai été profondément stupide et je regrette réellement ce trou de 17 ans. La famille qui est restée là-bas nous a accueilli de la manière la plus généreuse qui puisse exister. Durant une semaine, ils se sont coupés en quatre pour nous faire découvrir les meilleures choses de leur bon pays. Notamment la gastronomie et le vin. J'ai pu faire connaissance avec des cousines qui étaient assez petites quand je m'y étais rendu la dernière fois. Je dois dire qu'aujourd'hui, j'avais le coeur serré lorsque j'ai dit au revoir à tout le monde, à ces gens si gentils et généreux. Une chose à remarquer, ils ont tous bien réussi là-bas, soit dans le commerce, soit dans des métiers d'indépendants. Les chiffres du chômage sont à zéro ou quasiment, la société dans son ensemble est plus dynamique, mois d'aide sociale et plus d'initiatives personnelles. Enfin, me revoilà, la tête pleine de souvenirs et le frigo plein de saucissions, jambons de san daniele et bons fromages de là-bas.

    Retour en .be . Ai vu N. quelques minutes. Elle a visiblement rencontré quelqu'un sur rdv.be . Suis content pour elle mais évidemment, cela fait bizarre car elle paraît déjà amoureuse. J'ai pensé beaucoup au sentiment amoureux en Italie. J'ai envie de redevenir amoureux ; je ne peux rester ainsi avec le cardiogramme plat toute ma vie sinon il est clair qu'il faudra me suicider car... il n'y a absolument aucun intérêt à vivre ainsi. L'envie d'être amoureux est revenue donc. L'être est une autre chose. Je suppose que pour que l'on m'aime, il faut d'abord que je m'aime et cela, c'est loin d'être possible actuellement vu mon surpoids crasse. J'ai, au bas mot, 15 à 20 kilos en trop. Il faut qu'ils partent car je commence tout simplement à me détester, d'autant plus que les cheveux continuent de tomber. Tout cela n'est pas bien réjouissant même si l'espoir d'être amoureux et de redevenir vivant est là à nouveau. A moi de me démener pour que cela devienne réalité, avant que l'envie de me supprimer ne gagne définitivement la partie. Je balance donc entre l'espoir revenu et le désespoir que tout cela soit impossible, que tout espoir ne soit plus qu'une illusion et que je sois définitivement perdu pour cette vie-ci.