• Emotions

    Hier, avant de m'endormir, mes yeux s'emplirent de larmes. Je ne sais pas pourquoi. La soirée avait été bonne pourtant. Quelques bons verres de vins chez un ami, une soirée tranquille dans mon village d'origine. Un bon petit whiskey écossais pour terminer, que du bonheur normalement. Pourtant non, le moment de l'endormissement, les minutes avant de plonger dans l'inconnu du sommeil, furent douloureuses. J'ai encore en moi une tristesse indicible, qui je ne sais d'où ou plutôt, qui vient de loin, de tous ces échecs, ses plaies courtes ou béantes qui jalonnent, tel des coups d'éperons, ma courte vie. Je reçois mes amis ce week-end. Comme d'habitude, je ferai du mieux que je peux car j'aime que tout soit parfait et qu'ils retournent chez eux le plus contents possible. Lieu commun que j'écris ici me semble-t-il. Mon dieu, l'album des Girls in Hawaï est d'une douceur incroyable... Je le conseille à quiconque qui lit ceci. Bon il est temps de monter et de coucher mon corps dans les draps froids pour le plonger dans le sommeil, en espérant que tout ceci se passe mieux qu'hier.

  • Elan vital

    Il y a quelques jours, N. me parlait de ce concept médical. Elle me disait, d'après ce que je lui décrivais, que je manquais de l'élan vital. Ces deux mots trottent dans ma tête depuis que j'ai appris leur existence. C'est vrai que je manque un peu de cet élan vital. Dimanche par exemple, je me suis levé à 14h. Pas parce que j'étais fatigué mais simplement parce que je n'avais pas envie de me lever. Et ainsi vogue la galère en ce moment, sans trop d'allant. L'envie de reconstruire quelque chose avec quelqu'une n'est toujours pas là. Peut-être d'ailleurs cela ne reviendra plus jamais même si j'espère bien le contraire. Espoir purement intellectuel et qui n'est fondé sur rien de concret. Enfin, tout pourrait aller mal et cette situation est mieux que celle de beaucoup d'autres. Attendons.

  • Happy bloody Valentine

    14 février seul à nouveau. Bizarre. Je ne suis pas désespéré comme quand j'avais vingt ans. Promenade dans la ville ce soir. Beaucoup de couples qui se tiennent par la main... sinon, à part eux, la ville est étrangement vide... Tout est calme hormis deux trois fangios sur le boulevard. C'est peut-être grave que je ne sois pas désespéré, que je n'ai envie de rencontrer personne, que je m'en foute de tout ou presque. Je ne sais pas. Je suis calme à l'intérieur, d'un calme troublant.

    Un petit Cure là-dessus, la face b du maxi de "Charlotte sometimes" : "Faith" en live, dix minutes vingt-quatre secondes de bonheur... ou plutôt de douce mélancolie, ligne mélodique jouée sur une basse fender à six cordes, sonorité unique. J'ai toujours de picotements dans le dos quand j'écoute cette chanson. Vibrations intérieures. Tout est si parfait. Nothing left but hope... hautement optimiste finalement... Tout fout le camp sauf l'espoir... même s'il s'agit de quelque chose de hautement virtuel, l'espoir ! I went away alone with nothing left but Faith... La basse a six cordes a un son incroyable ! Elle contraste avec les paroles moyennement optimistes de la chanson car elle n'est que tristesse et tiraillements, voire violence, laquelle violence est visiblement larmoyante, suppliante, implorante... Cette basse crie au secours... elle cherche un second souffle. La fin est plus apaisée, comme si une certaine tranquillité était de retour. Cure est décidément LE groupe anglais du XXe siècle, d'une poésie immense. Guitares et basses à l'unisson pour traduire toute la tristesse du monde, chaque note vibrant comme une larme, chaque mélodie taillée dans les limbes du chagrin.

  • Auberge espagnole

    Je reviens de Barcelone. Cinq jours de franche camaraderie, de restaurants et de fêtes quotidiennes et de visites. Ville dont l'empreinte quasi unique est celle de Gaudi, génie architecte, artiste organique voire orgasmique.

    Recul malgré tout par rapport à ces city-trips en avion low cost. Il est sûr que le XXIe siècle sera profondément marqué par cette manie de prendre l'avion comme on prend le bus. L'augmentation de ces vols ne fera qu'aggraver le réchauffement de la planète, à coup sûr. J'utilise ces vols et je suis donc également coupable comme tant d'entre nous. La différence est que je n'ai aucune descendance et que donc, je ne parviens pas me sentir très impliqué dans cette lutte, même si j'essaie, avec mes petits moyens, de faire de l'écologie pragmatique dans ma vie quotidienne.

    Autre sujet, autre moeurs. Je vois souvent N. ces moments-ci. On se fait des petites soûpers ou des des soirées télé. C'est facile, elle habite vraiment tout près. Je n'ai plus aucun désir pour elle, je ne suis jamais mal à l'aise. C'est comme une meilleure amie. Je ne sais pas si tout cela est normal mais je suis heureux que cela se passe comme cela.

    Une dernière chose à dire ici... depuis quatre semaines, je prends de légers anti-dépresseurs. Cela m'a sorti du fond du trou vers lequel je glissais. Même si je reste totalement conscient que cela reste un adjuvant artificiel et chimique, je pense qu'il le fallait. N. me l'avait fortement conseillé et je fais confiance à ses talents de médecin. Elle était la mieux placée pour voir que je glissais. Cela va donc un peu mieux, moins d'idées noires... mais ce n'est pas la grande joie non plus. Sur une échelle de plus et de moins, je dois être à zéro. Ligne plate, sans relief. Je ne sais toujours pas où je vais, cela est sûr, mais j'y vais plus sereinement. Laissons au futur le choix de me surprendre.