• Rencontre impromptue

    Ce soir, alors que je me rendais à pied chez une amie de rétho, M., qui m'avait invité à une soirée retrouvailles, j'ai rencontré N., bras dessus, bras dessous, avec son nouveau petit ami. J'avais beau m'y être préparé car je savais que cela devait hypothétiquement arriver un jour, cela fut assez bizarre. D'abord, elle le tenait comme elle ne m'avait quasi jamais tenu, cad très très proche avec son bras autour de son cou. Ensuite, le voir de visu ainsi, sans être préparé, c'était tout de même un peu too much.

    Je dois dire que je suis assez étonné que N. puisse passer aussi vite à autre chose. Je dois aussi dire que je suis content qu'elle y parvienne car cela me donne de l'espoir pour moi-même et qu'en outre, je suis simplement content de la voir un peu heureuse. Elle le mérite. Je veux aussi ajouter que tout cela me renvoie à ma propre incapacité actuelle à tenter quoi que ce soit avec qui que ce soit.

    Cette soirée chez M. fut très bonne. M. est une fille géniale dont j'ai déjà parlé ici. A l'époque, j'avais joué un rôle important je crois, dans sa rencontre avec le garçon avec qui elle a passé 15 ans et avec qui elle a eu une fille. Aujourd'hui séparée, elle croque dans la vie et peut être un exemple de séparation réussie ; il faut dire aussi que tout lui sourit et qu'elle a un charme fout et une intelligence qui lui permettent de choisir ses partenaires au gré de ses envies. Chez elle, un couple d'amis qui s'était également formé à cette époque-là, toujours vers nos 15 ans donc. Ils sont toujours ensemble, la tête pleine de projets, avec trois beaux enfants sages. Que demande le peuple ? Rien d'autre. Une famille idéale de plus sur terre.

    Il me reste à gravir les marches jusqu'à mon lit et à m'enfoncer dans le sommeil pour essayer d'oublier l'être que je suis et ne pas penser à celui que je ne suis pas ; que j'aimerais être.

  • Opération

    Ce matin, j'allais chez un chirurgien pour programmer une petite opération au genou. Trois mois pour avoir ce rendez-vous chez ce docteur dont N. m'avait dit que c'était le meilleur ! Et huit mois pour l'opération ! Il n'est pas temps de trop souffir vu les délais. Avant, N. m'avait toujours dit de glisser que ma petite amie était médecin, ainsi, selon elle, ils faisaient plus attention lors de l'opération. Ici plus de N. Je suis seul face au corps médical, comme tout le monde. C'était rassurant en tous cas, cela ne l'est plus.

    Petite visite à Seraing donc où recevait ce docteur... un autre monde. Cela pourrait paraître comme du racisme social mais quelle ville tout de même. Dès l'entrée dans la ville, il est temps d'activer la fonction filtre de la voiture car cela pue, ces vieilles industries hyper polluantes sont toujours à l'oeuvre. Puis il est intéressant de regarder les gens dans les rues. C'est fou le nombre d'hommes en survêtement de sports, training et autres, chaussés de souliers, molières ou que sais-je d'improbable. Très dépaysant en tous cas.

    Hier et avant-hier, j'ai vu N. Avant-hier, nous avons passé l'après-midi ensemble et joué à un jeu de société. Elle m'a battu, en cela, rien n'a changé. Puis je lui ai fait ma célèbre sauce de spaghetti bolognaise. Ce fut agréable de la revoir, on s'entend toujours très bien, on se comprend rapidement et on a toujours des choses à se dire. Chaque fois presque, elle me demande si je n'ai pas changé d'avis sur notre rupture. C'est toujours un peu brusque et je lui réponds toujours la même chose cad non, je n'ai pas changé d'avis et elle non plus d'ailleurs. C'est bien comme cela. Même si tout le reste est difficile à gérer en ce moment. Toujours cette tristesse qui colle aux basques et l'impression de solitude. C'est une foutue période pour les célibataires en ce moment. Il fait noir, les gens, les amis sont cloîtrés dans leur famille, avec leurs jeunes enfants, les amis ne sont pas disponibles. Moi j'ai du temps à ne savoir qu'en faire... Des après-midi comme celle passée avec N. me font du bien, coupent un peu dans le vif de la solitude. J'ai remarqué que je me trouvais exactement dans le même état d'esprit qu'il y a trois ans, juste avant de rencontrer N. Ce fut une période pénible durant laquelle je tournais en rond comme un chien en cage. Cette fois-ci, je ne rencontrerai personne le 2 janvier car je ne le cherche pas voire, je ne le veux pas. Il y a trois ans , je surfais en même temps sur rendez-vous.be et meetic.be. Aujourd'hui, je ne suis plus armé pour cela... cette foire aux bestiaux humains me dégoûtent et je n'ai pas la force de me vendre, de m'exposer tel le poulet appétissant dans la vitrine. Je suis plutôt un bout d'abat, au fond de la boucherie...reservé à la clientèle canine. Bon, plutôt que de m'enfoncer plus loin dans la noirceur qui couvre progressivement la ville, je m'en vais cuisiner mon poulet bio.

  • Vivre seul, c'est.

    Vivre seul, c'est traîner jusqu'à 3h du matin devant des programmes idoines, c'est se lever à 15h et déjeûner avec des tartines au fromage trempées dans du velouté tomates de chez Aldi, c'est mettre cette soupe Aldi trois jours d'affilée dans le même bol et faire ses tartines avec le même couteau, c'est ne plus voir le désordre dans la maison, c'est laisser traîner la vaisselle pendant deux semaines, c'est regarder la télévision en mangeant, c'est pleurer devant son ordinateur sans savoir très bien pourquoi, c'est penser au passé d'un point de vue toujours nostalgique, c'est désirer ce que les autres ont, c'est désirer que les autres sont, c'est convoiter la femme d'un voisin ou peut-être même pas, c'est ne pas parler, c'est toujours penser, c'est une vie avec des objets et non des êtres, c'est faire de la musique son meilleur ami, c'est faire du silence son meilleur ennemi, c'est regarder sans cesse sa station météo sans savoir pourquoi car la météo n'a plus aucune sorte d'importance, c'est regarder les cours de la bourse pour passer le temps, c'est écrire sur son blog pour se plaindre de sa solitude tout en restant paralysé, c'est chercher des objectifs sans avoir le moindre courage ne fusse que de bouger la main pour ramasser un objet qui est tombé, c'est se demander comment les autres personnes seules font pour vivre, c'est ne pas mettre de sapin chez soi à Noël parce que de toutes façons plus rien n'émeut et que la fête, cela ne se vit pas tout seul, c'est manger du chocolat devant la télévision car c'est plein de bons anti-dépresseurs, c'est ne pas avoir la force de ramasser les feuilles dans sa cour, c'est laisser tout le courrier traîner sans le lire et l'ouvrir au bout d'une lune quand on s'ennuie vraiment, c'est télécharger l'intégrale de Pink Floyd et de se la passer en boucle pour nourrir sa tristesse, c'est considérer Robert Smith comme le messie qui sauvera peut-être le monde, c'est s'accrocher aux amis car ils sont la seule source viables de contacts humains disponibles, c'est pleurer à la fin des films et même des comédies qui finissent bien, , c'est relire les Fleurs du mal de Baudelaire, en silence, en savourant chaque vers, c'est penser à ceux que l'on a connu et qui sont partis en se demandant pourquoi la mort en choisit certains et d'autres pas, c'est ne rien foutre de son temps, c'est tout le temps se demander pourquoi l'on est sur terre... C'est parfois bien, c'est souvent déprimant.

  • Cellier

    Il est temps de descendre au cellier pour choisir le vin du réveillon. Il est temps de faire le bilan sur cette année passée et essayer de comprendre ce qu'il m'est arrivé. Il est temps de se demander de quoi les prochaines années doivent être faites. Savoir où je dois aller, retrouver de l'espoir, fixer des objectifs. Cesser de diluer ma vie dans la fête, l'alcool, les ambiances enfumées des cafés et avoir envie d'être amoureux. Devenir quelqu'un. De bien. Ou de mieux. En attendant, descendre au cellier.

  • Je suis triste donc je suis.

    A une vitesse démentielle, le train filait tout à l'heure à travers le noir complet. Tout à coup, dans l'ipod, une chanson sortie de nulle part, une chanson de The Modern Lovers, un vieux groupe dont je ne connais rien mais dont j'ai entendu ou lu de bons commentaires... ou plutôt une phrase de chanson qui jaillit et touche directement mon cerveau, remettant en cause les théories fumeuses échaffaudées dans le post précédent. Il s'agissait en substance de dire qu'à travers la tristesse, on se sent exister. En ce moment, j'ai beaucoup de tristesse en moi et je ne sais pas exactement d'où elle sort. Les larmes viennent seules aux yeux, comme cela, d'un coup. Si je dois suivre la théorie des Modern Lovers, j'existe par cette tristesse, je ne suis pas vide, j'existe ! Elle me donne de l'épaisseur cette tristesse, je lui dois cela, je ne suis pas vide ! Je suis empli de larmes !

    Pour l'instant, je bois un Bourgogne vieilles vignes 2004 dans un verre Spiegelau, un énorme ballon dédié à la dégustation des Bourgognes. Ce vin est majestueux, délicieux et s'accorde parfaitement à la musique des Modern Lovers... comme expliquer cela ? Certains accords sont divins et aucune explication sensée n'est possible. Ce vin colle à ce groupe... Le vin a une parfaite trame, des arômes purs et droits, une longueur diabolique... Une merveille de l'intelligence vigneronne. Il en est émouvant. Millésime 2004. Que faisais-je en 2004 ? Ma mère se débattait avec son cancer et moi, avec mes démons. Une année où je fus assez malheureux si je me souviens bien car C. m'avait quitté. Malgré cela, ce vigneron bourgignon a élaboré un vin parfait, loin de la fureur du monde et des petits malheurs personnels. Aujourd'hui ce vin est toujours là, d'autres nous ont quitté. Le vin est la mémoire du monde.

  • Laisser une trace

    Ici, il ne s'agit pas de se plaindre mais de constater.

    Constater que pour l'instant, je ne sais plus très bien pourquoi je suis sur terre... ou pour quoi. Errer sans but, je me demande si nous sommes beaucoup dans ce cas, dans une espèce de vie totalement infertile et inutile pour la société.

    Infertile. Il y a bien longtemps, je me disais que mes livres, mon savoir, je le transmettrais... Une fois ma stérilité découverte, ma vision s'était restreinte mais je n'avais pas abandonné l'idée d'adopter ou du moins de m'occuper d'enfants et ainsi de transmettre le peu que je pouvais. Aujourd'hui, l'envie n'est plus là. Plus aucune envie n'est là d'ailleurs... Juste se laisser bercer par la douce voix de Silje Nes et de son magnifique album Ames Room... Laisser résonner dans la nuit ses petites parties de flûtes et de xylophones matinées de guitares satinées, ses voix câlines à peine chuchotées qui furent élaborées dans ce qu'elle appelle son laboratoire d'expérimentation.

    Inutile. Je pense peut-être trop à la société. Je suis bien conscient que je ne lui apporte rien ou pas grand-chose et que, peut-être plus grave, je n'ai pas le désir de changer. D'un autre point de vue, je ne suis pas non plus un poids pour elle. De l'échange et du non-échange, il en ressort une neutralité crasse. Je passe comme un fantôme dans cette société, sans laisser de traces. Anonyme parmi les anonymes, je suis comme une limace mais sans bave. Aucune trace ne restera de mon passage sur terre. J'aurai fait le bien autour de moi, certes, dans le petit cercle restreint de ma famille et de mes amis. C'est déjà pas mal ! Et je n'aurai pas fait de tort, c'est pas mal aussi ! Est-ce suffisant ? Quand je vois certaines personnes se réaliser dans de grandes actions humanitaires ou autres, je ne peux que les admirer. Je ne trouverai pas la force d'en faire autant, surtout maintenant.

    Depuis quelques jours, je me demande ce que j'ai raté, dans ma vie, pour ne pas être comme les autres. Comme les autres ? C'est-à-dire comme la plupart des autres gens de mon âge que je rencontre ces moments-ci, par hasard, dans des soirées ou sur des marchés de Noël ? Ceux-là ont une famille, une maison, des enfants... Ils vont laisser des traces. Peut-être ne sont-ils pas parfaitement heureux mais eux, laisseront des traces dans un monde qu'ils n'auront pas modelé mais qu'ils auront légèrement marqué. Je cherche dans mon passé ce qui m'a amené à rater cela, à passer tout à fait à côté. Peut-être cet échec à 16 ans et à 19 ans avec une certaine Caroline... J'en ai bavé avec elle, j'ai perdu ma confiance en moi, pour beaucoup d'années qui ont suivi ; elle avait détruit des choses au fond de moi, quelque chose que j'ai partiellement récupéré mais tout n'est pas revenu. Peut-être avait-elle réussi à briser tout ce qui était de l'ordre de l'espoir... Peut-être que j'aimerais qu'elle frappe maintenant à ma porte et lui demander pourquoi elle m'avait tant fait souffrir. Parfois, les conneries d'histoires adolescentes peuvent marquer plus que l'on ne le croit. Quoi qu'il en soit, j'ai dû rater quelque chose sinon je serais comme les autres...dans cet idéal bourgeois tellement définissable et convenu qu'à y penser un peu trop, il en deviendrait abject.

    Hier, j'ai regardé An inconvenient truth d'Al Gore. Quand on voit cela, on en deviendrait même content de ne pas avoir d'enfants tellement l'avenir de la Terre, à moyen terme, semble s'assombrir. La fin de ce documentaire tente d'être optimiste, disant que les hommes ont toujours relevé les défis et que celui-là doit être relevé et blablabla. La différence est que le monde devient assez fou en ce moment, plus rien ne tourne rond car les hommes ont de moins en moins de valeurs communes et morales. Je fais d'ailleurs partie de ces hommes vu que je n'ai plus d'objectifs, ni de valeurs à défendre et que je me laisse porter par dieu sait quelle vague de confort égoïste et de satisfactions immédiates.

    Si je me regarde dans un miroir, je suis transparent.

  • A boire !

    Aujourd'hui, j'ai une furieuse envie d'ouvrir un grand cru ! J'ai essayé d'inviter mon meilleur ami, puis un autre ami... mais bon personne n'est disponible en pleine semaine. Pas question d'ouvrir une bouteille seul car cela, c'est de l'alcoolisme... Le drame du "riche" occidental célibataire : ne pas savoir avec qui boire ses chères bouteilles. Lamentable ! Devoir supplier quelqu'un de venir boire une bouteille à 25€, absurde n'est-il pas ? Peut-être devrais-je aller proposer cela à mon vieux voisin handicapé mental et pervers ? En voilà une bonne idée. Bon, je vais plutôt aller faire la vaiselle et penser à une orientation à donner à ma vie...

  • Sucre -Day one

    Aucun problème de sucre a dit le doc, pas de diabète, pas d'intolérance marquée... Retour à la case départ car aujourd'hui, j'ai été pas mal dans le gaz encore. Sachant que ce n'est pas le diabète, il faut avouer que je suis déjà plus détendu. Je vais laisser passer quinze jours et je verrai bien si les symptômes sont toujours là... Peut-être que je somatise alors qu'autre chose m'angoisse ? Il est vrai qu'en ce moment, ma vie n'a aucune direction... Je me laisse vivre sans savoir où je vais... Cela peut durer un temps mais toujours ?

    Ce soir, j'ai été voir Day One qui jouait près de chez moi. Superbe concert... ce type sait chanter, c'est une sorte de rap blanc cool. Je pense que c'est le seul groupe de rap que je puisse écouter ; ils ont un formidable accent anglais et une coolitude remarquable. Dommage que le public était un peu apathique voire je m'en foutiste. Un gros singe tournait le dos durant tout le concert en faisant des blagues oiseuses. Il mérite la mort... enfin bon, c'était vraiment un manque de respect, d'autant que dans cette salle où j'ai déjà joué, les bavardages s'entendent assez fort quand on est là-haut. Day One est un groupe qui a influencé toute une série d'artistes avec leur album Ordinary man. Ils ont fait ce que font les Streets bien avant eux mais le succès n'a pas suivi. Dommage car ils ont une espèce de sincérité émouvante. J'étais content de les voir dans cette petite salle mais un peu triste pour eux que maintenant, ils soient obligés de faire d'aussi petits concerts... Espérons qu'ils redémarrent car, après sept ans d'arrêt, cela n'est pas simple. Bon, il est temps d'aller dormir, journée longue au travail demain !

  • Faire confiance aux médecins

    Demain, je vais faire mon test au sucre. Cela risque de mal se terminer car ce test consiste à avaler rapidement une dose massive de glucose. Or, en ce moment, un simple bout de pain (amidon, sucre lent) me rend complètement malade. Ce fut d'ailleurs un dimanche raté... je n'ai pu sortir, j'étais trop dans le gaz... j'ai dû annuler la Saint-Nicolas chez ma filleule, impossible de prendre la voiture dans cet état. J'ai dû mal à croire que j'ai une intolérance au sucre et pas quelque chose de plus avancé, cad le diabète type 2. Je suis tellement sensible au moindre gramme de sucre que je pense être déjà plus loin. Je prends cela comme une trahison de mon corps, je ne peux plus lui faire confiance.Aux mauvaises sensations dans mes membres s'ajoute une grosse fatigue, je me suis levé après 13h aujourd'hui, 14h hier si je me souviens bien. Ce n'est pas le moment de flancher, j'ai trop de projets importants au boulot... Ainsi, il faut faire confiance aux médecins, qu'il me trouve un foutu traitement, et si possible rapidement.

  •  

    Je ne sais plus quoi faire. Dès que j'avale quelque chose, quoi que ce soit, j'ai l'impression que je vais tomber dans les pommes une heure après, avec les membres qui s'engourdissent et l'impression de ne plus être moi-même. Alors je ne dois plus manger... mais le médecin m'a dit que ce n'était pas la bonne solution. Comment est-ce possible que du jour au lendemain, je sois dans un tel état. J'essaie de comprendre, de chercher des signes précurseurs mais non, rien. Cela me mine terriblement. Hier, mon père m'avait invité au restaurant et je me suis très fort limité. Cela n'a pas suffit, j'étais dans le gaz après. Je suis passé chez N. en revenant. On s'entend toujours très bien et cela me fait toujours plaisir de la voir (je me répète je crois). J'avoue que j'ai essayé d'avoir son avis, en tant que médecin car ceci me tracasse assez fort. C'était un peu déloyal de ma part car quand elle m'avait proposé, après notre rupture, de devenir mon médecin traitant, je lui avais dit que ce n'était pas une bonne idée car si un jour, je revis une histoire d'amour et que j'ai des problèmes médicaux, je la vois mal venir me soigner dans mon nouveau foyer, etc. C'est donc assez minable de ma part, de lui demander maintenant des conseils, alors qu'elle n'a pas tous les paramètres en main. J'aurais en fait voulu qu'elle me rassure, qu'elle m'assène des certitudes ou des explications car je pense que je n'ai pas tout compris quand j'ai été chez mon nouveau médecin traitant. J'ai dû mal à croire que simplement en maigrissant, cette saloperie de mal-être allait me quitter. Ce poids, je l'ai depuis quelques mois et je ne peux pas comprendre pourquoi ceci est arrivé d'un coup, sans s'annoncer, et que cela altère ma santé à ce point, aussi fort et d'un coup. Et que plus rien ne soit possible en terme de nourriture, aussi vite et aussi fort. J'ai l'impression que le sang qui coule dans mes veines est maintenant tellement altéré qu'il me ronge de l'intérieur... que tout va se dérégler... Lundi, je vais faire un test au sucre. La médecin m'a dit que je tomberai peut-être dans les pommes... que j'allais me sentir extrêmement mal mais qu'il le fallait pour pouvoir mesurer l'ampleur de cette intolérance au sucre. A mon avis, je dois être fort touché car même quand je mange des aliments presque pas sucrés, je me sens tout de même très mal. Tout cela tombre très mal. Professionnellement, ce n'est pas le moment de flancher, je fais mon stage pour être nommé, je dois écrire un mémoire et en même temps, gérer des tas de nouveaux projets. Et puis, la semaine prochaine, je vais voir M., une sage personne avec qui je correspond depuis des semaines. Or, je ne me sens pas beau, même à l'intérieur, avec ce truc qui me ronge de l'intérieur. Je ne suis plus ce je suis. Je suis tous les temps en quête de signes de mon corps qui disfonctionne. Je sens tout le temps ce corps exister alors que normalement, on ne doit pas sentir cela. Je prends de plus en plus conscience que je suis un être fini (lire au sens mathématique ou philosophique). L'Homme est un être fini mais généralement, il n'en a conscience. Ici, oui. Je pense aussi à ce que ma mère a dû endurer pendant les 5 ans qu'elle a porté en elle son cancer, et les traitements qui détruisaient le mauvais mais aussi le bon en elle. Elle a été beaucoup plus forte que moi, elle arrivait toujours à positiiver. Peut-être devrais-je penser à elle pour faire de même, trouver cette force dans son souvenir, toujours positiver ! J'imagine par exemple le pire, que je ne puisse ne plus jamais boire du vin... J'aurais bien l'air fin. Il faudra faire la balance entre une vie complètement aseptisée et longue et une vie de plaisirs mais courte. J'aimerais ne pas avoir à choisir et trouver un moyen terme, une vie saine mais où quelques plaisirs de bouche peuvent trouver leur place mais sans douleur. C'est là que je retrouve mon pessimisme sous la couche épaisse de vernis qui s'y était déposée ces trois dernières années. Je vois toujours la bouteille à moitié vide, je m'inquiète peut-être pour rien... mais des signes me font dire que cette fois-ci, cela pourrait être sérieux.

    J'ai revendu un accessoire pour guitare sur ebay et lje parlais avec le type qui était venu le chercher. Je lui disais que je ne savais pas si j'allais vendre ma gibson (une très belle guitare). Il m'a dit que c'est le genre d'instrument à garder pour ses enfants... Oui évidemment, n'importe qui penserait comme cela sauf moi... j'ai tellement perdu tout espoir à ce propos... que je n'y pense même plus. Il fut un temps, quand je ne connaissais pas ma stérilité, où j'achetais des livres et où je pensais que je serais un jour content que mon enfant les lise. Aujourd'hui, je ne pense plus comme cela. Ma trajectoire est atypique, je ne suis nulle part.

    Voilà, l'effet attendu arrive, il y a une heure, j'ai mangé 80 g de pain gris avec une trache de poulet persillé. Je flotte un peu et mes mains s'endolorissent. Je vais m'arrêter ici pour faire je ne sais quoi.

  • Diagnostic

    Il est tombé, le diagnostic.

    Intolérance au sucre. Trop gros, trop gras, trop sédentaire.

    Soit je fais du sport et je maigris, soit je suis sur la ligne de départ pour un diabète type 2 et toutes les options disponibles qui vont avec.

    Et arrêter le vin, pour un temps. L'oenologie ma passion... que de mauvaises nouvelles. Oui, cela pourrait être plus grave mais tout pourrait toujours être plus grave, sauf le fait de mourir. Des millions crêvent de faim et nous, de trop manger. Rien ne tourne très rond dans ce monde... Il ne me fallait pas cela maintenant. NON, mais on fera avec, comme toujours. Bon, au diable la poésie, allons faire du vélo d'appartement, comme un rat de laboratoire dans sa roue.

  • St Nicolas

    Il fut un temps où je me serais réjouis de la St Nicolas des étudiants, sorte de monstrueuse fête dans la ville où se retrouvent de 5000 à 10 000 étudiants des écoles supérieures et de l'université. Aujourd'hui, j'ai pris congé mais pas pour faire la fête. Depuis une petite semaine, je me sens assez mal, j'ai l'impression que je vais m'évanouir, que la réalité est altérée, que je suis dans le gaz. Je vais donc faire quelques tests médicaux pour voir ce qui ne va pas.C'est fou comme je peux me sentir fragile dans ces moments-là. Mon pessimisme reprend le dessus et je m'imagine les pires choses. En tous cas, il faut que je sois fixé car je ne parviens plus à me concentrer au travail.

    Le corps se fait vieux il me semble et j'ai l'intuition qu'au fil des années, cette enveloppe deviendra un fardeau... destin humain commun, certes. Lieu commun.

    Il y a quinze ans, j'aurais été parmi la foule, sourire aux lèvres, parmi les étudiants ivres. Aujourd'hui, je vais chez un cardiologue. Triste évolution.