• Bloody bloody halloween halloween halloween (à fredonner)

    Aujourd'hui, soirée halloween avec des amis dans un pub irlandais. Toute la journée, je m'en réjouissais et là, petite chute de moral. Voire grosse chute d'ailleurs. Plus tellement envie d'y aller. J'ai pensé à beaucoup de choses aujourd'hui. En vrac, stérilité, ma mère (toussaint oblige), et N. ou plutôt autre chose... peut-être la fin du déni, la prise de conscience de la réalité, ma réalité actuelle. Je n'ai plus qu'à espérer bien m'amuser, faire des rencontres intéressantes mais le moral est bas...

    Enfin j'ai plein d'amis et çà, c'est impayable. Oui, impayable. Happy happy halloween...

  • Achat

    Mon père ayant vendu la maison, toutes mes bouteilles de vin doivent trouver une petite niche pour évoluer en paix. C'est fait, j'ai acheté une gigantesque armoire à vin, la plus grande du marché. Neuve mais acheté à 1/2 prix à quelqu'un qui l'avait gagnée à un concours. Un truc de 2 mètres de haut où l'on peut caser 300 bouteilles. Je pense avoir eu de la chance ; ce qui n'est pas négligeable dans cette période troublée de ma vie. Comme je me plais à me le rappeler, le vin est la seule bonne raison de vieillir... il est une matière vivante hautement génératrice d'émotions... Quand j'ouvre une bouteille ancienne, j'aime à me rappeler ce que je faisais cette année-là et toutes sortes de souvenirs remontent à la surface alors que les arômes enchanteurs se répandent dans l'atmosphère !

    Bon allez, un petit 24 chrono saison 6 et puis dodo.

  • Cuisine et envies

    Voilà quelques temps que je prends pas mal de plaisir à cuisiner. Aujourd'hui, j'ai décidé de ne pas me laisser mourir. Entrée, grosses crevettes curry-paprika flambées au Pastis. Plat : gnocchi gorgonzola-champignons, le tout couvert de gruyère et gratiné au four. Dommage me disais-je que je doive cuisiner pour moi tout seul... mais bon, je ne peux pas toujours inviter des amis, ils ont leur vie aussi...

    En tous cas, cela occupe et le dimanche, c'est important. Jour le plus difficile pour le célibataire, le dimanche est le jour mort par excellence, celui où tous les couples vaquent à leurs occupations familiales. Alors que vais-je faire aujourd'hui ? Je ne sais pas encore. Peut-être une visite chez mon père. Peut-être le rangement des 30 bouteilles de vins achetées à la Foire Cora...

    Je dois avouer que je suis dans un période de perte de sens. Le sens de la vie. Je ne parviens plus à coller un sens à ma vie. Il faudrait le redéfinir, y penser sérieusement mais je suis fatigué, pour une autre fois peut-être. Je vais continuer la navigation à vue, sans but : la seule chose importante est de ne pas rentrer en collision avec des écueils et ne pas couler, définitivement. Il faudra que je me ressource, un jour, que je m'assigne une direction, que je retrouve des envies, pas des envies de faire la cuisine ou écouter de la musique ou boire des bons vins (ces envies sont déjà revenues) mais des envies essentielles comme fonder une famille, un foyer, un couple solide. Pourquoi n'ai-je plus de courage pour reprendre la direction de ma vie ? Beaucoup de lassitude en fait. Peu d'espoir. Dans cet état, je ne rencontrerai personne, je ne brille pas à l'extérieur, je rase les murs de la ville. D'ailleurs, je suis tout à fait incapable de jouer au jeu éternel entre filles et garçons. Je n'en ai pas la force pour l'instant. Retrouverais-je l'envie de faire cela un jour ? Je l'espère bien ; je crois que cela reviendra mais là, c'est à cent lieues de mes préoccupations. Je me suis inscrit à rendez-vous.be mais je n'y vais pas. Cette inscription fut bien trop précipitée. Il est beaucoup trop tôt pour envisager de donner une bonne image de moi. Bon, je m'étale, je m'étale... il est temps de retourner dans la vraie vie. Pousser la porte et aller chercher des croustillons sur la foire qui est à deux pas, me mêler à la foule, à tous ces gens qui en majorité arrivent à vivre sans penser, sans se tordre le cerveau pour savoir quelle doit être la direction de leur vie car cette direction, elle leur semble naturelle. Sortir et manger des croustillons...

  • Divagations

    Juste envie d'écrire, pas grand-chose à raconter ; je vais passer ma soirée seul, devant la TV. Journée d'achat. Six chaises design achetées sur ebay et directement enlevées chez le vendeur. Six belles chaises rouges presque vif qui vont bien dans mon intérieur. Un repérage au Cora pour une armoire à vin. Mon père revendant la maison, j'ai 250 bouteilles à recaser quelque part et il faut que les conditions soient parfaites pour la conservation donc je n'ai pas trop le choix... et çà va coûter un paquet. Hier, j'ai acheté le nouveau modèle d'iPod, j'ai mis le vieux sur ebay, j'ai mis aussi mon lit de célibataire (une place) et je vais mettre une de mes deux guitares mais j'hésite encore. Soit la Fender stratocaster, soit la LesPaul Special. De toutes façons, je ne joue plus avec aucune des deux ; j'ai définitivement adoptée une petite guitare folk au son très chaud et naturel. Je vais vendre un maximum de trucs sur ebay, faire le ménage de tous ces objets inutiles, physiquement et symboliquement.

    Ce soir, courses au supermarché. Les larmes me montent aux yeux ; il faut que je me calme. Je pense à N. Elle doit être en train de rouler vers la Bourgogne, j'imagine la scène, il fait noir et je vois sa voiture filant dans cette obscurité. Elle va chez son frère, où nous étions encore il y a quelques semaines mais ici, elle est livrée à elle-même. Aujourd'hui, elle m'a manqué. Le supermarché, c'est toujours une épreuve pour le nouveau célibataire, une épreuve où la solitude est maximale, surtout lorsque l'on croise des couples qui semblent heureux

    Et pour finir, cette chanson qui me trotte dans la tête depuis hier. Le courage des oiseaux de Dominique A. Elle s'applique parfaitement à l'histoire de N. et moi. Cela me perturbe. J'ai toujours suivi Dominique A, je le connais depuis ses débuts, quand il jouait pour les étudiants de l'université que nous étions, dans des petits cafés de L****. C'est un gars émouvant.

    Dieu que cette histoire finit mal

    On imagine jamais très bien

    Qu'une histoire puisse finir si mal

    Quand elle a commence si bien

    On imagine pourtant très bien

    Voir un jour les raisons d'aimer

    Perdues quelque part dans le temps

    Mille tristesses découlent de l'instant

    Alors, qui sait ce qui nous passe en tête

    Peut être

    Finissons nous par nous lasser

    Si seulement nous avions le courage des oiseaux

    Qui chantent dans le vent glacé

    Tourne ton dos contre mon dos

    Que vois tu je ne te vois plus

    Si c'est ainsi qu'on continue

    Je ne donne pas cher de nos peaux

    Parfois, qui sais ce qui nous passe en tête

    Peut être finissons nous par nous lasser

    Si seulement nous avions le courage des oiseaux

    Qui chantent dans le vent glacé

    Si seulement nous avions le courage des oiseaux

    Qui chantent dans le vent glacé

  • Altruisme

    Hier, j'ai fait tout ce que je pouvais pour rassurer N. Elle a dormi ici comme un petit enfant triste. Elle y arrivera, j'en suis sûr mais il est normal qu'elle ait des gros coups de blues. Dans ces cas-là, je lui avais promis que je l'aiderais toujours. Je tiens cette promesse. C'est la première fois que je ressens vraiment que je suis altruiste, je vois son bonheur avant le mien et j'en tire satisfaction. Il faut dire, à ma décharge, que mes réflexions sur la vie m'aide à ne plus penser à rien. Je reviens à une conception de la vie en tant que vie absurde. Je navigue sans but, à vie. Je ne pense plus à fonder une famille, je ne pense plus aux enfants que je ne pourrai jamais concevoir. Ma stérilité ne m'obsède plus. Je n'espère rien sinon d'être bien. Je profite de chaque petit plaisir de la vie. Aujourd'hui par exemple, soirée chez mon meilleur ami, appelons-le NN. pour ne pas qu'il y ait de confusion... Match d'Anderlecht en UEFA. Enfin, c'est ce que l'on m'a dit. Je n'aime pas le football, je l'ai aimé entre 1978 et 1982, année où le Standard de Liège a triché (ou était-ce en 1986?) ; cela m'a dégoûté à tout jamais du foot. Grand bien me fasse. Mais voilà, me retrouver chez NN. entouré de trois autres amis, chopes à la main, cela m'a fait du bien. Plaisir simple, presqu'un abrutissement salvateur mais je n'aime toujours pas le foot. Une grande qualité aux yeux de beaucoup :-)

    Sinon beaucoup de pensées mais il est un peu tard pour les développer. Un cerveau qui fourmille, malgré la lune bien haute. Aujourd'hui, beaucoup de stress au boulot. J'ai dû répondre à une horde de syndicalistes excités par l'une de mes décisions. Pourtant celle-ci était juste, basée sur la réglementation. Parfois, je me demande s'ils sont là uniquement pour nous pousser à bout. Je suis quelqu'un de juste et je ne supporte pas la mauvaise foi, leur mauvaise foi. J'ai failli péter un plomb, j'avais vraiment envie de les insulter mais je me suis bien entendu retenu, tout en étant le plus sec possible (toutes les discussions se faisaient par mail, moi contre plein de syndicalistes car ma chef était en congé). C'est vrai que où je travaille, je suis au Service du personnel et je représente l'autorité du Directeur général dans ces matières. Parfois les décisions sont difficiles à prendre mais j'essaie d'être le plus juste possible. Quand on traite mon service de gestapo, j'ai juste envie de prendre une grande batte et d'aller en donner quelques coups... mais je reste bien poli et lisse... Tout cela pour dire que quand j'ai vu ce que faisait les syndicats dans mon organisation, les combats qu'ils défendaient, je me suis immédiatement désyndiqué. Oui, j'avais pris ma carte quand je travaillais dans l'enseignement.

    Autre sujet, plus court car il se fait taaaard... J'ai découvert un blog très émouvant, je vous le conseille. Le lien se trouve en bas à gauche de ma page. Les tribulations de M., qui me rappellent étrangement les miennes. On croit être seul à vivre des moments difficiles et l'on peut croire que notre situation est unique mais non, quelque part, dans une autre ville, dans un autre quartier, quelqu'un souffre de la même chose ou a souffert, et il raconte les mêmes choses que vous, parfois autrement, chacun son style, mais l'émotion submerge dans tous les cas. Les êtres, dans leurs invidualités, vivent isolément les mêmes drames, les mêmes déceptions, les mêmes déchirements. Les êtres faits de chair passent dans les affres de l'Amour, se débattent, étouffent, sombrent, les corps mouillés de larmes ; leurs corps sont maltraités par l'Amour qui disparaît et ils ne comprennent pourquoi. Ils sont mutilés, incomplets, meurtris et cherchent une issue, un souffle qui leur permettra de sortir la tête de l'eau, d'entrevoir ce que peut être le bonheur pur et ils espèrent, toujours rencontrer l'Autre, celui dans lequel ils verront leur vie défiler et avec lesquels ils seront certains de toucher l'INFINI. Ils sont dans le fini, dans le monde réaliste et cherche l'Utopie, l'Utopie de l'être qui les fera chavirer définitivement ; pourtant, peut-être celui-là , n'existe pas.

    Chanson du soir : Dominique A : le Courage des oiseaux.

  • Plongée brutale, conséquence de notre inconséquence

    N. m'a envoyé un message, hier soir. Quelque chose de déchirant. Elle me dit qu'elle a compris maintenant que c'est bel et bien fini et que l'on doit prendre nos distances même si dire tout cela lui coûte terriblement écrit-elle. Elle me demande si j'ai une autre solution, elle aimerait que j'en aie une et me dit qu'elle ferait tout pour y croire. Je viens de lui répondre... Je n'ai pas d'autre solution, tout ce qu'elle dit est vrai, il faut que nous coupions les ponts car maintenant, nous sommes dans le déni. Se voir le week-end comme nous le faisons, coucher ensemble en amis comme nous disons, tout cela est plus que nocif. Je suis perdu. Je ne fais que pleurer depuis que je lui ai envoyé ma réponse. Elle veut maintenant venir me voir une dernière fois a-t-elle dit. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, c'est déjà tellement difficile... mais je n'ai pas pu lui dire non. Je souffre au plus profond de moi-même. Une tristesse indicible m'envahit. Je ne comprends plus. A minuit, elle m'envoie un message pour me dire que l'on doit prendre nos distances et maintenant, elle veut venir ici. Il faut que l'on s'accorde sur le mode à vivre. Sinon, sinon, sinon. On va devenir fous ?

    Je plonge, je plonge...

  • Intoxication alimentaire & deuil d'adolescence

    Rien de grave, non. Juste un WE gâché par une intoxication alimentaire... L'occasion de revoir mon médecin préféré pour quelques conseils. N.

    Nous nous sommes donc revus ce WE. Elle s'est bien occupée de moi ; elle m'a soigné ; elle m'a cuisiné des petits plats sans graisse ; elle m'a pris dans ses bras. Nous avons beaucoup de tendresse l'un pour l'autre ; nous nous aimons d'une espèce d'amour-amitié, quelque chose de tout à fait bizarre que je n'ai jamais connu. Je ne suis pas du tout sûr qu'il soit très sain que nous nous revoyions ainsi. Vu que tout cela est nouveau, je ne peux faire des projections sur le futur. Ce que je sais, c'est que quand l'un de nous deux rencontrera quelqu'un, tout cela ne sera plus possible et cela risque de faire de la peine à l'autre. La question est : est-ce possible de maintenir une amitié avec son ex tout en vivant l'amour avec quelqu'un d'autre. Je ne sais pas mais je l'espère. Peut-être aussi n'aurais-je plus envie de cette amitié car mon nouvel amour effacera tout ? Je ne le sais pas non plus.

    Autre sujet, autre lieu. Mon père qui avait mis la maison familiale en vente il y a quelques mois, a un acheteur. C'est la maison où j'ai vécu mon adolescence, mes années d'université... Il s'agit là d'une espèce de deuil à nouveau. Le premier deuil fut la vente de la maison où j'avais vécu toute mon enfance et une partie de mon adolescence. A sa vente, ce fut une perte de répères, de toutes ces petites choses qui font une vie, la forme des portes, le lissé des briques, l'odeur des caves, la granulation des sols... Un second deuil, bien plus profond celui-là, fut le décès de ma mère. Là, une partie de moi-même a disparu dans l'abîme de la mort. Tous les souvenirs d'enfance ou plutôt les sensations de tout ce qui était maternel disparaissaient. Quand cela est arrivé, je me suis accroché aux souvenirs d'elle mais il n'y a rien à faire, tout cela disparaît petit à petit et ce sont des souvenirs vagues qui restent ; on s'en veut d'oublier mais c'est ainsi, le temps efface. La vente de cette maison sera à nouveau une sorte de mini-deuil de tout ce qui me raccrochait encore à l'existence vécue avec mes parents. Dans quelques semaines, toutes ces odeurs et ses atmosphères seront converties en une grosse somme d'argent, dont d'ailleurs je toucherai une partie importante. Peut-être devrai-je m'acheter un appartement ? Je ne sais pas encore si je doit attendre l'élue de mon coeur pour acheter une maison ou avancer et acheter un appartement pour y vivre seul. Tant de questions engendrées par ma nouvelle situation... ou m'acheter le nouveau modèle MINI ? ou la montre tant convoitée ? des grands crus :-) Je dois voir ce que je vais faire de cet argent... C'est terrible, toutes ces questions de nanti d'occidental... lamentable vraiment... alors que tant de misère est au-dehors. Pourtant, je ne me sens pas l'âme d'un missionnaire, je reste terriblement terre-à-terre par rapport à tout cela. Bon, j'arrête de divaguer.

  • Week-end enzovoort

    Week-end plus riche que prévu finalement. Vendredi, soirée avec M. alias ma seconde mère. Cela faisait longtemps que l'on ne s'était pas revus tous les deux. Quel plaisir de la revoir ; on s'est vraiment bien amusés et les conversations sont toujours passionnantes avec elle. Surtout que côté amour, elle en connaît un rayon. Séparée après 12 ans de mariage et quelques enfants, elle s'est remise en couple avec l'un de nos amis qui a le même parcours. Bref, nous nous sommes quitté à 3h30' du matin en se promettant de remettre çà dans un futur pas trop lointain. Elle est la seule qui connaît ce blog parmi mon entourage.

    Samedi, achats de grands crus à la foire des vins chez Cora. Je n'ai pas regardé à la dépense. Une chose est sûre, la fille que je rencontrerai dans le futur, boira de grands vins... Je dépense mon argent sans me soucier du lendemain, comme si je n'avais pas d'avenir. Je n'ai plus du tout l'envie d'économiser le moindre euro. Profitons ; profitons car on ne sait pas de quoi sera fait l'avenir. Je me rends bien compte qu'il ne s'agit pas du tout d'une attitude correcte pour quelqu'un de 35 ans.

    Samedi soir, j'ai vu N. Nous avons passé la nuit chez elle. Je suis rassuré de voir qu'elle va bien, qu'elle se débrouille dans son appartement et qu'elle n'est pas abattue. Au contraire, N. ce samedi était belle. Elle avait minci et son petit air mutin la faisait rayonner. Il faut dire que sur la fin, elle ne faisait plus attention à elle, toute entière embarquée dans son mal-être (comme moi d'ailleurs). Elle est aussi plus belle car elle va bien ! Nous avons longuement parlé puis nous avons dormi ensemble ; il n'y avait pas d'amour amour mais une espèce d'amour-amitié, quelque chose de bienveillant et d'extrêmement agréable, d'apaisé... Le lendemain, je suis reparti au petit matin, l'âme en paix en pensant que N. trouvera son bonheur car elle est sur le bon chemin.

    Dimanche, visite familiale ; week-end terminé, trop rapidement. Finalement, en ce moment, je ne suis pas si mal seul, je me retrouve, je revois des gens, je me permets des bouffées d'espoir.

  • La faille

    La faille est de retour, elle s'insinue dans mon esprit. Voilà quelques jours que je ressens cela, surtout le matin et à certains moments de la journée. Un mal-être inexplicable, dans ces instants-là, m'envahit. Quand je suis au bureau et que cela arrive, j'ai juste envie de partir, dire que je suis malade. Je me pose beaucoup de questions par rapport à une éventuelle dépression. Est-ce cela ? Je n'ai jamais eu un tel ressenti et je n'ai jamais pensé que je pourrais faire une dépression. Ce n'est peut-être pas du tout cela mais ce que je ressens est inédit dans ma vie.

    Sinon, les jours se suivent ; j'essaie de passer beaucoup de temps au travail et mes activités en dehors sont très limitées ; elles se résument au strict minimum social ; j'ai peu d'envies. Cette maison joue le rôle de rempart, loin de la bourdonnnante ville et de tous les gens. Je vis une existence solitaire, fade et protégée. Et le silence. Toujours présent, toujours pesant, enveloppant, angoissant.

  • L'au-dehors

    La lumière faiblarde au-dehors frémit comme à travers un crystal légèrement opaque. Cette lumière provient de l'immeuble principal car ma maison est indépendante, au fond de la cour. Derrière les vitres, ces maigres lueurs indiquent qu'une vie est là. Des couples, mes voisins, vaquent à leurs occupations, loin de la rumeur de la ville. Ils sont dans leur nid, protégés, et vivent leur histoire, vivent dans leur monde à eux, un monde qu'ils recréent chaque jour et qui n'appartient qu'à eux. Ils se promettent d'innombrables et d'improbables avenirs, l'amour dans les yeux et le coeur palpitant. J'ai eu tout cela mais tout est parti. Je ne suis plus qu'un et un seul individu, isolé dans ce silence, drapé dans cette absence totale de sons, si ce n'est le léger bourdonnement du frigo qui rythme mes pensées. Même ce foutu imac est silencieux vu l'incroyable technologie actuelle. Même plus un ventilateur. J'aimerais au moins pleurer mais je n'ai point de peine. J'aimerais au moins crier mais je n'ai plus de colère. Ma vacuité me désespère.

    La pluie bat le pavé et la cour est immobile ; les cavadres de mon passé y jonchent le sol. Je dois les enjamber pour parvenir à m'extirper de mon actuelle torpeur, celle qui m'immobilise et me paralyse. Enjamber les cadavres de mon passé et vivre une nouvelle vie. La choisir d'abord. Les pensées s'entrechoquent dans mon cerveau ankylosé, je me sens prisonnier de quelque chose, d'une peur de ne pas y arriver, l'anxiété me gagne et va m'empêcher de dormir, comme souvent ces moments-ci. L'au-dehors est noir, l'en-dedans aussi. Les noirceurs envahissent tout. Je ne sais combien de temps tout ceci va durer. Peut-être toujours. Peut-être juste cette nuit. Combien de gens peuvent-ils dire qu'ils ont réussi leur vie et regarder leur passé avec fierté et envie ? Pour l'instant, quand je me retourne, je ne vois plus que du vide, rien dont je suis fier vu que tout fut échec. Je pense à N. dans son appartement, j'espère qu'elle va bien et qu'elle trouvera l'homme que je ne fus pas. Quant à moi, un jour après l'autre comme disait ma mère avant de mourir... Un jour après l'autre comme quelqu'un sans avenir. Vivre comme un condamné à mort, voilà un destin peu commun, ne plus avoir de projets si ce n'est pour le week-end prochain, juste pour planifier des choses à vivre pour éviter l'ennui, voilà à quoi je suis réduit. Il faudra pourtant faire semblant, faire bonne mesure, avoir l'air heureux, faire semblant même pour soi-même d'avoir un futur mais il y a longtemps que je n'y crois plus. Perte de sens, perte d'un absolu qui n'est plus, perte de tout espoir et de tout désespoir. Seul le vide est là. Même les bruits de la foire se sont tus, les badauds humides et leurs sourires niais se sont envolés ; la rue est vide comme mon esprit et mon coeur ; mais où est donc ce foutu bonheur ?

  • Illusion

    Je ne vais pas effacer le post d'hier mais il est clair que tout cela est une illusion. Ce n'est pas parce que j'ai revu N. et que je l'ai trouvée belle que je vais retomber amoureux d'elle. On n'efface pas des mois de doutes ainsi. Si l'amour doit venir du coeur et qu'il a disparu du mien, je peux raisonnablement envisager que cela ne reviendra pas ainsi.

    Belle journée aujourd'hui, la foire d'octobre s'est installée dans la ville et les badauds se déversent, sourire aux lèvres, des autobus provenant du centre-ville. Barbapapas, escargots à l'ail et croustillons au menu. J'aimerais que mon esprit se dissolve dans cette belle ferveur populaire et qu'il vibre à l'unisson avec le chaland qui, émerveillé par les lumières multicolores des roues géantes, des montagnes russes et des pêches aux canards, oubliera pendant quelques instants fugaces les problèmes engendrés par l'existence humaine sur une terre qui ne tourne plus très rond.

  • Retour du passé

    Vendredi, j'ai vu N. A 2h du matin, elle m'a envoyé un sms, une bouteille de lâcheté à la mer comme elle a commenté elle-même. Vu que j'étais en ville à ce moment-là. Je lui ai répondu et elle m'a rejoint. J'ai vu N. avec d'autres yeux. Elle avait changé, avait minci assez fort, était joliment maquilée et terriblement jolie. La question est de savoir si c'est vraiment elle qui avait changé ou moi qui la voyait avec d'autres yeux. En tous cas, cela me faisait bien plaisir de la revoir. J'ai l'impression que jamais, je ne pourrai rencontrer quelqu'un avec qui je m'entendais si bien. Et évidemment, les questions sont revenues. Pourquoi ai-je cessé de l'aimer ? Qui pourrait être mieux pour moi que cette fille, jolie, intelligente, marrante, et de surcroît, médecin, une profession qui est pour moi l'une des plus belles qui puisse exister ? Alors qu'est-ce que je recherche dans la vie ? Par quoi sont guidés les sentiments ?

    Une nouvelle crainte poind à l'horizon : retomber amoureux de N. Il ne le faut pas car ce serait non seulement lamentable, mais sans espoir.

  • Inquiétude inédite

    Longtemps j'ai réfléchi avant d'écrire ce post. Les mots tournaient, tournaient dans ma tête depuis mon trajet en train. Et même depuis quelques jours d'ailleurs. Hier fut un pic assez critique dans l'évolution de ce que je vais relater ici. Au départ de N., j'ai ressenti beaucoup de tristesse mais cela s'est estompé progressivement. Depuis quelques jours, je me sens mal mais ce n'est pas comme dans le passé ; en vérité, jamais je n'ai eu cette sensation. Plus de pleurs, pas de manque mais une sensation très désagréable, comme mentale. J'ai l'impression de ne plus être comme j'étais avant, comme si j'avais un problème psychique, quelque chose qui me taraude, qui m'enlève tout espoir, toute joie, toute envie de faire quoi que ce soit, comme un cancer de la pensée qui ronge, ronge. Ce que je ressens est trop subtil pour être traduit en mots. L'indicible, une fois de plus. J'ai juste peur d'être malade, d'avoir atteint la limite nerveuse de ce que je pouvais supporter et de ne jamais redevenir comme avant. Il faut dire que le fait d'être seul depuis dix jours, d'être sans cesse plongé dans mes propres réflexions ne m'aide pas à comprendre ce que je suis en train de vivre.Ne pas redevenir comme avant, comme si cette histoire m'avait marqué au fer rouge, que mon esprit, ma joie de vivre étaient irrémédiablement atteints. Tout ce que j'espère est que je me trompe, que je ne vais pas devenir un dépressif chronique comme toutes ces épaves lobotomisées que je vois au travail.