• Vacuité vitale

    Quand on est seul, le week-end est un moment que l'on n'attend pas car il est synonyme de vide. Samedi, je me suis mêlé à la foule du centre-ville. J'étais atterré par le nombre de gens insignifiants, vulgaires et suspects. Le mauvais goût est en train de gagner du terrain me suis-je dit. Certes, je vois tout en noir en ce moment mais ces gens ne m'inspiraient que du dégoût et être perdu au milieu de cette foule, seul, m'a rendu très nerveux. Enfin, j'étais là car je devais acheter une machine à laver, objet idiot s'il en est mais absolument nécessaire à la survie de l'homo erectus solus. Quand je suis rentré, cela allait vraiment mal, j'avais une boule à l'estomac, je ne pouvais pas dormir. J'ai traîné sur internet jusqu'à 4h du matin. Réveil 12h plus tard, à 16h ce dimanche. Et toujours rien à faire, même pas le ménage car j'ai gardé notre femme de ménage. Je tourne en rond comme un fauve en cage (dorée). Après une petite visite à ma filleule, je me disais en revenant que j'admirais les gens comme ses parents, qui malgré tout, parviennent à vivre en couple. En ce moment, je suis dans une perte totale de sens, je n'ai plus rien qui me fait avancer. Je n'ai plus envie de rien, je me traîne au travail, je me traîne à la maison. Je me traîne. Il faudra que cela cesse rapidement car je ne vois plus du tout l'utilité de vivre et cela, c'est vraiment un mauvais signe.

    Je vais remettre ce blog dans la catégorie "journal intime" et l'enlever de celle de "amour" car il n'y a plus d'amour mais seulement du vide.

  • Réflexions ferroviaires

    Une ligne à grand vitesse, un paysage qui défile sans discontinuer, quoi de plus propice à la réflexion profonde. Aujourd'hui, quelques mails échangés avec N. à propos de quelques soucis pratiques... Derrière ces mots, je voyais les mains de N. qui les tapaient car derrière ces mails, il y a un être humain. Comment va-t-elle ? Je ne sais pas. Le ton du mail était assez formel et je pense que pour la première fois, elle m'a appelé par mon prénom et non par un gentil diminutif. Je ne suis plus son P***** mais bien son P*******. Bon évidemment, écrit ainsi, cela ne parle pas beaucoup mais moi, cela m'a fait un effet très bizarre. Et le paysage défile, défile à 160 km/h. Et je me dis que tout de même, c'est une fameuse page qui se tourne, ma première grande expérience amoureuse car les autres étaient moins forte et aussi plus courte. Jamais je n'aurai cru avoir autant confiance en quelqu'un. De même jamais je n'aurais pensé que je pouvais autant comprendre une femme mais encore, jamais je n'aurais pensé qu'une femme, c'était construit ainsi. Depuis mon adolescence, j'avais mis les femmes sur un pied d'estal ; c'étaient pour moi des espèces d'extraterrestres inatteignables, intouchables, inappréhendables (désolé pour ce néologisme peu élégant). Bref, avec N., j'ai appris que les femmes étaient vraiment comme nous les hommes, même si elles fonctionnaient avec une logique quelque peu différente. Je suppose que cela va me donner un certain regain de confiance pour le futur mais bon, pas pour le moment car je suis à plat. J'ai encore eu des angoisses d'ailleurs, dès que j'ai passsé la porte de mon travail. Cela montait, montait et je me sentais encore bien mal. C'est passé maintenant. Ecrire me fait du bien et même si personne ne me lisait, cela me fait du bien. Donc voilà, aujourd'hui, je me rends compte que la Femme est un être humain. Je pense que c'est le fait d'avoir souvent été largué, quitté, abandonné, qui m'a profondément marqué. Or, je sais maintenant qu'il faut avoir l'air fort, donner un sentiment de sécurité, assurer en un mot car les femmes n'aiment pas la faiblesse, sauf exceptions. Pour avoir l'air fort, il faut s'aimer (quelle banalité) et être bien dans sa peau. Il faut donc que je me refasse une santé mentale, être performant. Enfin, c'est ce que je me disait aujourd'hui dans ce wagon fou, lancé vers l'inconnu et qui symbolise ma vie pour l'instant.

  • Il est temps de se plaindre un peu

    Jusqu'ici, ce fut plus ou moins facile... mais aujourd'hui, vraiment, ce fut un mauvais jour. Au travail, cela s'est bien passé mais une espèce de boule d'angoisse est montée alors que je descendais du train... mais en fait, c'est surtout quand j'ai appris que The Cure venait jouer le 14 mars à Anvers. Là je me suis demandé ce que N. avait dit à propos de ce futur concert ; je ne sais plus si elle voulait tout de même venir avec moi... et puis tout est remonté, encore des larmes aux yeux... et puis je devais aller au GB et tout me paraissait noir et triste. Ces couples dans les allées, cette musique entêtante qui chantait "tout est plus beau à deux". Un stress montait, montait. J'avais envie de téléphoner à N., de lui crier au secours, d'être dans ses bras accueillants pour qu'elle me réconforte, mais je ne dois pas craquer. J'ai 35 ans et je dois me comporter en adulte et pas en enfant. Je ne pense pas que je tiendrai six mois tout seul. Il faut qu'il m'arrive quelque chose. Je ne sais pas quoi mais il faut qu'il se passe quelque chose dans ma vie ; cela ne doit pas continuer ainsi.

    Bon, tout cela est bien plus dur que prévu. Et dire que je ne suis seul que depuis 5 jours. Aaaargh.

  • Mauvais feeling

    Aujourd'hui, je ne sais pas bien pourquoi mais j'ai pas mal d'angoisses. Visite chez mon père où petit à petit, j'ai commencé à me sentir mal. Puis retour dans la petite maison où aucune lueur ne brillait derrière les rideaux blancs. Ce sont certainement des détails mais quand N. était là, souvent, quand je revenais, il y avait une petite attention, une bougie, une petite lampe qui m'attendait. Ici, rien que du silence. Vite, allumer l'ordinateur pour faire jaillir un peu de musique. Pourtant, bizarrement, pas envie de pleurer depuis quelques jours. Résignation ? Je ne sais. Je pense à elle pourtant, assez souvent dans la journée, plutôt pour espérer qu'elle va bien et qu'elle se débrouille dans la jungle citadine. Pas vraiment d'envie de reprendre notre relation mais plutôt envie de savoir qu'elle va bien et certainement envie de sa conversation que j'aime par-dessus tout. Et puis parfois, une photo ou l'autre qui jaillit de nulle part et qui me rappelle le "nous" que nous fûmes. Cela paraît déjà loin, étrangement... Et puis aussi les femmes, que je remarque dans la rue... elles sont à nouveau là, elles n'étaient jamais parties en fait mais je ne les voyais plus. Même quand cela allait au plus, je ne les voyais pas. Or, il y en a tellement... J'ai pourtant de mal à imaginer le prochain visage dont je pourrais tomber amoureux. Trop tôt, vraiment trop tôt. De la paix, oui, je n'aspire qu'à la paix en ce moment, retrouver qui je suis, ce que je veux et quand, où, comment. J'ai parfois de l'espoir en me disant que tout est ouvert, que mon avenir est tout à fait vierge de tout, que toutes les options sont possibles car j'ai un bon job, je suis en bonne santé... optimisme qui s'estompe rapidement, qui n'est présent que de courte durée, mais il est enfoui en moi et j'espère un jour pouvoir l'exploiter...

  • Hier est un autre jour

    Non, je ne perdrai pas la tête comme je le disais hier. Dans la solitude et le silence, je vais progressivement me reconstruire. Cette décision de rupture était la bonne, j'en suis convaincu. Je retrouverai petit à petit le goût des choses, l'intérêt pour mes passions, je sens que je vais revivre, après tous ces moments de doute, qu'une espèce de souffle est en moi et qu'il couve, là, sous la tristesse. J'espère qu'il en est de même pour N. Avant de nous quitter, il a été important pour nous de faire promettre à l'autre de ne pas se suicider. Ridicule peut-être mais c'était important pour nous, pouvoir penser que l'autre serait bien était important pour chacun de nous.

    Aujourd'hui, journée difficile au travail, beaucoup de stress et de bruits. Dans quelques semaines, je vais commencer mon stage pour être nommé définitivement comme fonctionnaire (si notre Belgique n'explose pas d'ici là). Un an de stage puis un mémoire à rendre et puis un travail à vie. Maigre consolation à défaut d'autre chose mais c'est déjà çà, un travail intéressant, payé correctement et stable... Que demande le peuple ? Et bien, de l'Amour ! (mais çà, ce sera pour plus tard, d'abord se reconstruire).

    Chanson du jour : Adonais de The Cure, une obscure et sensible face b (quand le vynile existait !).

  • Apprivoiser la solitude

    N. n'est plus là et tout est silencieux ; je ne sais par où commencer car la maison est un chantier. Je n'ai de courage pour rien. Il fait sale, tous les reliefs du déménagement sont toujours visibles, vis, poussière, bière vide, miettes de pain, vieux sachets jetés sur le sol. Et je me demande ce que N. fait, dans son petit appartement cossu de la place St ***. Pense-t-elle à moi ? M'a-t-elle déjà oublié ? Je tourne en rond ici sans la moindre volonté. Je tente de me perdre dans Second Life, un jeu en ligne où l'on est sensé avoir une seconde vie. Faux, cela ne fonctionne pas car c'est bien perdre le temps de sa vie réelle pour s'investir dans ce jeu, ce n'est nullement une autre vie. Cependant, c'est un moyen simple de parler à d'autres êtres humains quand on se sent seul. J'ai peur de déraper, de perdre la tête dans tout ce silence insupportable. Le soir tombe et la pièce s'emplit de noir. Seul la fenêtre de mon Imac reluit dans la nuit. Que fait N. ? Elle est probablement dans sa famille, pour l'un des premières fois sans moi. A côté de moi gît la lettre que N. m'a laissée. Une très belle lettre, très émouvante qui a fait couler des larmes de mes yeux. N. est quelqu'un de bien, de doux, de sincère et qui se soucie de l'autre mais je ne l'ai pas assez aimée malgré tout. J'aimerais comprendre pourquoi... Cela me tiraille de plus en plus... Je veux des réponses, je les exige de moi-même mais rien ne vient. C'est désespérant. J'espère que je tiendrai car tout cela est bien triste et insupportable.

  • J

    Ca y est. La maison est à moitié vide. Toutes les choses de N. ont disparu. Peu d'émotions pour l'instant car j'ai pris un petit médoc pour ne pas pleurer pendant le déménagement. Ce fut très dur de voir le frère de N. car il m'aimait bien et était très déçu. Il a été très froid. Heureusement mon meilleur ami et la meilleure amie de N. étaient là pour détendre l'atmosphère.

    Hier, nous nous sommes quittés comme nous avions vécu. Foie gras, champagne et grands vins au menu, nous avons passé une soirée entre larmes et souvenirs. Et puis au lit complètement ivres. La nuit fut donc moins angoissante que prévu.

    Retour à la case départ, trois ans en arrière et tout est à refaire. Armoires vides, chambre vide et ce soleil insolent au dehors. Elle est partie une journée d'été et ce jour restera à jamais ancré dans ma mémoire...

  • J-2

    Cela prend aux tripes cette saloperie, cela tord les boyaux et cela fait monter les larmes. Plus que cette nuit et demain et encore une nuit et N. ne sera plus là. Et il sera temps de ressortir les antiques Joy Division et The Cure à la lueur de la flammèche et pleurer en silence. La fin du chemin commun, c'est toujours terrible... et quand le chemin fut beau et la compagne amène, c'est une horrible tristesse qui envahit tout l'être. Je ne sais ce qui se passe dans les circonvolutions de mon cerveau... j'aimerais comprendre pourquoi j'ai cessé de l'aimer entièrement. J'ai cherché pendant des semaines mais n'ai jamais trouvé. Et pourtant, combien de fois m'étais-je posé la question quand des filles m'avaient quitté dans le passé. Ces derniers jours, N. était plus belle à mes yeux, je l'ai trouvée changée et j'ai même cru que je retombais amoureux... mais N. est belle car elle me quitte et qu'elle va mieux. Quant à moi, toutes les douleurs physiques que je subissais se sont évaporées depuis notre décision. Alors que penser d'autre que la décision qui fut prise est la bonne. Oui, c'est la bonne mais quoi qu'il en soit ma tristesse est immense. N. est mon âme soeur, terme à prendre dans toute sa virginité. J'aimerais pouvoir veiller sur elle de loin, qu'il ne lui arrive rien, qu'aucun homme ne la fasse souffrir, être toujours pas très loin pour la défendre et l'aider. Ma condition humaine m'empêchera malheureusement de réaliser ce voeu.

    Les cadres aux murs disparaissent, les bibelots s'évaporent, le lieu s'emplit progressivement de silence. Le sevrage va bientôt débuter, notre sevrage car nous sommes devenus inter-dépendants. Quelle va être ma méthadone ? Qui va pouvoir m'aider ? Je ne sais.

  • J-4

    Nous pleurons beaucoup tous les deux. Un jour c'est l'un, l'autre jour, c'est l'autre. Chacun craque tour à tour et il est vrai qu'il est temps que cette situation finisse. Hier, on s'est dit tous les deux que l'on s'aimait, mais d'un amour spécial, non suffisant pour rester ensemble mais suffisant pour que chacun se soucie de l'autre, peut-être pendant toute sa vie, de loin. Je ne veux que son bien car elle est la bonté même. Peut-être jamais je ne rencontrerais quelqu'un de si bon. Je l'espère du moins car il faudra aller de l'avant ; une vie dans la solitude n'est pas envisageable pour moi... mais d'abord, au moins six mois dans la paix et la quiétude. Rien avant. Ce ne serait pas possible. Il faudra tenir, les moments-clefs. Mi-novembre, son anniversaire, puis noël, nouvel an... Des moments où l'autre manque physiquement et dans lesquels les coeurs se déchirent car le souvenir est là, au bord des yeux, noyé dans les larmes. Comment quitter quelqu'un que l'on aime (mais pas assez) ? Voilà toute la question et l'expérience que je suis en train de vivre.

    Ce matin, dans la foule, l'ipod sur les oreilles qui jouait Faith de Cure, l'impression d'être seul au milieu de ces centaines de gens qui s'engouffraient dans les bouches de la gare. L'impression d'être seul au monde dans cette foule anonyme. Seul au monde, un sentiment que je n'avais plus aux côtés de N. mais le revoilà, ce foutu sentiment. Je suis à nouveau seul, à devoir tout porter sur mes épaules. N. dit que je ne suis plus comme avant, que j'ai pris de l'envergure et elle a raison. Cette relation m'a rendu plus sûr de moi, j'ai plus d'assurance. Elle dit que je me suis bien occupé d'elle et que cela m'a rendu plus autonome. Elle a raison. Nous verrons seulement dans le futur si je pourrai me montrer fort dans la solitude nouvelle qui m'attend.

  • J-6

    Dernier dimanche que nous passerons ensemble. Hier, j'ai senti physiquement son absence et j'ai passé une très mauvaise journée malgré le festival qui regorgeait de groupes très bons. Aujourd'hui, on a fait des caisses toute la journée. Moments parfois surréalistes pour savoir qui garde la rape à fromage, qui le sel de céléri...Et beaucoup de pleurs aussi, surtout de ma part. Bientôt, N. ne fera plus partie de ma vie et bien que la décision soit conjointement assumée, j'ai beaucoup de tristesse ; une tristesse qui va chercher sa source dans les tréfonds de mon corps et de mon âme. J'espère que je vais y survivre. Suite demain. Ce soir, Laurent Voulzy vient en concert gratuit sur la place... Nous y allons ensemble... Tous les actes que nous posons seront maintenant les derniers.

  • J-7

    Dans 7 jours, N. déménagera. Elle a trouvé un chouette appartement tout neuf, tout design, tout contemporain. Nous sommes donc en train de faire des caisses. Qui garde les bibelots, qui prend les bougies, qui garde le Barbapapa ? Tout cela est bien triste et difficile. Bien que cette décision nous semble la meilleure, cela n'enlève point la caractère dramatique de la situation. Et même si hier, nous avons tenté de dédramatiser en nous faisant plaisir... comme devant cet employé de la Fnac à qui j'ai dit : deux imacs s'il vous plaît, un pour moi et un pour ma copine... et puis elle a acheté une TV et moi un GPS, on doit tout racheter, pour être chacun prêt pour notre nouvelle vie. Je croyais qu'un tel achat (ce bel IMAC devant lequel je suis pour l'instant), allait me donner un peu de baume au coeur. Et non. Une fois l'appareil installé et les données du vieil appareil transférées, me voilà occupé à visionner les photos de nos voyages : Côte d'Azur, Bourgogne, Rome, Porto, Amsterdam, Languedoc, Bordeaux, et des sourires et des yeux pétillants... Pourtant tout cela s'est évaporé, l'amour est parti. Comment est-ce donc possible ? Comment peut-on ne plus aimer ? Comme l'amour peut-il s'évaporer ainsi ? Tout cela était-ce un mirage? Une construction de l'esprit et non un ressenti du coeur ?Je ne veux pas croire que cela soit possible de s'être tout inventé, je veux que ces photographies soient réelles et franchement, je pense que c'est le cas. On n'a pas pu tout inventer.

    Aujourd'hui, N. est à une journée chorale où elle va répéter le Requiem de Mozart pour de futures représentations qui vont avoir lieu dans toute la Belgique. Moi, je vais aller à un concert à Braine-le-Comte avec Mudflow, Sharko, Saule et Superlux avec un de mes vieux amis qui habite dans le coin. Il faut que je sorte, que je quitte cette maison sinon, je vais y devenir fou. Je ressens très fort l'absence de N. J'ai peur d'être triste à ce festival et de ne pas pouvoir en profiter. Hier aussi, nous avons été aux fêtes de Wallonie et nous avons beaucoup bu avec N. Elle a essayé de m'embrasser mais je l'ai repoussée en lui disant que cela ne servait à rien et que c'était dû à notre soulographie. Pourtant, j'en avais envie mais je me dis que cela n'ajouterait que des difficultés. Nous ne nous appartenons plus et çà, il va falloir se l'enfoncer dans la tête.

  • Répétition

    Toujours la même chose, toujours à déverser ici mes plaintes stériles... Allons il est vrai que je n'ai plus beaucoup de courage mais cela va passer. Tout passe. L'homme est un animal sur qui tout gilsse. Seul le temps importe et peut tout effacer. Je dois juste avoir de la patience. J'ai appris des choses ces derniers jours qui me font penser que tout ceci était inévitable. Back to ground zero. Pour une putain de nouvelle vie.

  • Un jour n'est pas l'autre

    Un jour n’est pas l’autre. Je ne sais pas si je vais survivre cette fois-ci. L’échec est encore plus dur que pour mes relations précédentes, car j’y ai pris part. Mon chagrin est immense, je ne m’en remets pas, je suis aux abois. Je ne pensais pas que tout cela allait être si difficile car la décision était prise à deux. Pourtant, les larmes ne cessent de couler en sa présence, ou maintenant, seul, en tapant ce post. Je n’ai pas assez aimé N. Si j’avais pu tout donner, peut-être ses propres doutes se seraient estompés et mon amour l’aurait nourrie d’espoir et l’amour aurait nourri l’amour et on aurait été heureux. Et là, tout est par terre. Elle a trouvé un appartement et quittera notre nid dans deux semaines. Je suis transi, je ressens la douleur au plus profond de moi, une immense tristesse, indicible. Mon passage sur cette terre n’en finit pas d’être une succession de douleurs et de plus en plus, je pense à la corde qui pourrait me pendre, pour en finir. Evidemment, jamais je n’oserai mais si quelqu’un pouvait me donner la force d’en finir, je crois qu’il s’agirait là d’une solution idéale. Combien de temps encore à traîner mon corps dans ce monde qui, visiblement, ne m’apportera jamais rien. Avec N., nous parlons des heures, dans les pleurs. Son visage angélique est le miroir de moi-même. Je me reconnais en elle et je bois sa douleur, je nourris ma propre tristesse dans ses yeux.

    J’ai trente-cinq ans et je ne sais pas ce que je vais devenir. Pour l’instant, il faudra paraître et pouvoir se lever le matin, aller travailler, remplir sa fonction, gagner de l’argent pour pouvoir financer ma survie… J’ai peur de tout cela, j’ai peur du silence, j’ai peur de parler tout seul entre les quatre murs de ce qui fut notre nid d’amour et qui n’est plus que le réceptacle de mes pleurs. N. me dit que je dois ne pas me laisser aller, qu’il faut faire des activités, se montrer sous son meilleur jour. Tout cela va être bien dur. Plus le temps avance et plus je me dis que cette rupture est impossible, qu’elle ne peut «être», que l’on devrait encore chercher des solutions… mais c’est trop tard, je le sais. Il fallait qu’il se passe quelque chose, pour elle comme pour moi… sans quoi on allait se déchirer bien plus fort que maintenant…

  • Retour au calme

    Je ne sais pas pourquoi mais cela va mieux. Je me sens plein d'espoir pour mon futur seul ou à deux. Je me sens fort et prêt à tout affronter. Je pense que j'ai tout en main. La situation actuelle me donne une sensation de liberté. Je sais qu'en relisant les posts de cette année, cela ne pouvait plus durer ainsi. Trop d'angoisses, cela n'allait plus. Alors que cela recommence autrement ou que chacun parte dans sa propre direction, quel que soit le choix, je pense que çà ira.

  • Compulsivité de l'achat dans la rupture

    Depuis mon existence, à chaque rupture, je m'offre un objet pour atténuer mon chagrin. Pour A., ce fut une M*** (17000€), pour C., ce fut une bel I*** (1600€). Et pour N., que vais-je donc acheter dans cet élan de tristesse ? J'ai pensé à une nouvelle MINI mais bon, l'ancienne n'a que 50 000 km. Vu que j'ai aimé N. plus que ces deux dernières femmes, elle mérite quelque chose de bien. J'ai pensé à une P*** (3700€), c'est-à-dire une belle m*** très simple et très belle. Je sais que je ne dois pas le faire mais je sais aussi que je le ferai plus que très certainement. Je suis en train de perdre pied. N. le sent. Je lui avais demandé des médicaments pour m'aider à ne pas pleurer... et sur table, ce soir, dans la maison vide, une attestation médicale pour acheter du sipralexa (anti-dépresseur), du xanax (calmant) et du Solian (le top en neuroleptique, celui qui fait disparaître toute angoisse). Un véritable pot belge qui va me permettre de ne plus avoir envie de pleurer en public, au travail, dans la rue ou dans le train.

    O toi, lecteur, dis-moi si je deviens fou.

  • Le jour d'après

    Aujourd'hui, au travail, cela a bizarrement été bien. Je me sentais léger et motivé par ma tâche. J'ai fait du bon boulot et en quantité. J'ai dernièrement réussi un examen très difficile (on est 90 sur 1250 à avoir réussi) et je vais être nommé à vie dans ce poste. Une chance ! Mais quand j'ai appris mes résultats, je n'ai pas pu être heureux car tout était brouillé avec N. Je peux dire que j'ai la chance d'avoir un travail correct et bien payé et qui me permet de subvenir à tous mes besoins. J'étais donc dans un état valable après l'immense tristesse ressentie hier... mais celle-ci m'a rattrapé dès que je suis rentré dans notre maison. Rien que le fait d'écrire notre maison me donne les larmes aux yeux car dans quelques jours ou semaines, elle va devenir ma maison. N. a décidé qu'elle me la laissait et qu'elle chercherait un appartement. Dès que je pense à elle, comme cette après-midi dans le train, mes yeux s'embuent et les larmes frappent à la porte, mon visage s'anime d'une tristesse extrême. Je ne parviens pas à imaginer qu'il y a un après derrière cette vie avec N., même si cela n'allait plus. Je suis comme dans une bulle de cotton, je ne parviens pas à me dire que ce qui m'arrive est la réalité. J'ai 35 ans maintenant et tout est à refaire, tout est à reconstruire mais je n'en puis plus. Tout à l'heure, pour me tester, je suis aller voir les têtes des filles de ma région entre 30 et 35 ans. Il y avait 36 pages différentes de filles qui s'offraient là, sur le net, sourire en porte-drapeau, à la recherche de l'Amour. Marketing de merde : les messages où elles se décrivaient suitaient la vente triviale, la saleté innomable qui ne peut qu'imprégner ce type de rapport. Pourtant j'ai trouvé N. sur internet aussi mais maintenant, cette exposition de visages souriant cherchant à happer le chaland me dégoûte et me fait vomir. Je suis en colère contre tout. Si je pouvais frapper dans les murs, je le ferais. Ma vie est une fois de plus en train de tourner en *ouilles. Je finirai par croire que je suis un vulgaire parasite de ce monde absurde. Stérile, je ne sers à rien sinon à produire du CO2 et à polluer la planête. Je déteste ma sale gueule de futur chauve et je honnis tout ce qui m'entoure. Ah quoi bon tout ce cirque ! Et pourtant, tout sera peut-être si différent dans quelques mois. Mais je n'ai plus le COURAGE de recommencer quoi que ce soit. Se pendre serait tellement plus facile, pour mettre fin à tout cela mais bien sûr je n'ai pas assez de courage pour faire cet acte final qui pourtant résoudrait tellement de choses. Recommencer une relation, parler des heures, faire ce que j'ai fait avec N., offrir des fleurs, des restos, des mots, de la passion, tout cela je l'ai fait mais je suis éteint maintenant. Je délire. Je suis seul. N. est à Bruxelles dans sa famille et moi je suis ici face à cet écran aveugle. Personne n'est là derrière. Personne ne peut rien pour moi. Je suis seul au monde avec ma tristesse de gros ours. Je n'ai plus d'appétit. Depuis deux jours, je me nourris moins qu'un enfant de deux ans car à quoi bon. Tout cela ne sert à rien. J'ai tout donné pour l'histoire avec N. et pourtant tout a foiré et maintenant, j'ai 35 ans, tout est foutu définitivement. Colère colère colère contre ce monde absurde, ces relations absurdes et ces mots absurdes qui n'intéresseront que moi. Quand je me masturberais intellectuellement en relisant ce post et que je serai bien content de me dire que je suis triste et que j'aime être triste et me complaire dans cette noirceur crasse. L'impression prégnante de n'être plus qu'une merde dans la foule, l'impression d'être seul dans la foule, de n'être qu'une pauvre merde au milieu de tous ces couples heureux.

    Je suis un parasite, une vermine inutile, rampante, qui salit tout. Je ne mérite rien. Je me plains sans cesse alors que je suis en vie, pas handicapé, pas encore malade et même pas pauvre. Cela devrait suffire au pauvre petit connard d'occidental que je suis, avec ma supériorité crasse d'occidental qui croit avoir tout compris de tout. Vaut mieux arrêter ici car la violence verbale va me mener trop loin, dans des contrées insondées de mon âme souffrante.

  • Nuit

    Hier, dans la noirceur de notre chambre, N. a proposé que nous nous séparions. Elle est assaillie de doutes depuis des mois. Je suis assailli de doutes depuis des mois. La navigation à vue n'est plus possible. Elle m'a dit que la séparation était la solution, sauf si j'avais autre chose à proposer. Je n'ai rien d'autre à proposer. Cependant, ma douleur est immense car N. était devenue comme une soeur pour moi (là est peut-être le problème)... et il m'est impossible d'imaginer vivre sans elle. C'est pour cela que durant ces dernières longues semaines, j'avais tout fait pour canaliser mes doutes, les annihiler pour forcer le destin et pouvoir l'aimer pleinement. Si seulement j'avais été le seul à avoir des doutes, cela aurait pu tenir mais elle aussi, en avait, et depuis longtemps. Je suis tombé de haut. De très haut. Même si durant des mois, elle me avait tout de même parlé de ses doutes, je n'ai pu les entendre visiblement. Je ne voulais pas les entendre car j'étais trop absorbé par les miens.

    Voici presque trois ans que l'on était ensemble et je reste persuadé que jamais, je ne retrouverai quelqu'un d'aussi agréable à vivre. Je ne peux imaginer pour l'instant être séparé d'elle, cela me tord les boyaux et je fonds en larmes toutes les cinq minutes. Je ne peux m'y résoudre même si je savais que cela risquait d'arriver ; c'est comme un déchirement intérieur, comme si l'on m'arrachait un organe... elle faisait partie de moi-même et même si l'amour fou ou la passion n'étaient plus là, l'amour était bien là. Je ne sais ce que je vais devenir. Je repars vers l'inconnu, la douleur en plus comme fardeau, et les souvenirs heureux de tous les bons moments partagés avec N. sont dans ma besace de vie.