• Echéances

    Il est des moments dans la vie où tout semble s'accélérer, où les questions essentielles traversent l'espace-temps, où il faut trouver des réponses rapidement et de manière définitive. Je suis à la croisée des chemins, au moment où je dois décider de ce que seront mes 40 prochaines années. Exercice délicat voire délirant pour le vélléitaire que j'ai toujours été, pour le pessimiste héréditaire que je suis. Parier sur les 40 prochaines années est pour moi un challenge qui fait réellement peur, pas tant pour moi que pour ceux qui m'entourent et qui seront déçus en cas d'échec, N. en premier.

    En pratique, N. et moi habitons maintenant une petite maison que nous louons mais dans quelques mois, elle doit s'installer comme médecin de famille. Cela va donc devenir du sérieux... Il faut donc maintenant savoir si l'on fait la route ensemble et cela, en regard de nos objectifs. N. veut des enfants, quelque soit la manière, trois au moins je pense, N. veut la campagne pour qu'ils s'épanouissent dans un environnement agréable. Et moi, mon problème est que je ne sais pas exactement ce que je veux. Les enfants, oui, mais pas autant. La campagne, oui si c'est une nécessité pour son avenir professionnel... En fait, je n'ai pas de vision de mon avenir, même à moyen terme, j'ai toujours vécu comme un éternel étudiant, empilant les jours après les jours. Je dois me lancer, je le sais. Je dois me départir de mon éternel pessimisme (car comment avoir envie d'enfants dans le monde qui s'annonce ?). Je dois décoller pour construire, bâtir, furieusement, dans l'euphorie d'un projet commun. Mon apathie actuelle la déprime un peu, je le vois bien. Je dois devenir un moteur, du moins, un moteur auxilliaire. Je dois interroger mes tréfonds pour découvrir ce que je veux vraiment. L'absence d'objectifs communs signifierait la fin de notre relation. L'amour soulève les montagnes... Je veux le vivre.