• L'avenir et l'inconnu

    N. déménage dans deux jours. Je ne sais pas où tout cela va nous amener. En ce moment, je me sens plutôt bien. J'ai réinvesti mon appartement, j'ai de nouveaux projets de décos, etc. Seules quelques pensées viennent troubler ce nouveau départ.

    Où vais-je? L'horizon est brumeux et je n'ai plus de but réel à ma vie. Les jours s'empilent les uns sur les autres sans ligne conductrice : une vision à court terme sans substance. Situation caractéristique de cette époque, je ne le sais. Tout cela est-il normal? Réponse dans trente ans.

  • La vie continue...

    Voilà, la vie continue. N. a signé pour son appartement et y emménage en septembre. En semaine, nous nous voyons deux fois et nous passons le WE ensemble. Certains jours, elle dit m'aimer et m'avoue avoir peur que cela reparte... Il est impossible pour moi de comprendre cela évidemment vu ma "stabilité" de coeur.

    Tout n'est pas négatif car j'ai retrouvé pas mal de sérénité et les soirées que je passe seul me permettent de souffler un peu. En prenant du recul, j'ai compris que l'intérêt de la vie en couple n'est certainement pas la vie quotidienne. Pourtant, la majorité des gens vivent en couple. J'ai l'impression que la routine doit vite gagner un couple vivant sous le même toit (très banal çà) et que le désir d'enfant naît rapidement pour casser cette monotonie (une raison parmi beaucoup d'autres).

    Hier, je suis allé chez mon père et j'ai mangé la dernière sauce spaghetti faite par ma mère. Une sauce spaghetti "hibernatus". L'Homme est bien petit lorsque l'on voit qu'une sauce spaghetti peut lui survivre. Ce ne fut pas une madeleine de Proust car le goût de cette sauce est encore bien présent dans mon esprit et d'autant plus que quelques semaines avant sa mort, je lui avais demandé de me retranscrire la recette. D'elle, c'est mon seul héritage culinaire mais le meilleur ! Concernant les phases du deuil, je ne sais pas où j'en suis, je me demande si je suis le chemin normal si tant est qu'il existe.

  • Se préserver

    Très bon concert hier. Il faut avouer que pour un vieux groupe, Cure sait toujours y faire.

    Rayon amour, la situation confuse perdure. N. et moi ressortons ensemble, certes, mais elle cherche un appartement. Je sais qu'il n'y a pas d'autres possibilités et que cela est inévitable. Il faudra voir si notre couple tiendra sur la longueur. Il faut dire qu'il faudrait être fou pour ne pas voir que tout cela est bien mal parti.

    Cependant, je pense que je dois prendre cela comme une chance supplémentaire pour sauver notre couple et je ne vois pas pourquoi je gâcherais tout en laissant tomber. La seule chose à laquelle je dois être attentif, c'est me préserver. Ne pas tout donner comme avant et essayer d'être parfois un peu égoïste car si cela finit dans un futur lointain ou proche, je dois pouvoir me relever. Plus facile à écrire qu'à faire quand on aime.

  • Musicale émotion

    Aujourd'hui, je vais voir The Cure, cela ne fera que la 13e ou 14e fois... Je ne sais pas pourquoi mais depuis que j'ai 15 ans, j'ai toujours écouté et suivi ce groupe. Leurs textes et musiques traduisent les émotions et le ressenti qui sied à mon esprit, depuis cette époque. J'ai l'impression que jamais je ne m'en lasserai. Chaque morceau est une madeleine car j'ai tellement vécu en les écoutant. Les premiers émois, les premiers désespoirs. Chaque fois que cela n'allait pas bien, je me suis toujours tourné vers leurs sombres albums des débuts et quand cela allait bien, vers la discographie plus récente. Ils resteront toujours à part dans mon univers musical.

    Nothing left but Faith.

  • Lire l'avenir

    N. est revenue, elle passe maintenant régulièrement à l'appartement. Un chez nous qui est devenu un nouveau chez MOI. Elle ne sait me donner aucune garantie mais elle a pu diagnostiquer son problème... Il s'agit d'un trouble du comportement dont je tairai le nom mais qui apparaît généralement entre 20 et 30 ans. Donc il y a de l'espoir.

    Cependant, tout n'est pas rose car la situation est bizarre. Il faut un peu de temps pour que cela se stabilise et que j'y voie plus clair, voir si tout cela est vivable pour moi. Je dois aussi me préserver, j'en suis conscient maintenant.

  • Lost

    Cela devient complètement fou cette histoire. N. est venue hier soir chez moi et nous avons passé la nuit ensemble. Le matin, elle m'a demandé d'aller visiter des appartements avec elle et je l'ai fait ! L'après-midi, nous la passons ensemble ici. Elle est en crise existentielle profonde, ne sait plus que penser, pense arrêter la médecine, veut partir en Afrique à l'aventure avec moi, dis qu'elle a besoin de moi mais ne sait pas si elle m'aime, affirme que mon amour est peut-être une construction de l'esprit... Cela partait dans tous les sens jusqu'à ce qu'elle explose en pleurs en disant qu'elle était folle et que je ne pouvais rien pour elle.

    La tristesse m'a quelque peu quitté, l'inquiétude prenant sa place. Elle est au bord du ravin et me fait peur. Je lui ai proposé de ne plus la voir du tout si cela pouvait l'aider mais elle ne l'a pas désiré. Je ne sais ce qui est le mieux pour elle mais mon amour est toujours là. Je veux le mieux pour elle et si c'est mon effacement, eh bien, qu'il en soit ainsi.

    En attendant, nous nous sommes donnés rendez-vous mercredi car elle vient avec moi et d'autres amis au concert de The Cure à Lokeren.

  • Panique ou folie

    Hier N. m'a téléphoné en pleurs, pensant que je m'étais suicidé car je ne répondais pas immédiatement à mon téléphone (j'étais au travail). Elle ne parvient pas à couper le cordon malgré sa décision. Je la respecte assez que pour ne pas profiter de ses véllétés. Je lui ai dit qu'elle ne devait écouter personne ni les autres, ni moi, mais qu'elle devait écouter son coeur. Un jour, il lui parlera et là, elle pourra décicider en conscience d'un retour éventuel. JE l'aime.

  • Double deuil

    Hier avec N., nous avons parlé cinq heures ici et vers une heure du matin, elle m'a téléphoné pour me repréciser certaines choses car elle m'avait embrassé avant de partir. Elle m'a dit que si l'on était fait l'un pour l'autre, on finirait bien par se retrouver et que sinon, c'est que cela n'en valait pas la peine. Cent fois, elle m'a dit qu'elle devait résoudre seule ses problèmes. Trois fois, elle me dit que je ne devais pas l'attendre.

    Plus la journée avançait aujourd'hui, plus une idée m'obsédait... Le double deuil. Avoir N. à mes côtés m'avait énormément aidé lors du deuil de ma mère. Quand j'y pensais, je n'avais qu'à la regarder avec son sourire et la tristesse s'effaçait du moins pour l'instant présent. La subite disparition de N. va à mon avis faire ressortir ce que je n'ai pas vécu en ce funeste mois d'avril.

    Je dois faire le deuil de mon passé (vie passée avec mes parents et donc ma mère) et le deuil de mon avenir (celui que j'avais projetté avec N.).

    Faire le deuil de son passé et de son avenir !

  • Et maintenant : oublier

    N. vient de partir. Elle était venue m'annoncer que cela est définitivement fini entre nous. Elle l'a fait de manière humaine, m'a laissé parler, lui dire tout ce que j'avais sur le coeur. Nous avons beaucoup pleuré. Elle m'a dit qu'elle me quittait en raison de ses angoisses, qu'elle étouffait et n'était plus amoureuse, que son amour avait mué en tendresse...Elle ne parvient pas à l'expliquer, elle aimerait mettre des mots plus précis mais...

    Plus d'espoir donc. Le travail de deuil doit commencer dans cet appartement dévasté par la tristesse. Le voyage à Banneux cet après-midi aura été vain. Me voici face à moi-même, à mes démons, à mon désespoir.

  • Nécessité

    Je ne peux plus m'empêcher d'écrire dans ce blog. C'est devenu maladif. N. avait tellement investi l'appartement avec ses objets que maintenant, celui-ci est vide et résonne. Je déteste ce silence. En écrivant, je l'impression de parler à quelques inconnus, pris au hasard sur la toile du web, et cela fait du bien.

    J'ai rêvé cette nuit que j'envoyais un sms N., un sms qui rompait la trève et qui lui disait "je t'aime". Et maintenant je brûle d'envie de le faire mais il faut que je sois fort. Elle m'a reproché dans ce mail qui m'a tant touché d'avoir peur. Il est vrai que je ne suis pas un type très sûr de lui, je suis quelqu'un qui respecte les règles. Les deux choses s'expliquent. A huit ans, j'ai fait une grave pneumonie et j'ai entendu le médecin dire à ma mère que j'aillais peut-être ne pas survivre. Cela m'a marqué à un point inimaginable. Dernièrement, le grave accident de voiture que j'ai eu les vacances passées n'a pas arrangé les choses. La deuxième chose vient simplement de mon éducation. OUi j'avoue, je n'aime pas traverser quand le feu est rouge, nager dans la Meuse, etc. Je ne vois pas comment changer cela à 33 ans. Alors nous y voici, reste-t-il la moindre chance pour que N. revienne? Dois-je même l'espérer? Une telle coupure et un désespoir tel que le mien n'annihilent-ils pas toute chance de succès au cas où elle reviendrait. Je pense que j'ai une idée très conne car je suis agnostique mais je vais aller à Banneux cet après-midi. Si Dieu existait, Marie existerait et donc peut-être pourrait-elle faire quelque chose?

    Hier je suis allé me recueillir sur la tombe de ma mère et je lui ai demandé de m'aider. Pas l'impossible non ! Juste m'aider à supporter ce qui se passe maintenant. Bon, c'est sûr que la Vierge, je lui demanderai un peu plus. Voilà, on y est, je pète réellement les plombs.

  • Colère

    Hier, sur un site que nous fréquentions tous les deux N. et moi, j'avais modifié ma fiche personnelle en disant sobrebement qu'elle m'avait quitté et que le monde semblait vide. J'avais fait cela car cela me semblait tellement dur de voir notre amour affiché là (photos à l'appui) alors que tout cela était terminé. En rentrant chez moi, j'avais un mail de N., furieuse, pensant que ce message lui était destiné. Entre nous, elle était donc aller voir ma fiche personnelle, ce qui n'était pas anodin. Bref, elle me traitait de lâche, de lavette micro-fibre, elle constatait qu'elle était agressive et blessante. Elle ajoutait que je devais prendre confiance en moi, extérioriser, arrêter d'être gentil avec elle (c'est vrai que lui offrir des fleurs, je n'aurais pas dû le faire mais lui foutre de bonnes grosses baffes dans la gueule, çà oui). D'ailleurs, elle me demandait de ne pas répondre ce mail mais de la "frapper", de lui mettre une grosse baffe dans la gueule et que cela lui ferait du bien, bref d'être un hommme sur qui elle pourrait compter.

    Tout n'était pas faux dans ce mail, je dois arrêter de geindre çà oui mais la façon dont elle l'a écrit m'a profondément énervé (donc touché). A peine rentré chez moi du travail (j'ai pris deux jours de congé pour réfléchir), je recevais un sms qui me disait qu'elle passait chez moi. Urgh. Elle rompait la trève qu'elle avait elle-même fixée. Arrivée ici, elle me disait qu'elle était désolée de la violence de son mail. Moi, énervé, lui ai sorti tout ce que je lui reprochais et après une demi-heure de reproches et de baffes dans la gueule virtuelles, je lui ai dit que je devais partir au restaurant (mes amis avaient çà sur pied pour que je ne sois pas seul hier soir). Entre autres, je lui dis qu'elle avait beau jeu de parler d'Humanitaire alors qu'elle n'était pas foutue le soir de lever son cul pour lire la littérature scientifique qui s'accumulait là, qu'elle ne faisait rien de plus que moi pour le monde. Elle me quitta les yeux embués, contente je crois de ma réaction (qui n'était pas feinte), et me dit qu'elle cherchait un appartement et que si cela recommençait entre nous, ce serait différent, en tous cas, qu'elle devrait changer pas mal de chose en elle-même. Je ne sais pas si je veux d'un tel retour en arrière. Doit-on tout accepter en amour?

    Nous nous sommes quittés en promettant de ne pas nous suicider et en nous donnant rendez-vous samedi, sans rupture de trêve cette fois !

    Jamais je n'ai pensé à mettre fin à mes jours enfin, j'y ai toujours pensé théoriquement mais au fond de moi, jamais je n'en aurai le courage... et puis j'ai tellement de bonnes bouteilles à boire dans ma cave dans dix ans...