• Larmes

    Mes larmes sont tellement salées que j'ai failli en vomir. J'ai l'impression que le sort s'acharne sur moi. Certes, il y a toujours des choses plus graves, être malade, mourir, etc. Quoi qu'il en soit, tout cela est insupportable. Sept mois de vie, ce sont des liens, des histoires, des tics, des objets, tout me rappelle N. ici.

    Ici, ce n'est plus chez moi, c'est chez nous. Un chez nous qui est glacial aujourd'hui.

  • La fin

    N. fait ses valises. Elle est en train de me quitter. Elle n'est plus amoureuse dit-elle. Cette année, ma vie regorge de moments insupportables.

  • Bouteille à la mer...

    Ca y est. J'utilise à nouveau ce blog comme une bouteille lancée dans la mer avec un gros SOS à l'intérieur. Pourtant, il n'a rien à faire. Plus cette journée avance, plus je rumine. J'en arrive à penser que je devrais demander à N. de partir car cette situation n'est plus possible. Voici sept mois que nous sommes ensemble et tous ces discours de ces derniers jours ne traduisent qu'un énorme retour en arrière. Cependant, je suis trop lâche pour lui demander une telle chose ; j'aurai également peur de faire une bêtise. Alors? attendre qu'elle me quitte? Cette solution est foireuse à souhait et je souffrirais encore beaucoup d'ici là. Il n'y a donc pas de solution mais j'ai la certitude que bientôt, je me retrouverai seul, à nouveau. Et j'imagine déjà la fin : Je t'aime mais je te quitte, tu es un type formidable blablabla. Ces instants sont invivables.

  • crise larvée

    Je suis dans une phase difficile avec N. Tant qu'elle n'aurait pas décidé ce qu'elle veut faire dans la vie, nous ne pouvons avoir aucun projet. Dans un an, elle aura fini son contrat actuel et décidera à ce moment-là si elle part ou non à l'aventure et sans moi. Elle se rend bien compte qu'elle me met dans une position inconfortable et qu'elle ferait mieux de me quitter en attendant de savoir ce qu'elle veut dans sa vie. Mais elle n'y parvient pas car elle m'aime. Serait-ce donc à moi de la quitter? Je ne peux m'y résoudre. Quoi qu'il en soit, je sais qu'il y a peu de chance pour que les premiers projets que nous avions il y a quelques mois (mariage, maison, etc.) se réalisent en jour et je dois maintenant vivre en pensant que tout cela va finir. Je ne parviens pas encore à imaginer réellement l'ampleur de la douleur qui me transpercerait alors.

  • L'Humanitaire

    Nouvelle crise de N. qui se sent étouffée alors que nous sommes pour plusieurs jours en villégiature dans une grande maison. Cela nous a permis de nous rendre compte que ce n'était pas notre petit appartement qui l'étouffait. Non, hier, elle me disant qu'elle était étouffée et qu'elle voulait quitter la Belgique, partir à l'aventure avec MSF ou une autre ong dans le tiers monde. Que faire? Que dire? Jamais je ne partirai là-bas avec elle. Ma vie est ici, mes amis, ce qu'il me reste de famille, tous sont ici. Et rien ne m'attire dans le tiers-monde, je ne me sens pas investi d'une quelconque mission, je pourrais vivre éternellement sans ressentir le besoin d'aider ceux-là, là-bas. Egoïsme pourra-t-on dire. Pourtant, j'ai l'impression que ici, je fais le bien autour de moi et que cela me suffit. Je ne serai jamais un père Thérésa. Et pourtant, j'aime N.

  • Le deuil

    Le deuil est une chose bizarre. Un moment où l'on perd pied, une période où la réalité ne peut plus être appréhendée. Penser à l'être perdu et ne pas y croire ; penser à l'être perdu sans possibilité de concevoir la réalité de cette perte. Voilà où j'en suis. Et puis sentir le manque aussi car la mère, ma mère était la personne vers qui je pouvais toujours me tourner quoi qu'il arrive, par une indéfectible présence, proche ou lointaine, elle était là.

    Cette vie est courte, fragile, insignifiante mais c'est incroyable comme un être peut manquer quand toujours, il a été à vos côtés. Pourtant, je dois tourner la page, vivre pour moi, faire mes projets, aller de l'avant pour que s'il existe un là-haut (je n'y crois pas mais l'espère bien), elle soit fière de ce que je fais et de ce que je suis. J'aimerais positiver, penser qu'elle est mieux là où elle est que malade comme elle fut. Peut-être un jour...

  • Rome etc.

    Nous sommes finalement partis à Rome et tout s'est bien passé. N. va mieux et a commencé à voir un psychiatre pour résoudre le problème de ses angoisses. J'ai commencé un bouquin d'Albert Jacquart intitulé Dieu? Plus j'avance plus c'est le malaise. Jacquart parvient à remettre l'homme à sa place dans le monde. Nous ne sommes quasi rien face à l'immensité du temps, de l'univers, etc. Partant de là, je pense beaucoup au décès de ma mère, à l'insignifiance du parcours d'un être humain par rapport aux millions d'années que comptent la terre. En outre, je me rends compte que je n'ai pas encore passé la première phase du deuil, celle de l'incrédulité. Revenant de Rome, j'ai pensé à lui téléphoner au sortir de l'avion, comme je l'avais toujours fait.

    Et puis Londres hier... ce monde est fou.