• Jour 5

    N. est toujours là. Cependant, les jours qui ont passé ont largement atteint ma confiance. Il y a deux mois, on parlait de se marier. Aujourd'hui tout est bien loin et l'on n'en finit pas de se demander ce qui s'est passé. N. se dit névrosée et incapable de résoudre ses conflits intérieurs. Nous avons décidé de partir tout de même en vacances la semaine prochaine et elle a pris rendrez-vous chez un psychiatre afin de chercher au tréfonds d'elle même d'où les viennent toutes ses angoisses.

    Je dois déjà me préparer mentalement à notre éventuelle séparation. La vie ne s'arrêtera pas même si ce que je ressens à chaque nouvelle séparation. Suis-je programmé pour vivre de six mois en six mois avec des filles différentes? Ne pourrais-je pas une fois avoir la chance de pouvoir construire sur du roc et non du sable? Je croyais vraiment que c'était pour cette fois. La réalité est tristement en train de me rattraper.

  • Jour 2

    N. est rentrée hier en me disant que son absence pour prendre du recul ne serait pas une bonne idée... Cela pourrait être une bonne nouvelle. Cependant, j'ai l'impression que la confiance est brisée et qu'il faudra beaucoup de temps pour qu'elle revienne. Il faudra aussi que je redevienne moi-même et pas le type qui fait tout pour que cela marche sinon cela sera chiant. Bref, l'après crise s'annonce difficile et je ne sais pas pourquoi mais profondément en moi, j'ai l'impression que cela n'ira plus jamais, que je ne retrouverai plus ma confiance. Les jours suivants me le diront.

  • Jour 1

    Cela aurait pu être une belle journée aujourd'hui mais elle est partie. Jusqu'au dimanche suivant. En me faisant promettre qu'il s'agissait de quelque chose de constructif pour nous deux. Difficile à avaler, dur à croire. Le sentiment d'abandon prévaut aujourd'hui, il est net. Retour aux sources donc. Du Cure et un zeste de mélancolie pour une longue semaine. Lundi dans une semaine, je saurai également si nous partons à Rome. Les tickets d'avion et d'hôtel sont sur la table, échoués comme des naufragés dans l'océan. Mes premières vacances depuis un an vont peut-être tomber à l'eau, sacrifiées sur l'hôtel du doute.

    L'amour c'est le doute... comme toute entreprise humaine, rien n'est prévisible. J'aimerais "m'auto-dafer".

  • Désenchantement

    Désenchantement ou début de désenchantement je ne sais. Hier N. m'a annoncé qu'elle voulait prendre l'air et me quitter durant une grosse semaine pour faire le point... retourner chez ses parents. L'histoire est un éternel recommencement dirait-on. Après l'annonce, nous avons pleuré des heures durant et ce fut revirement sur revirement. Je reste, je pars, je ne peux te quitter, je t'aime, nous sommes tellement complices disait-elle. Tellement complices qu'en cinq mois, pas une ombre n'a obscurcit notre tableau. Encore une fille qui dit que je suis le type parfait... et encore une fois, cela me fait une belle jambe. Certains détails dans son discours me font dire qu'elle ne reviendra pas, d'autres si. Je ne sais pas quoi penser et elle non plus d'ailleurs. Sa jeunesse la perd, elle n'a jamais été aussi bien avec quelqu'un dit elle, trop bien d'ailleurs et c'est cela qui lui fait peur. La perspective de passer une semaine seul dans cet appartement me fait peur, un appartement où tout me rappelle N.

    Cette année est terrible pour moi, dans l'ordre, le décès de ma mère, la certitude scientifique que jamais et je ne pourrai avoir d'enfant et maintenant l'éventuel départ de N. C'est trop pour un être humain normalement constitué.

    Ce soir N. et moi allons chez des amis nous ayant invités de longue date et la politesse nous a dicté de ne pas décommander vu qu'il s'agissait de homards commandés... bref la soirée la plus longue de ma vie avec les larmes au bord des yeux ; des larmes que le xanax disponible dans ma pharmacie ne pourront sécher. Le sort est jeté...