• Névrose

    Encore un dimanche. Ils se suivent et se ressemblent. Des amis m'avaient invité pour faire une marche mais au dernier moment, je n'ai pas eu le courage d'y aller. Je me suis rappelé que chacun des participants serait en couple et que cela me renverrait à ma propre solitude.

    Je suis resté dans mon lit à ruminer mes pensées sombres. Je suis assez lucide pour me rendre compte que cela commence à toucher à la névrose. Je ne vois pas vraiment comment je vais sortir de ce cercle vicieux. Il est clair que jamais, dans ce état, je ne rencontrerai l'âme soeur.

    Je me rends compte que je vis dans un certain enfermement, portes et tentures fermées, clair-obscur permanent à la lueur de mon champignon abat-jour, seul mon ordinateur est une porte lumineuse vers l'extérieur. Serais-je une nouvelle sorte d'autiste du XXIe siècle?

  • Pitoyable décompte, pitoyable question, pitoyable réponse

    Je ne sais pas ce qui me passe par la tête en ce moment. Peut-être est-ce parce que j'attends des résultats médicaux qui me stressent et puis, il y a cette douleur qui me taraude dans le ventre. Sans cesse je me dis que si c'est grave et que je dois quitter cette terre, j'aurais tout raté dans le domaine amoureux.

    Aujourd'hui, je me posais la stupide question du nombre de fois que j'avais fait l'amour. Tout bien pesé, cela ne doit pas être plus de quarante fois ; ce nombre comprend les fois où je l'ai fait saoûl et sans amour ! Quarante putains de fois. A trente ans. Quarante foutues fois ! Maximum cinquante ! Lamentable n'est-ce pas? On me dira que ce n'est pas le nombre qui compte (facile à dire cela)... Bien sûr bien sûr mais ce maigre nombre traduit en chiffre la pauvreté miséreuse de ma vie amoureuse ; il décrit le vide, il décrit l'absence, il dénombre les nuits seuls dans un lit froid ; il est la matrice de la solitude.

    Alors si je devais mourir dans peu de temps, une question me poursuivrait... Utiliserais-je tout l'argent qu'il me reste pour tomber dans la débauche de sexe, pour rattraper le temps perdu? J'en arrive malheureusement à me dire que oui. Tristesse.

  • Let's go to bed

    Aujourd'hui, je suis allé m'acheter un lit. Un lit pour une personne : moi.

    J'ai vu dans les yeux du vendeur qu'il me jaugeait. Etre seul à mon âge est évidemment peu commun mais pire, n'avoir aucun espoir et acheter un lit pour une personne en se disant que de toutes façons, jamais on ne pourra dormir avec l'être aimé, c'est encore plus désepérant. Je m'enfonce de plus en plus dans des réflexions obscures sur mon état. Et je compare sans cesse avec mes amis, tous casés, pas tous heureux certes mais accompagnés. La question est de savoir si certains êtres humains sont condamnés à errer dans la solitude, comme si leur programmation avait été ratée ; ils n'attirent pas ; ils n'auront pas descendance ; ils regarderont toujours les autres avec envie et ne seront jamais en accord avec euxmêmes.

  • Cessons...

    Cessons une minute de s'attermoyer sur l'amour inexistant car les corps s'encastrent sur les écrans comme dans la vie, violence routière, immense capharnaüm de corps enchevêtrés, images inoubliables, tatouées dans l'âme. Je vais aller me coucher avec la nausée, la vision de ces faits divers qui brisent, qui anéantissent des familles et des coeurs ; résultats du hasard ou de l'inconscience des uns ou des autres, ils apposent leur marque indélébile dans les pauvres vies humaines que nous tentons de vivre. Mener une barque est bien difficile quand le sort s'acharne.

    Tous les jours, quand je monte dans ma voiture, je pense que je ne pourrais pas revenir et finir en charpie dans la grand-messe charcutière du quotidien. Boucherie-loterie.

  • Dimanche perdu

    Les jours passent et se ressemblent. Aujourd'hui, je me suis levé péniblement vers 12h00' et je me suis recouché presqu'immédiatement. Je n'avais pas la force d'affronter l'extérieur, pas la force d'aller rendre visite à des gens. J'ai donc passé toute la journée dans mon lit, devant la TV.

    Je sais que plus tard, je regretterai ces journées vides. Si par exemple je contractais une maladie incurable, je suppose que je pleurerais toutes ces journées perdues. Pourtant, je ne sais pas quoi faire pour bannir ces jours ternes, insipides et aveugles... oui aveugles car tous rideaux clos, je vis dans l'obscurité, à la seule lueur de la lucarne qui débite ses stupidités.

    Un ami me disait hier qu'il ne comprenait pas pourquoi je passais mon temps de cette manière et pourquoi par exemple je n'allais pas surfer sur des sites de rencontre . Comment lui faire comprendre que pour cela, il faut être fort et comme certains me l'ont dit dans des commentaires sur ce blog, il faut que l'extérieur brille. Pour l'instant, il est mat mon extérieur, mat comme un trou noir.

  • Soulagement

    A mon grand soulagement, hier au concert, j'ai rencontré au moins une dizaine de personnes que je connaissais et que je n'avais plus vues depuis longtemps. Ce fut donc une bonne soirée.

    Ce qui m'impressionne toujours dans ce type de concert, c'est le nombre de jeunes femmes qui sont à mon goût car non seulement je les trouve belles mais en plus, je vois qu'elles sont de culture underground (cad qu'elles ont des goûts certainement très proches des miens en musique au moins). Ce qui me surprend donc, c'est leur nombre et leur diversité. Le problème est que je ne vois pas comment en aborder ne fut-ce qu'une... Je me suis toujours demandé si d'autres filles avaient les mêmes problèmes que les miens. Je suppose que oui et que les appréhensions relationnelles et existentielles ne peuvent se limiter au seul sexe masculin. Et je suis rentré seul vers 1h00' du matin avec la tristesse au ventre.

  • appréhension

    Ce soir passe dans une salle liégeoise un fabuleux chanteur américain. Mon meilleur ami étant la seule personne à l'apprécier dans mon entourage, je lui ai proposé de nous y rendre. Pris par des impératifs impératifs, il ne pourra m'accompagner.

    Me voilà donc toujours le même problème, y aller seul ou pas. J'aime tellement cet artiste qu'il serait vraiment con que la solitude me gâche la soirée... Bon c'est décidé, j'irai seul et j'espère trouver dans la foule un regard ami, avec qui je pourrais échanger quelques commentaires sans avoir l'air d'un mendiant affectif.

    La dernière fois, je me rappelle, j'avais été voir mon groupe préféré seul à Gand (en plus d'être seul, je pense avoir été le seul francopone dans la salle) ; ce fut encore plus dur.

    Que dire de ma journée aujourd'hui? J'en viens à me demander pourquoi je travaille, quelle est la finalité de tout cela, si je ne peux même pas profiter de mon argent pour faire des activités qui me plairaient. Le pire est que je n'économise même pas, que je m'achète des conneries juste pour passer le temps ou du vin. Il est vrai que si je meurs aujourd'hui, mes héritiers indirects pourront se ruiner le foie avec ma cave à vin plus que bien fournie. Le vin, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour supporter ma condition. Attention, je ne veux pas dire que je suis alcoolo. Bien au contraire, je suis un fin connaisseur et donc, je me réjouis de boire chaque bouteille au bon moment de son vieillissement, une manière en quelque sorte d'avoir envie de vieillir. Si jamais, un jour, je rencontre une fille et si elle aime le bon voire très bon vin, elle sera heureuse, pour sûr.

  • Epuisant début

    En ce début d'année, je me sens épuisé ; l'année passée, je n'ai pas pris de vacances, j'ai pris de-ci de-là mes jours de congé pour allonger un week-end, pour dormir après une fête ou l'autre... mais rien à l'étranger. Encore une foutue conséquence de ma solitude. En effet, chaque année, je partais avec des amis mais cela n'a pu se faire cette fois. Or, je ne me suis pas senti assez fort pour partir seul. C'est un peu comme les festivals rocks, je renacle à y aller seul je n'ai pas envie de voir se poser sur moi le regard des autres, j'ai l'impression qu'ils voient que je suis seul même si cela tient peut-être du phantasme.

    Ce qui est lamentable, c'est de dépendre ainsi des autres. J'aimerais être différent et pouvoir fendre la foule fièrement sans que n'entrent en jeu toutes ces considérations ou plutôt, j'aimerais ne pas à avoir fendre cette foule seul...

  • Vides week-ends

    Les week-ends sont pour moi les moments les plus délicats ; des moments où je ressens réellement le manque de l'être avec qui j'aimerais partager ma vie, mes joies et mes peines mais qui n'existe pas. Pourtant, cela ne veut pas dire que j'aime mieux mon travail en semaine. Non. Comme tout le monde, j'attends le WE mais une fois qu'il est arrivé, je peux jauger réellement quelle est ma solitude.

    J'ai des amis, comme tout le monde mais ceux-ci commencent à avoir des enfants et de toutes façons, je n'ai pas envie de devenir quelqu'un de collant qui s'impose chez les autres, qui rentre dans leur intimité. Je suis très attentif à ne pas déranger.

    J'aimerais simplement partager des choses avec quelqu'un, des émotions et des centres d'intérêt. J'ai peur que si cela continue ainsi, je finisse vieux et seul comme l'un de mes voisins. C'est horrible de finir seul. Si cela continue ainsi, au terme de ma vie, je pourrais dire voilà, je n'ai rien construit, n'ai eu quasi aucune émotion, je n'aurais fait que produire et consommer.

    J'ai pourtant tout essayé ou presque, certains m'ont dit que je ne sortais pas assez alors j'ai multiplié fêtes et guindailles. Outre le fait que cela a coûté beaucoup à mon foie, rien ne s'est passé. On m'a dit "cherche sur internet", je l'ai fait et encore une fois, beaucoup (de filles) m'ont déçu par leurs vélléités ; des filles qui vous écrivent puis cessent sans la moindre explication ou d'autres qui mentent sur tout ou presque et qui se débinent au moment de la rencontre.

    Il y a un an, j'étais assez gros, j'ai perdu quinze kilos pour devenir tout à fait 'normal', encore une fois, cela n'a rien changé. Je ne pense pas que là était le problème car je vois pas mal de type obèse qui mènent une vie de couple normale. Bon j'arrête ici, les Week-ends m'inspirent réellement des idées noires, je vais un peu regarder la télévision, puis aller dormir, seul.

  • Le courage des oiseaux

    Aujourd'hui, j'avais congé l'après-midi et je me suis promené sur différents blogs. Je suis tombé sur http://simple-ou-complique.skynetblogs.be ; je l'ai lu presque entièrement. Cela m'a profondément touché mais cela m'a fait peur. J'ai pu me rappeler qu'une liaison amoureuse est vraiment quelque chose de très compliqué. Telle une madeleine de Proust, les commentaires de ce blog m'ont ramené à la mémoire certains épisodes douloureux de ma vie amoureuse. Et cela me fait peur. Il est vrai que je cherche à tout prix à avoir une relation. La question nouvelle est de savoir si je m'en sens capable. Je pense que non. Je suis tout à fait abattu.

    Je suis tellement faible et demandeur qu'à tous les coups, je vais être trop collant, trop chiant, jaloux, peureux, artificiel ou larmoyant.

    Triste constat, je crois que c'est foutu pour cette vie-ci ; il faudra donc attendre la prochaine.

  • Soir

    Pas trop de temps de faire de la littérature ce soir ; juste envie de placer l'une ou deux phrases qui résument mon état d'esprit. Je viens de rentrer des agapes de fin d'année du boulot. Quelques filles magnifiques étaient là. N'entendez pas magnifiques dans le sens de mannequins, belles ou quoi que ce soit. Non disons magnifiques à mes yeux ; simplement. J'aurais aimé leur dire que leur simple présence illuminait la pièce, que leur existence à elle seule pouvait me procurer un peu de bonheur... Evidemment, cela ne se fait pas (elles sont toutes en couple ou presque) et dans le milieu professionnel, il serait malvenu de dire à une fille qu'elle me donne du bonheur rien que par le fait de son existence. Non, elle ne comprendrait pas. Si j'étais atteint d'une maladie grave, je le ferais, pour sûr.

    J'attendrai donc encore mais les yeux bleus d'une certaine Y. brillent dans mon esprit pour longtemps.

  • I really don't know what i'm doing here...

    Ceci est la première phrase de la chanson "open" de l'album wish des Cure... Une phrase qui pourrait résumer en quelque sorte mes réflexions en ce début d'année. Je ne sais pas s'il est très sain de se poser ce type de questions. N'est-ce pas plus facile de vivre sans but sans questions, de façon plus instinctive voire animale.

    Mélancolie toujours en ce jour ; je repense à A. mon ex ; une petite flamande formidable avec qui j'ai vécu six mois. Six mois de pur bonheur. Puis elle m'a quitté sans que je sache pourquoi. Déjà un an depuis son départ. Enfin, je devrais dire, seulement un an car il me faut généralement entre deux et trois ans pour me remettre d'une rupture. Eclaircie en 2005-6 donc.J'attendrai jusque-là dans un coma éveillé, que tout cela cesse.