Amour

  • Juste bon à battre

    Les deux posts précédents, je parlais de H. que j'avais rencontrée au carnaval. Les choses étaient devenues plus sérieuses. C'était une douce relation, H. venait les weekends dans la belle ville de Liège, sa blondeur et ses yeux bleus éclairaient la blanche gare dont les courbes ressemblent à l'envol d'un oiseau libre. Tout se passait bien ou du moins je le pensais. C'était sans compter sur mon inconscient, ou sur ma peur, ou sur mon indécision, ou sur mes habitudes, où sur mon coeur, ou sur mes tripes. Il y a une semaine et demi, j'ai commencé à avoir des douleurs au ventre, comme si j'étais vide à l'intérieur. Ces crampes duraient et duraient encore. Plus rien n'était normal. Je me suis dit que je retombais dans la situation de décembre, que le burn out et la dépression revenaient à grand pas et que j'allais replonger. Pourtant, à l'analyse, au boulot, c'était bien... la situation s'était normalisée et je constatais même que j'étais cool, ce qui n'arrive que très rarement. Puis j'ai commencé à comprendre, ces crampes qui m'obligaient à passer ma vie dans les toilettes, elles venaient de mon histoire, ou de la peur de mon histoire ou d'H., de mon amour ou mon désamour. Je ne savais pas, j'étais littéralement perdu, au fond du trou. Cela devenait intenable. Jeudi passé, au travail, une angoisse sourde et ineffable est montée en moi et j'ai dû presque me jeter sur un xanax pour ne pas fondre en larme. Je n'aimais plus H. ou je l'aimais moins ou je ne savais plus ce qui se passait en moi, juste l'envie de pleurer, pregnante. Au tréfonds de moi-même. Vendredi, je voyais H. et au resto, j'ai ressenti un immense vide et une immense tristesse. Je passais la nuit dans ses bras et là, cela allait. Nous fîmes l'amour magnifiquement, comme chaque fois d'ailleurs. Le lendemain, je la reconduisais à la gare et après son départ, je me suis effondré en larme, toute l'après-midi de même, avec l'estomac qui se trouait littéralement, comme un ulcère, crampes et trou en formation. Fin d'après-midi, je lui téléphonais en pleurs pour lui dire que je ne savais pas ce qui m'arrivait, que j'étais vide, sans amour. Je pleurais de plus en plus, sans savoir me reprendre et elle s'inquiétait, ne comprenant rien. On convint de se voir le lendemain à Bruxelles et je passai la nuit à pleurer comme un malheureux. Le lendemain, j'allai chez elle et impossible de me reprendre, je lui fis part de mes doutes, de mon vide intérieur, on pleura tous les deux. Elle me disait qu'elle aussi allait mal, qu'elle pensait sans cesse à son ex-copain qui s'était suicidé en décembre. Elle me rassurait en disant que je n'étais pas seul en cause, qu'elle était trop fermée, qu'elle n'arrivait pas à être autrement et que le suicide l'avait encore un peu plus fermée. Pourtant, ce qu'elle m'a donné était déjà beaucoup, elle ne m'a jamais fait faux bond, elle était totalement digne de confiance, elle était spirituelle, belle, intelligente peut-être un peu moins sociable que moi mais qui n'a pas de défaut. Au bout de 4 heures de conversation et de pleurs, elle m'a proposé que l'on fasse une pause dans notre relation, un mois où l'on mettrait cela entre parenthèse, un mois pour que je prenne du recul et un mois pour qu'elle puisse commence un travail de deuil qu'elle avait repoussé à plus tard en raison de notre relation.

    Ce matin, je n'avais plus mal au ventre, la douleur, la brûlure qui avait marqué mes dix derniers jours avait disparu.  

    J'aimerais l'aimer de tout mon coeur, la chérir jusqu'à la fin de mes jours mais mon coeur est pour l'instant vide pour elle ; cela me donne envie de me taper la tête contre les murs. Je l'apprécie à un tel point que j'ai pu comprendre que mon IMMENSE tristesse était due au fait de l'abandonner, de lui faire du mal, de la laisser au bord de la route. Mes amis n'ont rien compris. Pourtant, c'est simple, je l'apprécie au plus haut point, je tiens à elle, je ne lui veut que du bien mais je ne l'aime pas ou plus ou pas assez.

    J'ai l'âme déchirée entre ce désir de m'occuper d'elle, de l'aider à soutenir les moments difficiles qu'elle vit pour l'instant et l'obligation pour moi de cesser d'avoir ces douleurs qui me trouent l'estomac. Il était impossible pour moi de continuer.

    D'un autre côté, j'ai pleuré pendant six ans pour qu'enfin finisse cette vie de célibataire et voilà que je rencontre quelqu'un avec qui la vie aurait pu être douce et je la rejette. Je suis juste bon à battre. Tout n'est pas si simple et je le sais.

    S'il existe une vie supérieure là-haut, pourrait-on m'aider ?

    Comme une amie psy me disait hier, elle peut comprendre que cela soit difficile à vivre mais je suréagis de manière  anormale. Ma réaction traduit quelque chose d'autre, un mal profond dont l'origine doit être sondée.

     

    A écouter en lisant ce post, l'album Seventeen seconds de The Cure en 1980.

  • Disintegration

    Y. est donc partie, avec ses secrets. Je n'ai rien compris. Pas d'explications comme souvent. Elle ne le sent plus.

    Je suis perdu, je suis perdu dans ce monde que je ne comprends plus. Avec ces gens qui sont mes semblables mais dont je suis incapable de comprendre les motivations et les aspirations.

    Au nouvel an, Y. m'écrivait sur un petit bristol qu'elle espérait que je passerais beaucoup de moments de qualité avec mon petit Santa de Gand en 2012. Le 12.01.2012, elle m'annonçait sur un banc public en plein centre de Bruxelles qu'elle ne pouvait plus continuer avec moi, dans un moment poignant où elle essayait de me soutenir ; terrassé par la peine, le coeur littéralement transpercé de douleur, des larmes plein les yeux, elle me tendait des petits mouchoirs et je l'écoutais s'empêtrer dans un discours qui frisait le non-sens. 

    Elle n'avait rien à me reprocher et j'étais un super gars. Elle l'écrivait d'ailleurs dans ces termes :  ik begrijp mijzelf niet – het was zo perfect en leuk, en je bent echt een fantastische jongen: lief, slim, grappig, sociaal, … En gros, cela veut dire qu'elle ne se comprend pas, que tout était parfait et chouette et que j'étais tendre, intelligent, marrant, sociable...

    Je sais qu'il est idiot de chercher une explication, que la fin d'une relation, très souvent, ne s'explique pas. Je cherche une explication car cela m'occupe la tête, car je cherche le moyen de la récupérer tout en sachant que c'est tout à fait vain. Vain, comme le mail de deux pages que je lui ai envoyé jeudi, alors que je baignais dans le whisky et mes propres larmes. Tout cela ne sert à rien, j'en suis conscient. Rien ne sert à rien d'ailleurs.

    J'aimerais me désintégrer, voler en éclat, pour tout oublier.

    Cela passera. Over and over and over.


    A écouter en lisant ce post : The Cure, Disintegration sur l'album Disintegration.

     

  • Les jours de malheur

    Cette journée fut mauvaise. Les événements du weekend tournaient dans ma tête au boulot alors que je savais que Y. était quelques étages en dessous. Je l'ai même vue car j'ai dû donner un avis concernant une personne de son service qui avait fait une connerie. Je suis resté très professionnel, comme toujours. Je suis sérieux et si parfois j'ai mélangé amour et travail, cela n'a jamais été au détriment du travail. Je sais mettre mes émotions au placard quand il s'agit de voir, sur mon lieu de travail, la personne aimée ou désirée.

    En privé par contre, cela se corse. J'ai eu plusieurs fois les larmes au yeux et je me suis surpris à parler tout seul en disant une insulte quelconque mais qui traduit mon exaspération devant la situation. Je rumine je rumine. Encore une qui veut que je soit son ami, aaah la belle amitié en garçon et fille. Des questions me sont venues à l'esprit et j'en ai parlé à une collègue que j'apprécie beaucoup et qui est au courant de la situation. Pourquoi Y. a envie de faire de moi l'un de ses amis, à 35 ans? N'a-t-elle pas un cercle d'amis? Pourquoi va-t-elle chercher un francophone qui de surcroît, habite à 150 kilomètres de chez elle, elle qui, d'ailleurs, veut la fin de la Belgique et a voté NVA ? Ma collègue me disait que tout cela n'était pas possible, qu'elle a dû changer d'avis au dernier moment ou qu'elle était confuse et ne savait pas ce qu'elle voulait. Elle m'a dit cela alors que j'étais en train de culpabiliser et que j'aurais dû lui donner mon amitié. Elle m'a déconseillé de le faire et m'a dit de me préserver. Elle a raison, je n'ai pas envie de souffrir et d'être là aux abois, d'attendre un geste de sa part. Coupons toute communication sauf les messages professionnels et voyons ce qui arrive... cependant je le sais déjà ce qui va arriver : rien, il ne va rien se passer. C'est l'histoire de ma vie.

    J'erre donc entre la rage et le désespoir...la tristesse et le dégoût. A travers ces murs de pleurs et d'espoirs déçus, que me reste-t-il sinon le sentiment d'absurdité qui régit ma vie ? Rien ne sera plus comme avant ! J'ai ressenti tant de refus, tant de tristesses, tant d'ignominies larvées, tant de pleurs, tant de jolis visages qui disaient non, tant d'indifférence, tant d'ignorance, tant de douleurs, tant de vide. Il FAUT qu'il se passe quelque chose. Bon ou mauvais mais quelque chose ! J'implore les dieux qui n'existent pas.

     

    A lire en écoutant : Faith (live) sur The Cure - Faith Deluxe (Rarities) ou sur la face B de Charlotte Sometimes (maxi).

  • Amour, croyances et déception

    Petit focus sur une semaine qui fut riche en émotions. Au moins pourrais-je écrire qu'il y a eu de la vie car dans l'émotion, il y a une étincelle de vie.

    Comme je l'avais expliqué il y a quelques temps, j'avais revu Y. et nous avions repris sérieusement contact. La semaine passée, nous étions allé ensemble boire un verre et manger des tapas après le travail. Mes sentiments pour elle renaissaient de leurs cendres. A la fin du repas, elle me faisait promettre de venir à la grande fête de sa ville, laquelle avait lieu ce WE. Durant la semaine, je cherchai une chambre d'hôtel et elle m'y aida... mais impossible car tout était absolument complet. Il faut savoir que cette fête drainait des dizaines de milliers de personnes. Y. ne pouvait m'héberger car sa soeur divorcée vit chez elle en ce moment. Vu l'instance de Y., je me suis dit que j'allais y aller malgré tout, sans filet, et que je reprendrais le premier train. Cela valait la peine, j'étais certain que nous allions sortir ensemble et ce, malgré qu'elle avait un copain avec qui, m'avait-elle dit, elle envisageait de rompre.

    Hier donc, j'arrive dans ce belle et grande ville flamande. Elle m'informe plus ou moins directement qu'elle a quitté son copain le jour avant. Bien. Que penser après cela si ce n'est que mon rêve allait se réaliser et que mon amour pour elle allait enfin se matérialiser dans une relation concrète. Pourtant, rien de tout cela ne s'est passé. Malgré tout ces signes, malgré cette lourde instance dont elle avait fait preuve pour que je soie présent, elle s'est assez peu occupée de moi et j'ai passé une grande partie de la soirée avec ses (chouettes) amis. Vers 3h30' du matin, je me suis lancé mais elle était complètement saoûle... et elle m'a répété qu'elle ne voulait que mon amitié, qu'elle croyait que j'avais compris, qu'elle voulait garder sa liberté, etc. Vu que j'avais d'autres collègues présents, j'ai dit au revoir à tout le monde et je suis parti les retrouver, le coeur baigné une fois de plus d'une grande tristesse. J'ai bu avec eux jusqu'au premier train. Suicide alcoolisé puis le retour en train, l'arrivée dans ma ville à 7h du matin et les pleurs qui montaient dans mes yeux à l'approche de ma maison... le dimanche passé au lit, sans la moindre force, à essayer de comprendre, et même ce sms reçu me disant qu'elle croyait que j'avais compris qu'elle m'aimait bien mais qu'elle n'était pas amoureuse de moi... et qu'elle s'était tout de même très bien amusée, etc.

    Je ne comprends rien aux femmes. J'ai fait 150 kilomètres pour aller boire des bières avec Y. Elle s'est bien amusée. Elle est contente. Soit.

    Je ne veux pas être l'ami éternel, le bon ami, le confident, la bonne poire pour la soif. Tout cela est terminé. J'ai décidé que je ne verrai plus Y. Je suis terriblement déçu et je ne comprends toujours pas que l'on puisse donner autant de signaux alors que se cachait derrière tout cela une simple amitié. Un mélange de rage et de tristesse m'a envahit et m'a poussé à m'exprimer ici.

    A écouter en lisant ce post : Adonais (The Cure).

  • Passé pas si lointain

    Hier soir, j'ai passé une partie de mon temps à défaire des caisses rapportées de chez mon père. Il va déménager dans quelques semaines et je reprends progressivement mes affaires qui étaient restées dans la maison familiale. Une caisse m'a occupé plus particulièrement. Il s'agit de ma correspondance, de photos diverses, de ma collection de copions (anti-sèche pour mes lecteurs français ;-) et d'autres documents divers. C'est que je suis retombé sur des photos de C. ou plutôt appelons-la CM vu qu'il ne s'agit pas de C. avec qui j'étais sorti quelques mois en 2004. CM, qui fut mon premier amour, avec qui je suis sorti trois mois quand j'avais 16 ans et encore quelques mois quand j'avais 19 ans. Chaque fois que cela a été fini avec elle, il m'a fallu plusieurs années pour récupérer totalement. Pourquoi CM avait-elle tant de pouvoir sur moi ? Impossible à comprendre, toujours aujourd'hui. Il est bien clair que cela n'était pas sain. Je n'ai plus jamais connu une passion aussi dévorante... heureusement ajouterais-je... Quoi que. Maintenant que ma vie est devenue plane, neutre, sans relief (toujours trois adjectifs comme chez Proust), cela serait peut-être salutaire... mais je sais comme cette situation peut faire souffrir et de l'autre côté, je n'ai pas envie de revivre cela... tel quel du moins. J'ose aussi espérer qu'avec l'expérience, un tel mal-être post relation ne sera plus possible.

    15 ans après, j'ai seulement croisé une fois CM il y a plusieurs années, j'étais en voiture et je l'ai vue quelques secondes. Il est vrai que je me demande bien ce qu'elle est devenue, si elle a des enfants, si simplement elle vit toujours... juste par curiosité. J'ai bien un moyen pour le savoir mais celui-ci est illégal et je me suis juré de ne jamais l'employer.

    C'était donc hier, une fin de soirée dans la nostalgie avec parfois, une petite pointe de mélancolie.

  • Altruisme

    Hier, j'ai fait tout ce que je pouvais pour rassurer N. Elle a dormi ici comme un petit enfant triste. Elle y arrivera, j'en suis sûr mais il est normal qu'elle ait des gros coups de blues. Dans ces cas-là, je lui avais promis que je l'aiderais toujours. Je tiens cette promesse. C'est la première fois que je ressens vraiment que je suis altruiste, je vois son bonheur avant le mien et j'en tire satisfaction. Il faut dire, à ma décharge, que mes réflexions sur la vie m'aide à ne plus penser à rien. Je reviens à une conception de la vie en tant que vie absurde. Je navigue sans but, à vie. Je ne pense plus à fonder une famille, je ne pense plus aux enfants que je ne pourrai jamais concevoir. Ma stérilité ne m'obsède plus. Je n'espère rien sinon d'être bien. Je profite de chaque petit plaisir de la vie. Aujourd'hui par exemple, soirée chez mon meilleur ami, appelons-le NN. pour ne pas qu'il y ait de confusion... Match d'Anderlecht en UEFA. Enfin, c'est ce que l'on m'a dit. Je n'aime pas le football, je l'ai aimé entre 1978 et 1982, année où le Standard de Liège a triché (ou était-ce en 1986?) ; cela m'a dégoûté à tout jamais du foot. Grand bien me fasse. Mais voilà, me retrouver chez NN. entouré de trois autres amis, chopes à la main, cela m'a fait du bien. Plaisir simple, presqu'un abrutissement salvateur mais je n'aime toujours pas le foot. Une grande qualité aux yeux de beaucoup :-)

    Sinon beaucoup de pensées mais il est un peu tard pour les développer. Un cerveau qui fourmille, malgré la lune bien haute. Aujourd'hui, beaucoup de stress au boulot. J'ai dû répondre à une horde de syndicalistes excités par l'une de mes décisions. Pourtant celle-ci était juste, basée sur la réglementation. Parfois, je me demande s'ils sont là uniquement pour nous pousser à bout. Je suis quelqu'un de juste et je ne supporte pas la mauvaise foi, leur mauvaise foi. J'ai failli péter un plomb, j'avais vraiment envie de les insulter mais je me suis bien entendu retenu, tout en étant le plus sec possible (toutes les discussions se faisaient par mail, moi contre plein de syndicalistes car ma chef était en congé). C'est vrai que où je travaille, je suis au Service du personnel et je représente l'autorité du Directeur général dans ces matières. Parfois les décisions sont difficiles à prendre mais j'essaie d'être le plus juste possible. Quand on traite mon service de gestapo, j'ai juste envie de prendre une grande batte et d'aller en donner quelques coups... mais je reste bien poli et lisse... Tout cela pour dire que quand j'ai vu ce que faisait les syndicats dans mon organisation, les combats qu'ils défendaient, je me suis immédiatement désyndiqué. Oui, j'avais pris ma carte quand je travaillais dans l'enseignement.

    Autre sujet, plus court car il se fait taaaard... J'ai découvert un blog très émouvant, je vous le conseille. Le lien se trouve en bas à gauche de ma page. Les tribulations de M., qui me rappellent étrangement les miennes. On croit être seul à vivre des moments difficiles et l'on peut croire que notre situation est unique mais non, quelque part, dans une autre ville, dans un autre quartier, quelqu'un souffre de la même chose ou a souffert, et il raconte les mêmes choses que vous, parfois autrement, chacun son style, mais l'émotion submerge dans tous les cas. Les êtres, dans leurs invidualités, vivent isolément les mêmes drames, les mêmes déceptions, les mêmes déchirements. Les êtres faits de chair passent dans les affres de l'Amour, se débattent, étouffent, sombrent, les corps mouillés de larmes ; leurs corps sont maltraités par l'Amour qui disparaît et ils ne comprennent pourquoi. Ils sont mutilés, incomplets, meurtris et cherchent une issue, un souffle qui leur permettra de sortir la tête de l'eau, d'entrevoir ce que peut être le bonheur pur et ils espèrent, toujours rencontrer l'Autre, celui dans lequel ils verront leur vie défiler et avec lesquels ils seront certains de toucher l'INFINI. Ils sont dans le fini, dans le monde réaliste et cherche l'Utopie, l'Utopie de l'être qui les fera chavirer définitivement ; pourtant, peut-être celui-là , n'existe pas.

    Chanson du soir : Dominique A : le Courage des oiseaux.

  • Hier est un autre jour

    Non, je ne perdrai pas la tête comme je le disais hier. Dans la solitude et le silence, je vais progressivement me reconstruire. Cette décision de rupture était la bonne, j'en suis convaincu. Je retrouverai petit à petit le goût des choses, l'intérêt pour mes passions, je sens que je vais revivre, après tous ces moments de doute, qu'une espèce de souffle est en moi et qu'il couve, là, sous la tristesse. J'espère qu'il en est de même pour N. Avant de nous quitter, il a été important pour nous de faire promettre à l'autre de ne pas se suicider. Ridicule peut-être mais c'était important pour nous, pouvoir penser que l'autre serait bien était important pour chacun de nous.

    Aujourd'hui, journée difficile au travail, beaucoup de stress et de bruits. Dans quelques semaines, je vais commencer mon stage pour être nommé définitivement comme fonctionnaire (si notre Belgique n'explose pas d'ici là). Un an de stage puis un mémoire à rendre et puis un travail à vie. Maigre consolation à défaut d'autre chose mais c'est déjà çà, un travail intéressant, payé correctement et stable... Que demande le peuple ? Et bien, de l'Amour ! (mais çà, ce sera pour plus tard, d'abord se reconstruire).

    Chanson du jour : Adonais de The Cure, une obscure et sensible face b (quand le vynile existait !).

  • Apprivoiser la solitude

    N. n'est plus là et tout est silencieux ; je ne sais par où commencer car la maison est un chantier. Je n'ai de courage pour rien. Il fait sale, tous les reliefs du déménagement sont toujours visibles, vis, poussière, bière vide, miettes de pain, vieux sachets jetés sur le sol. Et je me demande ce que N. fait, dans son petit appartement cossu de la place St ***. Pense-t-elle à moi ? M'a-t-elle déjà oublié ? Je tourne en rond ici sans la moindre volonté. Je tente de me perdre dans Second Life, un jeu en ligne où l'on est sensé avoir une seconde vie. Faux, cela ne fonctionne pas car c'est bien perdre le temps de sa vie réelle pour s'investir dans ce jeu, ce n'est nullement une autre vie. Cependant, c'est un moyen simple de parler à d'autres êtres humains quand on se sent seul. J'ai peur de déraper, de perdre la tête dans tout ce silence insupportable. Le soir tombe et la pièce s'emplit de noir. Seul la fenêtre de mon Imac reluit dans la nuit. Que fait N. ? Elle est probablement dans sa famille, pour l'un des premières fois sans moi. A côté de moi gît la lettre que N. m'a laissée. Une très belle lettre, très émouvante qui a fait couler des larmes de mes yeux. N. est quelqu'un de bien, de doux, de sincère et qui se soucie de l'autre mais je ne l'ai pas assez aimée malgré tout. J'aimerais comprendre pourquoi... Cela me tiraille de plus en plus... Je veux des réponses, je les exige de moi-même mais rien ne vient. C'est désespérant. J'espère que je tiendrai car tout cela est bien triste et insupportable.

  • J-2

    Cela prend aux tripes cette saloperie, cela tord les boyaux et cela fait monter les larmes. Plus que cette nuit et demain et encore une nuit et N. ne sera plus là. Et il sera temps de ressortir les antiques Joy Division et The Cure à la lueur de la flammèche et pleurer en silence. La fin du chemin commun, c'est toujours terrible... et quand le chemin fut beau et la compagne amène, c'est une horrible tristesse qui envahit tout l'être. Je ne sais ce qui se passe dans les circonvolutions de mon cerveau... j'aimerais comprendre pourquoi j'ai cessé de l'aimer entièrement. J'ai cherché pendant des semaines mais n'ai jamais trouvé. Et pourtant, combien de fois m'étais-je posé la question quand des filles m'avaient quitté dans le passé. Ces derniers jours, N. était plus belle à mes yeux, je l'ai trouvée changée et j'ai même cru que je retombais amoureux... mais N. est belle car elle me quitte et qu'elle va mieux. Quant à moi, toutes les douleurs physiques que je subissais se sont évaporées depuis notre décision. Alors que penser d'autre que la décision qui fut prise est la bonne. Oui, c'est la bonne mais quoi qu'il en soit ma tristesse est immense. N. est mon âme soeur, terme à prendre dans toute sa virginité. J'aimerais pouvoir veiller sur elle de loin, qu'il ne lui arrive rien, qu'aucun homme ne la fasse souffrir, être toujours pas très loin pour la défendre et l'aider. Ma condition humaine m'empêchera malheureusement de réaliser ce voeu.

    Les cadres aux murs disparaissent, les bibelots s'évaporent, le lieu s'emplit progressivement de silence. Le sevrage va bientôt débuter, notre sevrage car nous sommes devenus inter-dépendants. Quelle va être ma méthadone ? Qui va pouvoir m'aider ? Je ne sais.

  • Répétition

    Toujours la même chose, toujours à déverser ici mes plaintes stériles... Allons il est vrai que je n'ai plus beaucoup de courage mais cela va passer. Tout passe. L'homme est un animal sur qui tout gilsse. Seul le temps importe et peut tout effacer. Je dois juste avoir de la patience. J'ai appris des choses ces derniers jours qui me font penser que tout ceci était inévitable. Back to ground zero. Pour une putain de nouvelle vie.

  • Retour au calme

    Je ne sais pas pourquoi mais cela va mieux. Je me sens plein d'espoir pour mon futur seul ou à deux. Je me sens fort et prêt à tout affronter. Je pense que j'ai tout en main. La situation actuelle me donne une sensation de liberté. Je sais qu'en relisant les posts de cette année, cela ne pouvait plus durer ainsi. Trop d'angoisses, cela n'allait plus. Alors que cela recommence autrement ou que chacun parte dans sa propre direction, quel que soit le choix, je pense que çà ira.

  • Compulsivité de l'achat dans la rupture

    Depuis mon existence, à chaque rupture, je m'offre un objet pour atténuer mon chagrin. Pour A., ce fut une M*** (17000€), pour C., ce fut une bel I*** (1600€). Et pour N., que vais-je donc acheter dans cet élan de tristesse ? J'ai pensé à une nouvelle MINI mais bon, l'ancienne n'a que 50 000 km. Vu que j'ai aimé N. plus que ces deux dernières femmes, elle mérite quelque chose de bien. J'ai pensé à une P*** (3700€), c'est-à-dire une belle m*** très simple et très belle. Je sais que je ne dois pas le faire mais je sais aussi que je le ferai plus que très certainement. Je suis en train de perdre pied. N. le sent. Je lui avais demandé des médicaments pour m'aider à ne pas pleurer... et sur table, ce soir, dans la maison vide, une attestation médicale pour acheter du sipralexa (anti-dépresseur), du xanax (calmant) et du Solian (le top en neuroleptique, celui qui fait disparaître toute angoisse). Un véritable pot belge qui va me permettre de ne plus avoir envie de pleurer en public, au travail, dans la rue ou dans le train.

    O toi, lecteur, dis-moi si je deviens fou.

  • Le jour d'après

    Aujourd'hui, au travail, cela a bizarrement été bien. Je me sentais léger et motivé par ma tâche. J'ai fait du bon boulot et en quantité. J'ai dernièrement réussi un examen très difficile (on est 90 sur 1250 à avoir réussi) et je vais être nommé à vie dans ce poste. Une chance ! Mais quand j'ai appris mes résultats, je n'ai pas pu être heureux car tout était brouillé avec N. Je peux dire que j'ai la chance d'avoir un travail correct et bien payé et qui me permet de subvenir à tous mes besoins. J'étais donc dans un état valable après l'immense tristesse ressentie hier... mais celle-ci m'a rattrapé dès que je suis rentré dans notre maison. Rien que le fait d'écrire notre maison me donne les larmes aux yeux car dans quelques jours ou semaines, elle va devenir ma maison. N. a décidé qu'elle me la laissait et qu'elle chercherait un appartement. Dès que je pense à elle, comme cette après-midi dans le train, mes yeux s'embuent et les larmes frappent à la porte, mon visage s'anime d'une tristesse extrême. Je ne parviens pas à imaginer qu'il y a un après derrière cette vie avec N., même si cela n'allait plus. Je suis comme dans une bulle de cotton, je ne parviens pas à me dire que ce qui m'arrive est la réalité. J'ai 35 ans maintenant et tout est à refaire, tout est à reconstruire mais je n'en puis plus. Tout à l'heure, pour me tester, je suis aller voir les têtes des filles de ma région entre 30 et 35 ans. Il y avait 36 pages différentes de filles qui s'offraient là, sur le net, sourire en porte-drapeau, à la recherche de l'Amour. Marketing de merde : les messages où elles se décrivaient suitaient la vente triviale, la saleté innomable qui ne peut qu'imprégner ce type de rapport. Pourtant j'ai trouvé N. sur internet aussi mais maintenant, cette exposition de visages souriant cherchant à happer le chaland me dégoûte et me fait vomir. Je suis en colère contre tout. Si je pouvais frapper dans les murs, je le ferais. Ma vie est une fois de plus en train de tourner en *ouilles. Je finirai par croire que je suis un vulgaire parasite de ce monde absurde. Stérile, je ne sers à rien sinon à produire du CO2 et à polluer la planête. Je déteste ma sale gueule de futur chauve et je honnis tout ce qui m'entoure. Ah quoi bon tout ce cirque ! Et pourtant, tout sera peut-être si différent dans quelques mois. Mais je n'ai plus le COURAGE de recommencer quoi que ce soit. Se pendre serait tellement plus facile, pour mettre fin à tout cela mais bien sûr je n'ai pas assez de courage pour faire cet acte final qui pourtant résoudrait tellement de choses. Recommencer une relation, parler des heures, faire ce que j'ai fait avec N., offrir des fleurs, des restos, des mots, de la passion, tout cela je l'ai fait mais je suis éteint maintenant. Je délire. Je suis seul. N. est à Bruxelles dans sa famille et moi je suis ici face à cet écran aveugle. Personne n'est là derrière. Personne ne peut rien pour moi. Je suis seul au monde avec ma tristesse de gros ours. Je n'ai plus d'appétit. Depuis deux jours, je me nourris moins qu'un enfant de deux ans car à quoi bon. Tout cela ne sert à rien. J'ai tout donné pour l'histoire avec N. et pourtant tout a foiré et maintenant, j'ai 35 ans, tout est foutu définitivement. Colère colère colère contre ce monde absurde, ces relations absurdes et ces mots absurdes qui n'intéresseront que moi. Quand je me masturberais intellectuellement en relisant ce post et que je serai bien content de me dire que je suis triste et que j'aime être triste et me complaire dans cette noirceur crasse. L'impression prégnante de n'être plus qu'une merde dans la foule, l'impression d'être seul dans la foule, de n'être qu'une pauvre merde au milieu de tous ces couples heureux.

    Je suis un parasite, une vermine inutile, rampante, qui salit tout. Je ne mérite rien. Je me plains sans cesse alors que je suis en vie, pas handicapé, pas encore malade et même pas pauvre. Cela devrait suffire au pauvre petit connard d'occidental que je suis, avec ma supériorité crasse d'occidental qui croit avoir tout compris de tout. Vaut mieux arrêter ici car la violence verbale va me mener trop loin, dans des contrées insondées de mon âme souffrante.

  • Aimer

    Aujourd'hui, je n'ai pas eu le courage d'aller au travail car j'avais envie de me fondre dans les bras de N. pour lui expliquer mes soucis. Oui, depuis notre retour de vacances, les questions m'envahissent à nouveau.

    Aimer, cela a toujours été problématique pour moi. Jamais je n'ai connu un amour apaisé comme celui que je connais maintenant. Toujours mon amour fut tourmenté, passionné, douloureux et l'impression que j'ai et que cet amour-ci, puisqu'il est apaisé, n'est pas assez fort. Je sais que cela est stupide et qu'il faut que je parvienne à m'épanouir dans ce climat tranquille, construit sur une confiance totale et des bases saines.J'en suis malade psychologiquement et physiquement et il faut que cela cesse. Je l'ai expliqué à N. mais je préfère ne pas lui en parler car cela la ramène à ses propres angoisses mais il est vrai que le fait de lui en parler et qu'elle ne panique pas me fait du bien. Comme elle le dit, nous sommes à un croisement et il sera bientôt temps de décider quelque chose sur un engagement à plus long terme. C'est pour cela qu'il est urgent que je règle mes problèmes de conscience qui n'ont que trop duré.

    Et surtout, ne pas tout foutre en l'air pour eux.