Hangar du Noir

  • Se détester

    Tellement de temps a passé. Me voilà au seuil des mes 45 printemps, tout est arrivé si vite, les mois se sont enchainés et je n'ai plus rien écrit ici, soit parce que j'étais trop heureux, soit parce que j'étais trop malheureux. Peu de choses ont changé finalement. Tout de même, j'ai perdu pas mal de kilos et je me sens mieux dans mon corps. Cela m'a aidé à rencontrer la gente féminine durant l'année 2016 en faisant deux belles rencontres.

    En juin, je rencontrai S. alors que ma relation avec R. se terminait. S. était en couple avec un enfant, malheureuse depuis des années, elle ne vivait plus mais vivotait ou, comme je l'aurais dit, "survivais". Ce fut le coup de foudre immédiat et nous passâmes un grand mois formidable, entre les grèves des trains où nous retrouvions chez moi, en cachette de son compagnon. Tout cela était magnifique. Puis vint une nuit où S. me parlait de ses attentes, de sa vision du couple et où je n'entendis que ce que je voulus bien. Le lendemain, le charme ou l'enchantement était rompu. C'était tout à fait incompréhensible, comme un tilt dans le tête et une énorme angoisse. Les jours suivants, de violents maux de tête apparurent puis des maux de ventre, des crampes. Je n'étais plus moi mais une seule boule d'angoisse. Ce fut d'une violence indicible et je la quittai, en pleurs au téléphone. Je pleurai ensuite pendant deux jours complets, c'était incroyable. Je ne comprenais rien...

    Plus tard, je réfléchissai et je compris que c'était un comportement répétitif, un pattern qui m'était arrivé avec N. mais aussi avec toutes les suivantes. Dès que la fille montrait de l'attachement ou de l'amour pour moi, c'était fini, j'angoissais à mort et le sentiment d'amour disparaissait. Une fois ceci constaté, j'ai repris contact avec S. et avec son aide et mes explications, notre relation a repris.

    Aujourd'hui, six mois plus tard, malgré le fait d'avoir vécu des choses magnifiques, malgré le fait que nous nous entendons parfaitement, l'angoisse est telle que j'ai dû commencer à prendre des antidépresseurs car je ne cesse plus de pleurer. J'ai également commencé une psychanalyse qui me fait beaucoup de bien. Cependant, la relation est au point mort, en phase pause car je me sens tellement mal qu'il est difficile d'être positif et de vivre cela pleinement. Je suppose que tout cela mènera à la fin de cette relation. Je me détesterai d'avoir tout gâcher, avec cette fille formidable qu'est S. Je veux comprendre pourquoi tout cela arrive. Je suis perdu et désespéré. 

     

  • Vivre en état de coma amoureux

    L'air était épais ce soir, presque préhensible. Il m'empêchait de marcher. Presque. Préhensible. J'aimerais le tenir dans mes mains, le tordre, exprimer la rage qui me tenaille. Empoigner cette sourde colère qui vient de jaillir de moi-même contre moi-même. Colère contre ce que je suis ou plutôt, parce que je ne suis pas, parce que je n'arrive toujours pas à devenir celui que je voudrais être, parce que je suis au même point qu'il y a onze ans, quand j'ai commencé ce blog, parce que je suis toujours seul à écrire dans cette pièce à peine éclairée, parce que je porte à mes lèvres un whiskhy 16 ans d'âge, fort et âpre comme l'envie me prend de mettre à fond un Joy Division, à fond, une musique qui sort des ténèbres, épaisse, forte et âpre.

    This is the way, step inside.

    Les années ont passé et je suis toujours spectateur de ce qui se déroule autour de moi. J'observe le bonheur des autres, ne parvenant pas à y participer moi-même. Je regarde le bonheur des autres, position hautement frustrante et atroce à vivre... Enfin atroce, entendons-nous bien. Atroce intérieurement car pour tout le reste, je vis dans un confort maximal. Un confort matériel. Je suis toujours seul et je regarde les autres s'aimer, restant comme paralysé par une main invisible, tortureuse, torturante, innommable. Impréhensible et donc, imbattable.

    Comment combattre une ennemi inconnu et invisible, comment vaincre ce qui n'est pas ? C'est ici un constat déplorable que j'écris à nouveau sur ce mur des lamentations, cette portion d'espace web, ce cri au monde entier et en même temps, à personne.

    L'air était épais ce soir, presque préhensible. Il m'a donné envie d'écrire. Je ne sais pas pourquoi. J'ai ressenti l'envie alors que j'allais rentrer chez moi. Je revenais du restaurant avec mon père. J'y avais vu une fille vaguement espagnole, une fille qui m'avait plu il y a un mois, une fille avec qui j'avais parlé longuement, une fille que je n'avais pas revu, faute de savoir quoi dire. Un coup dans l'eau même si il n'y avait eu aucun coup et encore moins d'eau. Elle me plaisait pourtant. Je n'avais pas su quoi faire.

    8 ans de célibat et toujours ce constat macabre et douloureux. Presque rien ne s'est passé. J'ai certes la chance d'être toujours vivant, de ne pas pas avoir été tué par une maladie, de ne pas avoir été abattu comme un chien par un abruti de terroriste. J'ai toutes ces chances-là. J'ai aussi la chance de pouvoir tenir mon rang, de vivre ma vie fonctionnelle, d'être bon dans ce que je fais dans le milieu professionnel. J'ai reçu une partie de la boite à outil mais il me manque l'essentiel, le moyen de rentrer en connexion avec l'autre côté de l'Humanité, la beauté, l'amour, la femme.

    Je ne me rappelle plus quand j'ai été amoureux pour la dernière fois. J'ai mis des barrières, j'ai savamment construit des murs autour de mon être, pour ne plus être déçu, pour ne plus souffrir, pour ne plus me sentir incapable devant la complexité, celle que je ne peux appréhender, celle qui me paralyse.

    L'air était épais ce soir, presque préhensible. Je suis alors rentré, je me suis assis face à cet ordinateur, bizarrement triste comme cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Spécialiste de l'indifférence, je pensais être sauvé. J'ai donc mis Joy Division fort, je me suis enfoncé dans le fauteuil et j'ai commencé à écrire. Un whisky m'a appelé sur la cheminée et me voilà à goûter le nectar tout en écrivant ce texte.

    J'ai parfait mon indifférence face à l'autre genre, amélioré ma résistance, je suis devenu une espèce de mutant asexué. Et aujourd'hui je vois les limites, je ressens la souffrance, les digues lâchent une à une telle de frêles fétus de paille alors qu'un mois plutôt, elles étaient de béton armé. La vague me submerge, je veux de l'autre, l'envie d'étreindre me consume à nouveau et la torture n'en est que plus vaste tant la tâche paraît insurmontable. La peur envahit tout mon être et je ne demande qu'une chose, être libéré de cette envie, retrouver l'indifférence, revivre ma non-vie, reprendre ma ligne fonctionnelle, sans aspérité, sans désespoir, sans conscience. Vivre déjà en état de coma amoureux. Pas d'amour, pas de souffrance, juste le choix de la facilité, juste le vide organisé.

    L'air était épais ce soir, presque préhensible. A couper aurait dit un autre. Cet autre que je ne suis pas.

     

    A écouter en lisant ce post, Joy Division sur l'album Closer : Atrocity Exhibition

    A boire : Lagavullin 16 ans d'âge.

     

     

     

     

  • Sept ans de malheur

    Si j’ai écrit de moins en moins, c’est que j’avais de moins en moins à dire. Constat implacable d’une vie atone. Il ne s’est toujours rien passé sur le plan amoureux… Je dois dire que j’ai fortement réduit mes espérances en pensant que cela serait plus facile à vitre. En fait, cela n’a eu que peu d’effet sur mon état d’esprit. Si avant, j’avais voulu rencontrer une femme, vivre avec elle avec le secret espoir de me marier, j’aimerais tout au plus aujourd’hui rencontrer quelqu’un ce soir et vivre quelques heures dans ses bras.

    Il est clair que je ressens de plus en plus un manque. Non pas un manque de nature ‘sexuelle’ mais simplement le fait d’être dans les bras de quelqu’un. Ce serait déjà formidable. Je ressens physiquement ce manque. Toucher et être touché, par un être humain de l’autre sexe. J’ai conscience que tout cela est parfaitement pitoyable et le chemin a été très long et douloureux avant d’en arriver là. Je suis arrivé à la moitié de ma vie (en étant optimiste) et j’en suis toujours là. Ce manque me met mal à l’aise en face de la gente féminine et même si cela ne se voit pas (du moins je le crois), cela me paralyse encore plus. Il y a des semaines que je n’ai plus eu le moindre ‘mouvement’ envers une femme. Pourtant, tous les soirs, c’est au moment du coucher que cela est le plus pénible. Il n’y a pas un soir où je ne pense à ma condition de célibataire, pas un coucher où je prends conscience que je suis seul dans ce lit, que cela fait déjà sept ans que je suis seul dans ce lit et qu’il y a une grande probabilité pour que j’écrive la même chose dans dix ou vingt ans. Cela crée une souffrance mentale chez moi assez forte et quand je ne dois pas me lever, je préfère dormir le plus tard possible car quand je dors, je ne pense pas et mes rêves sont souvent bien plus agréables que ces pensées noires.

    Alors que l’enfant progresse petit à petit dans sa compréhension du monde, j’ai l’impression de faire le chemin inverse, de comprendre de moins en moins, d’être perdu dans cette réalité que je ne parviens plus à accepter.

    Je suis pris dans un cercle assez vicieux de pensées noires et d’incapacité à rencontrer une femme, l’un entrainant l’autre dans un mouvement circulaire dont je ne parviens à m’extirper.

    Ou peut-être tout simplement n’ai-je jamais été dans la capacité de rencontrer l’autre.

    Dans ce cas, c’est le temps qui devient long, le temps d’une vie sans le moindre objectif…

  • L'envie d'écrire

    Cela fait des mois que je n'avais aucune envie d'écrire. Je ne l'explique pas bien, c'était juste comme ça. Aujourd'hui matin, je me lève et l'envie est là. Autant en profiter. Pourtant j'ai l'impression de ne pas avoir des choses intéressantes à écrire car ma vie me semble particulièrement atone. Atone mais agréable tout de même. Je ne me plains pas. Concernant les conditions matérielles, c'est toujours mieux, je gagne bien ma vie, je fais des beaux voyages. J'ai de chouettes amis. Cela bloque toujours du côté sentimental. Je vis seul, je n'ai pas eu beaucoup d'aventures l'année passée mais quelques-unes et c'était déjà bien. J'arrive à me contenter de peu car l'espoir de rencontrer quelqu'un reste faible. J'écris "faible" car je ne perds pas tout espoir. Il s'agit d'un possible. J'ai 42 ans et je ne suis pas encore foutu... mais la perspective d'une vie en couple semble s'éloigner. L'année passée, j'ai tenté de remettre mes idées au clair, j'ai consulté un psy pendant un an, deux fois par semaine. Si le fait d'avoir un endroit pour s'exprimer m'a fait du bien, je dois bien constater ici que cela ne m'a pas changé ma vie. 

    Je ne sais pas bien ce qui pourrait changer ma vie, ni pourquoi je vis seul alors que tous mes amis sont en couples, se séparent, se remettent en couple et que tout cela a l'air bien huilé. Je cherche toujours où est ma faiblesse. J'ai toujours la piste génétique avec mon problème (problème génétique à la naissance+stérilité). Cela restera une question à laquelle je n'aurai pas de réponse, la science était incapable de me répondre. Il en résulte que je ne me sens pas entier et que je suis insatisfait de ma vie, qu'il me manque quelque chose. Malgré tout, hors les moments de déprime, je suis assez intelligent pour profiter malgré tout de la vie et de tenter d'oublier ce manque. Je donnerai tout ce que je possède pour vivre une histoire amoureuse dans la réciprocité.

     

    Le mois de décembre, je suis parti sur la côte Ouest du Canada pour faire un Noël en famille. J'ai visité Vancouver, des îles, Seattle. Voyage qui a fait du bien, retrouvailles de mes nièce et neveu. Un Noël entouré de personnes que j'aime. Un mois de paix. Le Canada est un pays agréable avec des gens polis et gentils. Il y a moins de tension, l'immigration y est plus intégrée et cela se passe en bien meilleure harmonie que dans nos démocraties fatiguées. Je serai bien resté là d'autant plus que ... au retour, malheureusement, les attentats de Paris et l'horrible impression que cela ne fait que commencer me sautent à la figure.

    J'avoue avoir parfois de mauvaises pensées, radicales elles aussi, en ce qui concerne le traitement à infliger aux terroristes et aux islamistes. Des pensées non humanistes qui m'étonnent moi-même et qui sont incompatibles avec la démocratie que je chéris. La colère sans doute devant autant d'ignorance et de mépris de la vie humaine.

    Les derniers événements en Belgique m'ont aussi touché ; l'attitude putassière des syndicats de gauche et de centre gauche... Cela fut tel que j'ai décidé de m'engager un peu plus en politique et que j'ai pris une carte de parti politique. Cela fait longtemps que j'ai compris que j'avais des idées libérales et qu'il est temps que je participe à la vie de la cité. D'autant plus que cela m'occupera et cela me fera rencontrer de nouvelles personnes. J'ai pu constaté que je suis devenu profondément antisyndicaliste et que j'estime que ces groupements posent un problème démocratique car en Belgique, ils n'ont aucune responsabilité juridique et brasse des millions d'euros, tels des mafias. Je dois rester juste mais il faudra pour cela faire des efforts sur moi-même et ne pas sombrer dans le poujadisme.

    C'était les quelques nouvelles, j'espère que je reprendrai durablement goût à l'écriture car j'aime ce moment, où l'on se pose et durant lequel on peut réfléchir sur soi-même et le monde qui nous entoure.

    A lire en écoutant l'album Lost in the dream de The War on drugs. 

     

  • Emerveillement

    Une fois de plus, il m'est arrivé quelque chose d'inattendu, de délicieux et de fugace. Je passerai sur les détails mais voilà, j'ai passé la nuit avec l'une des plus belles femmes que je connaisse. Une femme délicieuse, d'une grande intelligence et d'un charme qui dépasse tout.

    J'ai passé de merveilleuses heures dans ses bras. Certes, l'alcool a aidé mais sans lui, je n'aurai jamais pensé qu'elle eût pu "me penser" comme amant. Car je pense que c'est ce que j'ai été pour elle. Elle voulait finir dans les bras de quelqu'un et j'étais là, quelqu'un de familier, d'amical, pas dangereux, juste là au bon moment. Du moins je crois.

    Le matin, loin des vapeurs d'alcool, elle, dans mes bras, mes yeux dans ses yeux, je suis rapidement tombé amoureux.Jeu dangereux car elle travaille dans mon bureau. Histoire impossible ai-je entendu dans sa bouche. Et elle a certainement raison car j'ai déjà vécu cela et sortir avec une collègue peut vite devenir horrible...

    Quoi qu'il advienne, mon cœur bat et cela me fait du bien. Un bien énorme, un sentiment de plénitude que je n'avais plus connu depuis longtemps. Cette impression est la vie, définitivement.

    Je ne vis que pour cela, aimer.

     

     

  • La vie continue

    Des nouvelles. Des nouvelles pas très neuves et certainement très floues. J’ai redressé la barre, je suis sorti de ces mois de détresse et de désespoir. Cela ne signifie pas que j’ai trouvé la plénitude. J’en suis encore très loin. Cependant, je fonctionne, je vis et je prends même du plaisir à le faire.  Depuis des mois maintenant, je suis une psychothérapie et j’y trouve beaucoup d’intérêt. Ce qui est intéressant, ces sont les divers éclairages qui sont donnés à mes comportements, à mon incapacité de nouer des relations suivies avec des femmes, les raisons de ce blocage et la recherche de solutions pour faire disparaître mes peurs.

    Ces dizaines d’heures de discussion m’ont fait prendre conscience du fait que c’est surtout de l’échec et du refus dont j’ai peur quand j’approche une femme... et aussi de la gêne que ce refus entrainera. Je préfère alors toujours ne rien faire, prendre la posture de l’homme qui deviendra l’ami et non l’amant. J’excelle au plus au point dans cette posture. Déjà à l’école secondaire, j’avais mis inconsciemment ce stratagème. Mes amies étaient les plus jolies filles de l’école, les plus sympas. Elle sentait bien que je n’étais “dangereux”, mot que j’ai utilisé sans y faire attention, ce que le psy a directement relevé évidemment. Pour moi, pratiquer le jeu de la séduction était une chose dangereuse ou embêtante pour les femmes, comme si l’homme seul voulait la relation et que la femme, de facto, n’en avait pas envie et était ennuyée ou mise en danger par l’homme. Or, je me rends bien compte que la femme également est en demande d’une relation, qu’elle aussi à un désir. Une fois cela compris, il me suffira alors de dépasser la peur du refus et de pouvoir accepter celui-ci sereinement. Ceci concerne donc uniquement le travail d’approche. Il reste encore à gérer la relation, ce qui est bien plus difficile.

    Les femmes, dans leur entité abstraite, m’ont toujours paru des espèces d’êtres merveilleux, inapprochables, hermétiques (dans le sens d’incompréhensible). Je pense que ce blog, à la relecture, ne peut que réveler cet état des choses dans mon esprit.

    Côté professionnel. J’ai été promu et fortement augmenté, me voilà dans la tranche des 20% les mieux payés de Belgique et totalement autonome jusqu’à la fin de ma vie si je ne tombe pas malade. L’argent ne fait pas le bonheur, cependant, j’avoue que totalement à l’aise voire plus qu’à l’aise dans ce domaine est très agréable pour supporter cette vie de célibataire.Côté contenu, je suis en pilote automatique et il sera bientôt nécessaire de retrouver de nouveaux challenges.

     

    Que faire maintenant ? Intégrer ces données découvertes dans le plus profond de mon inconscient. Ne pas attendre le bonheur d’une femme. Le trouver soi-même puis le partager. Continuer la réflexion. Réécrire plus souvent ici.

     

  • Fauve

    La vie coule rapidement dans mes veines. Le temps fonce. Les semaines filent. Les heures, les minutes. Ma santé s'est améliorée mais pas totalement. Je ne déprime plus, c'est réglé, j'ai trouvé le moyen d'extraire toute pensée négative en réactivant la substance chimique qui élimine cela dans le cerveau. Ce moyen, la photothérapie.

    Il reste cependant l'angoisse, le stress qui poing quand je ne l'attends pas, au détour d'une conversation, quand je fais trop de choses diverses en même temps au travail. L'année passée, je suis descendu très bas et je ne suis pas encore remonté. Je crains que cela soit permanent et que je ne puisse plus travailler normalement. En ce moment, je tiens grâce à des anxiolytiques. Je continue une psychothérapie. Je ne pensais pas que tout cela irait si loin.

    Je survis dans le luxe mais point de volupté. Je ne pourrais pas soutenir une relation pour l'instant alors que mon ventre est vide d'angoisses prégnantes. 

    Depuis que je vais chez le psy, je pense avoir découvert que je me suis toujours fourvoyé avec les femmes, les considérant comme des êtres extraordinaires, impénétrables, divins. Jamais je n'ai pensé qu'elles étaient mon égal, issues de l'humanité avec un petit "h". D'où toutes mes difficultés à lier une relation ou à maintenir une relation.

    Il faut tenir. J'ignore jusqu'à quoi. Ou plutôt, jusqu'à ce que je retrouve mes moyens et que cette angoisse me quitte comme elle est venue.

  • Apaisement et re-vie

    Le médecin a trouvé le bon médicament. Je vais mieux. Un simple anxiolytique, pris à dose minimale tous les jours. Je suis sorti du trou, j'ai retrouvé ma joie de vivre, je vais chaque semaine chez le psy et je sens que je progresse. Je ne sais plus quel était la teneur en info de mes posts précédents mais j'ai quitté H. au milieu de la tourmente, je l'ai revue et n'ai pas eu envie de reprendre la relation.

    Je suis parti de l'autre côté de la terre, j'y ai retrouvé ma soeur et ses enfants. Cela m'a fait un bien fou ; découvertes de paysages incroyables, trip en voiture d'une semaine seul avec ma soeur dans les immensités magnifiques, la mer, les lacs, la haute montagnes, une côte superbe, des phoques, des baleines, des ours. Puis le temps avec les enfants, mes neveu et nièce. Tristesse de partir ensuite, de les quitter mais l'envie et la promesse de revenir vite, peut-être déjà l'année prochaine. Cela m'a fait un bien fou de ne pas partir avec mes amis , de casser cette routine trop facile, de briser une certaine robotisation de ma vie. M'échapper de ce groupe, voir d'autres choses, rencontrer d'autres gens, un bien fou, vraiment. Ce mois de vacances m'a changé, je sais que je dois plus souvent m'échapper du groupe d'amis, le groupe protecteur mais aussi le groupe qui étouffe. Rester avec eux me donne de la sécurité mais me rend paresseux.

    La semaine passée,  j'ai invité une collègue qui me plaisait à visiter ma ville. Je n'aurais jamais fait cela avant. Visite puis un petit festival en Hollande... on est sortis ensemble. J'ai passé un magnifique nuit avec elle, nous nous sommes revus plusieurs fois pendant la semaine et ce weekend. Jusqu'à ce qu'elle m'avoue qu'elle était terrifiée par le fait d'être en couple et d'avoir une relation amoureuse, que dans sa vie de 34 ans, elle avait eu en tout et pour tout une relation de six mois, à 23 ans. Je n'en revenais pas. Elle me disait être bien chez moi, en sécurité mais qu'elle ne pouvait supporter l'idée que j'aille chez elle voire même l'idée d'être en couple. Hier, nous nous sommes quittés en se disant que nous ne nous verrions pas cette semaine avant vendredi, le temps qu'elle y réfléchisse. C'est trop complexe comme histoire pour être relatée ici mais malheureusement, avec ses peurs, il est impossible que notre histoire continue et elle devrait d'urgence aller voir un psychiatre. Nous verrons vendredi. Tout cela est bien dommage car je suis amoureux d'elle. Quoi qu'il advienne, j'ai passé de merveilleux moments dans ses bras, des moments d'amour. Je ne les oublierai jamais tant ils étaient formidables. Jamais non plus je n'étais sorti avec une fille si mince, aux doigts fins, à la taille fine, élégante et pleine de charme mais aussi fine dans sa pensée et ses réflexions.

    Je ne me fais pas d'illusion ; il est clair que cela me fera mal mais j'y suis préparé. Ce sera encore un nouveau départ. Un nouvel espoir. Ne pas se décourager et continuer à chercher celle qui partagera ma vie et inversement. 

  • Juste bon à battre

    Les deux posts précédents, je parlais de H. que j'avais rencontrée au carnaval. Les choses étaient devenues plus sérieuses. C'était une douce relation, H. venait les weekends dans la belle ville de Liège, sa blondeur et ses yeux bleus éclairaient la blanche gare dont les courbes ressemblent à l'envol d'un oiseau libre. Tout se passait bien ou du moins je le pensais. C'était sans compter sur mon inconscient, ou sur ma peur, ou sur mon indécision, ou sur mes habitudes, où sur mon coeur, ou sur mes tripes. Il y a une semaine et demi, j'ai commencé à avoir des douleurs au ventre, comme si j'étais vide à l'intérieur. Ces crampes duraient et duraient encore. Plus rien n'était normal. Je me suis dit que je retombais dans la situation de décembre, que le burn out et la dépression revenaient à grand pas et que j'allais replonger. Pourtant, à l'analyse, au boulot, c'était bien... la situation s'était normalisée et je constatais même que j'étais cool, ce qui n'arrive que très rarement. Puis j'ai commencé à comprendre, ces crampes qui m'obligaient à passer ma vie dans les toilettes, elles venaient de mon histoire, ou de la peur de mon histoire ou d'H., de mon amour ou mon désamour. Je ne savais pas, j'étais littéralement perdu, au fond du trou. Cela devenait intenable. Jeudi passé, au travail, une angoisse sourde et ineffable est montée en moi et j'ai dû presque me jeter sur un xanax pour ne pas fondre en larme. Je n'aimais plus H. ou je l'aimais moins ou je ne savais plus ce qui se passait en moi, juste l'envie de pleurer, pregnante. Au tréfonds de moi-même. Vendredi, je voyais H. et au resto, j'ai ressenti un immense vide et une immense tristesse. Je passais la nuit dans ses bras et là, cela allait. Nous fîmes l'amour magnifiquement, comme chaque fois d'ailleurs. Le lendemain, je la reconduisais à la gare et après son départ, je me suis effondré en larme, toute l'après-midi de même, avec l'estomac qui se trouait littéralement, comme un ulcère, crampes et trou en formation. Fin d'après-midi, je lui téléphonais en pleurs pour lui dire que je ne savais pas ce qui m'arrivait, que j'étais vide, sans amour. Je pleurais de plus en plus, sans savoir me reprendre et elle s'inquiétait, ne comprenant rien. On convint de se voir le lendemain à Bruxelles et je passai la nuit à pleurer comme un malheureux. Le lendemain, j'allai chez elle et impossible de me reprendre, je lui fis part de mes doutes, de mon vide intérieur, on pleura tous les deux. Elle me disait qu'elle aussi allait mal, qu'elle pensait sans cesse à son ex-copain qui s'était suicidé en décembre. Elle me rassurait en disant que je n'étais pas seul en cause, qu'elle était trop fermée, qu'elle n'arrivait pas à être autrement et que le suicide l'avait encore un peu plus fermée. Pourtant, ce qu'elle m'a donné était déjà beaucoup, elle ne m'a jamais fait faux bond, elle était totalement digne de confiance, elle était spirituelle, belle, intelligente peut-être un peu moins sociable que moi mais qui n'a pas de défaut. Au bout de 4 heures de conversation et de pleurs, elle m'a proposé que l'on fasse une pause dans notre relation, un mois où l'on mettrait cela entre parenthèse, un mois pour que je prenne du recul et un mois pour qu'elle puisse commence un travail de deuil qu'elle avait repoussé à plus tard en raison de notre relation.

    Ce matin, je n'avais plus mal au ventre, la douleur, la brûlure qui avait marqué mes dix derniers jours avait disparu.  

    J'aimerais l'aimer de tout mon coeur, la chérir jusqu'à la fin de mes jours mais mon coeur est pour l'instant vide pour elle ; cela me donne envie de me taper la tête contre les murs. Je l'apprécie à un tel point que j'ai pu comprendre que mon IMMENSE tristesse était due au fait de l'abandonner, de lui faire du mal, de la laisser au bord de la route. Mes amis n'ont rien compris. Pourtant, c'est simple, je l'apprécie au plus haut point, je tiens à elle, je ne lui veut que du bien mais je ne l'aime pas ou plus ou pas assez.

    J'ai l'âme déchirée entre ce désir de m'occuper d'elle, de l'aider à soutenir les moments difficiles qu'elle vit pour l'instant et l'obligation pour moi de cesser d'avoir ces douleurs qui me trouent l'estomac. Il était impossible pour moi de continuer.

    D'un autre côté, j'ai pleuré pendant six ans pour qu'enfin finisse cette vie de célibataire et voilà que je rencontre quelqu'un avec qui la vie aurait pu être douce et je la rejette. Je suis juste bon à battre. Tout n'est pas si simple et je le sais.

    S'il existe une vie supérieure là-haut, pourrait-on m'aider ?

    Comme une amie psy me disait hier, elle peut comprendre que cela soit difficile à vivre mais je suréagis de manière  anormale. Ma réaction traduit quelque chose d'autre, un mal profond dont l'origine doit être sondée.

     

    A écouter en lisant ce post, l'album Seventeen seconds de The Cure en 1980.

  • Affres

    Les femmes sont compliquées et pourtant, il n'y a pas de plus grand bonheur que d'être dans les bras d'une femme, de se sentir désiré, de se réveiller à ses côtés et de se dire que peut-être, ce bonheur se répétera les jours suivants jusqu'à la fin de la vie.

    Encore une fois, je n'ai pas de mot pour décrire le bonheur que cela a été de passer nuit et matinée avec H. ; se réveiller et se dire que l'espoir existe pour qu'il ne s'agissait pas d'une nuit comme les autres où la chair n'était que le seul but. J'étais bien, j'étais heureux. Elle m'a dit que l'on se reverrait une semaine plus tard et qu'elle voulait revoir la ville où j'y habite car elle y avait vécu quand elle avait 18 ans. Je la revois donc dans deux jours si elle ne change pas d'avis. 

    Je suis à la fois content et troublé. L'espace qu'elle met sciemment entre nos rencontres me trouble profondément. Je dois prendre mon temps et je le sais mais je me dis aussi qu'un début de relation aussi lent est difficile à supporter. C'est dans le début que l'on a le plus envie de se voir normalement. Pas elle visiblement. Deux questions à me poser : est-ce le début d'une relation? A vrai dire, je n'en sais rien. Après le carnaval, c'est elle qui a repris contact avec moi et qui a demandé à me revoir, elle a donc un intérêt pour moi... et pourtant, elle a besoin d'espace et de temps, le tout est de comprendre pourquoi. Peut-être devrais-je lui demander? Hésite-elle ou est-ce son fonctionnement normal? Tant de questions.

    A 40 ans, je ne parviens toujours pas à vivre cela de manière zen. J'ai tellement envie que cela marche que je vis cela sans le recul nécessaire. C'est toujours comme cela. J'espère que ma thérapie pourra y changer quelque chose. Les femmes continuent de m'impressionner, je ne les comprends pas, je ne parviens pas à être moi-même dans une relation amoureuse, je suis perdu. 

    A écouter en lisant ce post, Warpaint avec le titre Baby sur l'album The Fool.

  • Doux dimanche, fille vénéneuse

    Ce dimanche, plutôt que d'attendre notre rendez-vous de jeudi, j'ai invité H. à une exposition aux Beaux-Arts, celle de mon peintre préféré Kandinsky. Elle n'a pas tardé à répondre par l'affirmative et nous nous sommes retrouvés là-bas, à Bruxelles. Ce fut l'expo, puis un bar à vin où je pus étaler ma science oenologique puis un délicieux resto. Un dimanche doux à ses côtés, c'est déjà cela de gagné. Les toiles de Kandinsky rayonnaient de leurs mille couleurs devant mes yeux ébahis.

    Plus tard dans la semaine, elle reportait notre rendez-vous de jeudi au jeudi suivant sans faute. Prise de distance évidente de sa part, mais sans couper le cordon car je suppose qu'elle m'aurait dit simplement qu'elle ne voulait plus me voir si telle était son désir. Les femmes sont compliquées. Pour moi, c'est simple, j'ai envie de la voir et je la vois. Non une femme doit souvent jouer tout un jeu (ce que n'a jamais fait N. et je l'en remercie beaucoup pour cela). Je ne sais pas si je suis capable d'encore supporter cela. Il le faut pourtant, comme dirait mon psy, là est tout le jeu de la séduction. Le problème est que je n'ai plus trop les nerfs pour cela et il est vrai que hier, j'étais hésitant et j'avais envie de lui envoyer un message pour lui dire que je préférais ne plus la voir, ne me sentant pas capable de supporter le "jeu".

    Je pense que H. est une fille vénéneuse, dangereuse pour mon équilibre vu certains traits de son caractère mais je suis attiré par elle ; c'est aussi intéressant de voir pourquoi ce type de fille m'attire.

    Il faudra que je m'y fasse. A bien y avoir réfléchi avec mon psy, je crois qu'une femme m'a quelque peu traumatisé (C. avec qui je suis sorti quand j'avais 16 ans et puis 21 ans). Avec elle, j'avais vécu la passion et elle m'a fait terriblement souffrir, puis elle m'a trompé, plusieurs fois. L'enfer. J'ai été marqué à vie. Le but est maintenant de dépasser cela.

    Demain, je vois quelqu'un d'autre, S., que j'avais dragué à une fête du boulot avant le carnaval. Elle, c'est tout différent, elle est plus simple mais engagée dans une situation difficile avec son ex-mari. Je ne suis encore engagé d'aucun côté. Avec elle tout serait simple ou presque, pourtant c'est H. qui m'attire par son côté vénéneux et dangereux.

    A boire en lisant ce post : une Hautes Côtes de Beaune de chez Parigot, 2009.

  • Blondeur

    J'avais écrit que je reviendrai ici quand cela irait mieux. Ce n'est pas encore top quant aux maux de tête au travail. Je dois encore trouver des stratégies qui me permettent d'éviter le stress. J'ai été tellement loin en décembre qu'il faudra encore du temps. Cependant, j'ai retrouvé ma joie de vivre et mon allant ; je ne sais pas si cela est dû aux scéances chez le psy. Pour l'instant, nous sommes en train de travailler sur l'aspect "couple", la question est de voir pourquoi je suis si timide ou incapable de construire une relation avec une femme, une relation stable. Cela me fait du bien d'en parler et cela m'ouvre des perspectives nouvelles sur des questions que je me posais. J'ai aussi plus osé ces deux dernières semaines. J'ai eu des contacts avec une de mes collègues il y a deux semaines mais cela n'aboutira pas. Ce weekend, je suis allé à trois jours de carnaval avec des amis. J'y vais depuis 15 ans. Les années précédentes, il y avait toujours une jolie blonde qui me fascinait. Difficile d'expliquer pourquoi. J'ai beaucoup discuté avec elle la journée de dimanche, dans cette ambiance festive et délirante. J'ai passé la nuit avec elle, c'était tendre et doux. Je ne pense pas que cela aura des suites pour des raisons assez complexes dues à sa vie récente. Elle m'a demandé de venir manger avec moi la semaine prochaine, ce qui ne veut rien dire mais qui promet à nouveau un moment agréable en sa compagnie et qui sait? Je ne veux plus me mettre de limite, je dois croire en moi. Une autre femme à ce carnaval, jeune femme mariée, m'a dit entre deux bières que j'étais un beau mec. On ne m'avait jamais dit cela comme ça... que cela soit vrai ou faux, cela m'a fait du bien. Il faut que je combatte dans ma tête cette image que j'ai depuis toujours et que je prenne confiance en moi.

    Quoi qu'il en soit, cette jolie blonde de 33 ans, H., m'a fortement marqué et j'ai beaucoup pensé à elle aujourd'hui. Peu importe ce qu'il adviendra de cela, les moments passés m'ont fait du bien, de la chaleur humaine, de la tendresse, moteurs de la vie. Voir aussi que mon coeur fonctionne et qu'il est à nouveau capable de sentiments, cela fait également plaisir...

    A écouter en lisant ce post, The Chameleons avec le morceau "Soul in isolation"  sur l'album Strange times.

  • Peur et tremblements

    Titre idiot peut-être. J'ai reçu mes résultats des divers examents médicaux et comme je le pensais, je n'ai rien de physique. Enfin rien, c'est beaucoup dire, je suis toujours tremblant, sentant mon ventre vide, l'envie de rien, les maux de têtes. Cela ne s'est pas amélioré. Je ne parviens pas, malgré à mon volonté à faire disparaître ce stress. Les anxyolitiques divers n'y font rien. J'ai été deux fois chez le psy, nous avons des discusssions intéressantes mais pour l'instant, sans résultat... ce qui est normal : il faut la patience. Je ne me sens plus capable de rien, je suis fatigué de tout, même d'écrire. D'ailleurs, j'arrête ici et je reprendrai quand cela ira mieux.

  • La chute

    Je pouvais m'y attendre mais je ne savais pas que cela m'atteindrait si fort, jusqu'à l'incapicité d'aller travailler. Les symptômes décrits plus bas se sont fortement accentués, surtout des maux de tête abominables à tel point que j'ai dû arrêter de travailler. Selon le médecin, il s'agit d'une incapacité à faire face à la réalité. Je suis hyper stressé et ce stress professionnel a dû se mixer à mon grand désespoir et au manque de luminosité. Ceci est une hypothèse, j'attends encore les résultats d'un scanner que j'ai fait il y a quelques jours.

    Si tel est le cas, il s'agit de la suite logique d'un mal-être qui ne faisait que s'accentuer et les solutions que j'ai cherché à y apporter n'étaient visiblement pas les bonnes. Je ne pensais pas qu'un mal être psychologique pouvaient donner de tels symptômes (celui que je ressens le plus est cette impression de trembler en permanence). J"ai même du mal à y croire et je pense qu'il est tout de même possible que j'aie chopé une saloperie style maladie de la vache folle ou une merde au niveau neuronal. Plus que trois quatre jours avant le dénouement.

    En attendant, j'ai pris rendez-vous chez un psy. Quoi qu'il arrive, je pense que j'ai réellement besoin de soutien car je ne peux plus supporter cette réalité et je ne peux envisager de vivre mes prochaines années dans de telles conditions, càd seul.

    Le plus important est de vite guérir afin de retourner travailler car ce travail est encore l'une des seules activités qui me relie au monde.

  • Promenade anxiogène

    Hier, on pouvait sentir un certain affairement dans la ville assombrie par la grisaille de ces jours pluvieux ; la population était de sortie comme il est de coutume aux soldes d'hiver. Bonheur de flamber des euros le sourire aux lèvres, le bonheur de choisir ce qui plaira à l'autre. Je dois être un peu masochiste de sortir de chez moi dans ces grands jours d'affluence où il est manifeste que les gens seront en couple. J'ai dû mal à comprendre comment tous les autres ou presque parviennent à trouver une femme ou un homme et à le garder. C'est pourtant la normalité dans nos sociétés. Je penche de plus en plus vers l'explication génétique pour justifier mes indicibles errements amoureux. Je suis célibataire depuis cinq ans et demi... une éternité malgré le fait que je ne me considère pas comme idiot et que j'ai une certaine forme d'intelligence, j'ai également beaucoup d'humour même si cela ne se voit pas forcément ici, physiquement je suis dans la moyenne basse probablement, psychiquement, malheureusement pas un homme alpha. Je suis sportif, je suis extrêmement social, amical et rempli de bonté. Extérieurement, je suis soigné et je fais attention à mes vêtements, j'ai une maison décorée avec soin, une belle voiture voire même un gros salaire pour celles qui seraient uniquement vénales.  Malgré cela, je suis seul pendant que d'autres battent leur femme ou les traite de manière dégradante. Evidemment, je ne suis pas parfait mais j'ai surtout les défauts de mes qualités. Certes, je ne suis pas très sûr de moi mais cela n'a pas empêché que je fasse bon nombre de rencontres mais qui n'ont pas été suivies d'une relation durable. Suis-je condamné à ne passer que des nuits avec des femmes indistinctes, passer de corps en corps anonymes et ne jamais pouvoir développer une relation aimante et durable basée sur la confiance et le respect de l'autre. Et dans ce cas, cette vie a-t-elle encore un sens?

    A moins de devenir moine ou curé, il est clair pour moi que cette vie n'a plus aucun sens.

  • Le fond

    Si dans l'expression 'toucher le fond', le fond ne signifie pas la mort, alors je pense que je l'ai atteint. Les dernières semaines furent extrêmement difficiles. D'autres symptômes se sont ajoutés mais il faudra encore attendre un mois pour que je passe un dernier examen du cerveau. Les maux de têtes sont permanents. Je ne pense pas avoir quelque chose de grave, à force de réfléchir et d'essayer de comprendre, je pense que je suis dans une noire dépression et plus que certainement, la première vraie de ma vie. Je suis au bout d'un processus qui m'a mené au fond. Depuis quelques semaines, il n'y a pas un moment qui puisse extirper mes pensées d'une noirceur incommensurable. Enfin, il y a eu un moment, bref éclair dans les ténèbres, et j'en parlerai plus tard. Sinon chaque jour m'amène à tordre les idées noires qui encombrent mes pensées. Je pense à la mort, la mienne future, celle de mes proches, futures et passées, des faits divers me marquent au-delà du raisonnable comme si je sentais la douleur de toutes ces victimes et de leurs familles, je pense à mon avenir — ou plutôt à mon non-avenir car je ne vois en ce moment plus aucune issue, je suis aux abois, le bout du tunnel est un mur, un mur noir, sans joint et d'un seul tenant, je ne puis le briser — je pense à mon contexte familial qui se réduit à peau de chagrin. Si la fin du monde avait été le 21, j'aurais pu dire juste avant la chute du météorite fatal que ma vie était ratée — à vrai dire, je n'ai plus de mot pour traduire une telle déchéance.

    J'ai pris une semaine de congé en pensant que j'avais trop travaillé et que cela me ferait du bien. Je tourne ici sans but, j'ai juste envie de me taper la tête contre les murs, en finir avec tout ça ou avec tout ce non-ça. C'est en effet seulement par le néant que je parviens à me définir, la négation, l'alpha sans l'oméga, le privatif qui aspire, annihile, efface tout, l'alpha qui nie l'existence et qui sème tristesse et désolation. A un moment où toutes les familles se retrouvent au chaud, derrière le mur et festoyent sans discontinuer, humblement ou dans la richesse, je me retrouve seul ou quasi. J'ai passé Noël avec mon père, sa nouvelle compagne étant hospitalisée pour une opération d'urgence due à des cellules cancereuses trouvées dans son corps. Mon père n'a pas de chance, il a mis cinq ans d'un veuvage triste pour se remettre du décès de ma mère et voilà qu'à peine le bonheur retrouvé, la maladie tente à nouveau d'y mettre fin. Ce fut donc un réveillon calme, dans l'intimité d'une certaine douleur retenue. 

    C'est dans ces moments-là que je me dis que j'ai dû rater quelque chose, je sais que je l'ai déjà dit mais cette idée est obsédante. Je ne peux avoir d'enfant certes mais une femme, quelqu'un à aimer, à chérir... l'envie d'une complicité tendre, de 'toucher', d'amour.

    Le seul éclair du mois de décembre fut pendant cette nuit dite de fin du monde. Alors que nous faisions la fête pour conjurer le sort sur le marché de Noël, j'ai revu une fille que je connais depuis très longtemps et qui m'a toujours plu. J'ai finalement la soirée chez elle avec plusieurs de ses amis et au moment de partir, au petit matin, elle m'a fait comprendre que je pouvais rester dormir avec elle. Une peau infiniment douce et des bras tendres, une belle personne que j'ai serrée dans mes bras pendant des heures dans ce lit où nous nous sommes aimés jusqu'en fin d'après-midi. Je m'y attachais comme une bouée, comme quelqu'un en manque − non pas de sexe − mais de tendresse, de peu et de chaleur humaine. Je compris qu'elle aussi, elle avait ce besoin. Nous sommes peut-être beaucoup ainsi, des âmes seules, immergées dans la détresse, implorant le toucher de l'autre. J'ai l'impression d'avoir caressé son dos ou son bras pendant des heures mais c'était peut-être un rêve, dans un demi-sommeil. Au moment de partir, je lui demandai si elle désirait que l'on se revoit et comme d'habitude, c'était non car elle m'a dit qu'elle avait imaginé depuis un certain temps sortir avec moi mais que c'était purement intellectuel et que maintenant, elle sentait bien qu'elle n'était pas amoureuse de moi... Je n'étais pas amoureux d'elle non plus mais cela aurait pu rapidement venir, j'ai une grande envie de la revoir mais je sais que cela n'arrivera pas. Une nuit, je me suis senti vivant et si réellement cette nuit-là avait sonné la fin du monde, ce n'était finalement pas si mal d'en finir comme cela, dans les bras d'une jolie blonde aux yeux bleus et à la peau douce comme le velour de l'écrin.

    Alors que faire? Marcher dans le noir absolu, avec ce poids incommensurable en espérant que ce soit dû à l'hiver, attendre le printemps et une douce princesse, espérer la guérison des proches malades, souhaiter que tout cela se finisse bien, espérer retrouver le sourire, chasser ces larmes dans mes yeux et briser l'atroce solitude de ce siècle où la communication omniprésente finit par étouffer la vraie communication, celle du coeur et des sentiments.

     

    A écouter en lisant ce poste, le morceau "L'étranger" par Tuxedomoon sur l'album 'Suite en sous-sol' (1982)

     

  • Causes et discernement

    J'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et je n'ai certainement pas besoin d'attendre le diagnostic pour savoir ce que j'ai. C'est du stress, j'en suis sûr, un stress insidieux et violent. Je savais que depuis un peu plus d'un mois, j'avais exagéré au boulot mais je n'imaginais pas que cela puisse avoir un tel impact sur ma santé. Je n'ai pas été prudent, j'ai tout mené de frond et j'ai bien senti des moments que j'allais trop loin.

    J'ai dû allé très loin pour paniquer ainsi de manière déraisonnable. Quand je tremblais à un point tel que je ne pouvais plus tenir un verre en main, il est clair que j'ai paniqué.

    Ma situation de célibataire est aussi néfaste sur ce plan. Quand je reviens chez moi, c'est le silence, le silence assourdissant. Personne à qui raconter sa journée, pas de bras pour se blottir, pas de douceur, rien. Alors je fais du sport à n'en plus finir, activités toniques mais qui finalement ne calment pas.

    Je partirais bien en voyage à Noël, j'ai dix jours de congés... mais avec qui partir. Encore une autre question.

    En attendant, je dois agir, changer ma façon de travailler, arrêter de dire oui à tout le monde, travailler moins tard le soir. Une fois ceci stabilisé, recommencer l'irrémédiable, interminable et indéfinissable quête de l'âme soeur. Cela devient urgent.

  • Attente

    Quelques examens plus tard, toujours pas de réponse. Une IRM est prévue fin janvier, un test au sucre dans une semaine. Que vais-je faire jusque-là? Les symptômes s'accentuent, j'ai l'impression de trembler et de perdre l'équilibre. J'ai dû mal à prendre en main des objets en étant assuré. Quand je vois le nombre de fautes d'orthographes dans mon message précédent, cela rend les choses encore plus inquiétantes. Selon un médecin vu aujourd'hui, cela peut être le stress ou un diabète mais elle veut d'abord exclure la sclérose en plaques. J'en viendrais même à espérer que j'ai un bon diabète... malgré les 5h de sport par semaine et le fait que je mange assez équilibré. C'est pourquoi je ne crois pas à cette option...

    C'est atroce pour moi de me dire que je pourrais devenir une espèce de plante alors que je n'ai encore pas vécu ce que j'ai tout voulu vivre (ou si peu). Mourir tout suite serait bien mieux. Je pensais que mes 40 ans allaient être une belle année et je suis au bord du gouffre... L'angoisse me prend, je ne peux plus rien contrôler.

  • Trouille

     

    Plusieurs de mes amis ont toujours dit que j'étais quelqu'un peu hypocondriaque. A force d'entendre cela, j'ai repoussé régulièrement mes visites chez le médecin. Un symptôme apparaissait, j'attendais quinze jours avant d'aller en parler au médecin. Parfois, le symptôme disparaissait, parfois pas. Hormis mon problème chromosomique, je n'ai jamais eu quelque chose d'important ou d'invalidant. J'ai juste failli mourir en 2008 après avoir fait une phlébite post-opératoire mais la chance avait tourné et N. qui passait en visite de courtoisie me l'avait détectée et m'avait immédiatement envoyé à l'hôpital. 

    Depuis trois semaines, j'ai des symptômes divers et variés et j'ai attendu une fois de plus quinze jours pour aller consulter. Au départ, rien de bien grave, un pied qui s'endort, puis un peu la main aussi, uniquement côté gauche. Cela vient et cela repart. Premier check pour la circulation, rien n'est bouché. Depuis quelques jours, j'ai l'impression de ne plus être dans la réalité, mes mouvements ne sont plus assurés, je crains de vider le lave-vaisselle et avec raison car j'ai pété deux verres en le faisant. Ma sensation de l'espace n'est plus la même, c'est comme si je tremblais alors que dans les faits, si je regarde ma main, je ne tremble pas. Autant dire que cela me fait bien flipper. Comme tout bon hypocondriaque, j'ai été écrire mes symptômes dans Google. Diagnostic: sclérose en plaques. Jeudi, j'avais vraiment l'impression de trembler au boulot et je suis parti ; j'ai pris congé vendredi et je suis resté couché toute la journée. J'ai l'impression que le truc avance progressivement, insidieusement et que je vais perdre ma mobilité ou ma tête ou les deux en même temps. 

    Ce qui me tracasse le plus est le fait de devenir invalide ou de perdre mon travail, car il est clair que je ne peux que compter que sur moi-même. Mourir serait moins grave si ce n'est que, comme tout le monde, j'ai évidemment peur de la mort. D'autres symptômes se sont ajoutés, impression de gêne à la vision, décharges électriques avant de m'endormir et surtout l'impression de ne plus être ici et maintenant, comme un voile qui existerait entre la réalité et ma perception.

    Hier, j'ai eu longement le temps de réflechir à tout cela. Avoir la sclérose en plaques ou tout autre maladie dans le style, ce serait finalement au conclusion logique à ce qu'à été ma vie ces cinq dernières années. En effet, ces maladies ne trouvent aucune explication physique et la médecine nommer leurs causes. Elle prenne vie dans le corps sans aucune raison extérieure. La raison doit être intérieure et je peux dire que cela ne m'étonnerait pas du tout. Ces cinq dernières années n'ont pas été heureuses. Hormis quelques fulgurances, je me rends compte que j'ai été fort malheureux et que pour oublier cela, je me suis plongé dans le travail, avec le stress que cela comporte. J'ai été sous stress pendant longtemps mais sans craquer, sans prendre des congés maladies ou autre. J'ai brûlé l'inquiétude dans le sport, j'ai vécu sans amour avec peu d'émotions ou des émotions belles puis, dans la foulée, très négatives. Peut-être est-il donc un moment normal que le corps ne puisse plus supporter cela et décide d'en finir ou du moins, traduise la souffrance de l'esprit par des maux physiques.

    Finir comme cela serait dans la lignée des heures, des jours, des années précédentes et le naufrage serait dès lors définitif.

     

     

     

     

  • Hangar du noir

    Ce blog porte de mieux en mieux son nom. Je n'y parviens plus. Je reviens d'une soirée et je me suis senti comme un extraterrestre. Il y avait des dizaines de filles avec qui j'aurais bien passé la suite de ma vie mais je n'en ai approché aucune, ne sachant pas comment faire. Je suis parti car j'étais mal à l'aise. J'ai réellement et défintivement perdu le mode d'emploi. Il faudra qu'une vienne me chercher par la peau du dos ; si cela doit venir de moi, cela ne viendra plus. C'est terrible ce sentiment, c'est terrible cette douleur. Je donnerais tout pour ne pas passer la nuit seul... c'est pourtant ce qui va arriver, solitude cramoisie, cicatrice de l'âme, atrocité sans nom, coeur rongé de douleur, tristesse infinie. Qui dois-je prier, qui dois-je implorer pour que quelqu'un m'aime? Ne vivrais-je pas mieux en baissant les bras plutôt que de souffrir sans cesse de mon insatisfaction ? et comment baisser les bras? devenir une plante sans affect, sans envie? cela vaudra-t-il la peine d'encore vivre? tant de questions, tant de douleurs et de désespoir. Cette nuit, je ne suis plus que douleur. Cela ira mieux demain.

    A écouter en lisant de post : Robert Wyatt, Alifib sur Rock Bottom.